Dror Mishani, A u ras du sol. Journal d’un écrivain en temps de guerre. Traduit de l’hébreu par Laurence Schenowiz.
Dror Mishani, A u ras du sol. Journal d’un écrivain en temps de guerre. Traduit de l’hébreu par Laurence Schenowiz.
C’est un journal qui retrace les s journées de terreur qui ont accompagné la catastrophe su 7 octobre. On a vraiment l’impression-ion d’être sur place, d’obérer les hordes d’assassins arabes tuant tout le monde sur leur passage, brulant,, violant, n’épargnant rien ni personne sur leur passage.
L’auteur est absent de chez lui, en Israël ; il séjourne dans la région de Toulouse, ayant été invité par un congrès d’auteurs de romans policiers. Il est marié avec une femme polonaise de religions catholique (il le dit à maintes reprises car cela pourrait susciter chez cette dame des questions que les natifs juifs ne se posent pas, quand il s’agit de consentir le sacrifice suprême au service de leur foi religieuse. En somme, cela veut dire que la non appartenance à la religion juive peut poser problème dans certains cas...
Le romancier reçoit de son épouse, justement, un message inquiet et sibyllin, un message qui stipule qu’il se passe des choses incroyables en Israël. En effet, l’épouse qui est seule chez elle, avec ses deux enfants, ne parvient pas à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Et comme on le saura plus tard, elle n’est pas la seule à éprouver un tel désarroi. Lors de conversations ultérieures, les choses se décantent et on entend des cris en arabe dans les rues des vites du sud d’Israël...
Il n’est plus question, pour le mari, de rester à Toulouse signer des exemplaires des livres .. Il faut rejoindre Israël au plus vite, mais aucune compagnie aérienne n’organise de vois en partance vers un état déchiré par la guerre. Après de laborieux efforts, l’auteur parvint à s’envoler vers son pays.
A l’arrivée , l’’aéroport est désert, les rares passagers sont saisis stupeur. La rencontre avec la famille est pleine d’émotion. L’auteur décrit ce qu’il ressent en regardant autour de lui. Certains songent à mettre leur progéniture en sécurité dans d’autres pays car ils ont une double nationalités. Et même l’épouse polonaise se voit proposer par l’ambassade de Pologne un billet d’avion pour être évacuée vers son pays natal
Je n’entre pas plus dans les détails mais ces dizaines de pages nous font toucher du doigt, pour ainsi dire, que l’état juif a failli sombrer pour toujours... L’auteur réussit à faire sentir que la catastrophe était toute proche. L’ambiance est à l’affolement. On commence à comprendre que ce qui se passe n’a rien à voir avec quelques bombardements de roquettes que les Palestiniens tirent de temps à autre. Cette fois-ci, c’est un danger existentiel qui menace l’état juif.
On s’attend au pire et on vérifie que la chambre forte fonctionne, qu’elle se ferme bien de l’intérieur, en cas de nécessité afin de s’y réfugier. On vérifie aussi que les denrées de survie sont bien là. Les bouteilles d’eau minérale sont recomptées. Les journaux annoncent que toute une armada US est en route pour les rives du Proche Orient On ne le dit pas assez, mais les USA ont vraiment sauvé l’état d’Israël de la destruction totale, en menaçant l’Iran d’intervenir...
Ce qui est frappant dans cette triste affaire, c’est l’ignorance par les Israéliens de ce qui se passait au juste. Et c’est ce qui explique l’hébétude des autorités et singulièrement de l’armée israélienne, sans l’excuser, Pourquoi être restés durant toutes ces heures, l’arme au pied ? L’effet de surprise, voire de sidération, a joué pleinement et les scrutatrices n’ont pas trouvé l’oreille de leurs supérieurs de l’armée.. D e telles négligences sont inexcusables
L’auteur est très prolixe et on le comprend ; Il étend sa narration à des événements familiaux qui l’entraînent hors d’Israël vers des pays européens... Je dois d’abord signaler qu’il renvoie régulièrement à des œuvres littéraires comme la littéraire homérique, le prophète Ézéchiel, le prophète du premier exil...
On lui doit un chapitre XVII dans le livre qui lui est attribué, Ioù il fait un sort à un proverbe qui nie l’individualisme religieux : Les pères ont langé du verjus mais ce sont les dents des enfants qui en furent agacés. On ne le dit jamais assez,; mais Ézéchiel est le voyant qui a instauré la responsabilité individuelle et rejeté la culpabilité collective... On le trouve abondamment cité dans ce livre et ce n’est que justice, même s’il a maintes fois prévenu des catastrophes nationales, comme l’exil, punition suprême. Fort à propos, nous lisons la phrase de Samson qui veut entraîner les Philistins dans la mort....
Je retrouve ici avec plaisir l’autobiographie de Stefan Zweig, Le monde d’hier : souverains d’e Européen...
Mais je finirai par une citation optimiste car Israël est comme le phénix qui entait de ses cendres :
L’armée progresse. Les soldats ont attaqué de nombreuses cible .ont été attaqués, é beaucoup de terrorises ont été tués. Tout progresse selon le plan. (Page 80)