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Gustav Meyrink et son livre Le Golem (1)

Quel ouvrage, quel roman et quel éclatant succès échéant à un homme déjà âgé de près de cinquante ans et qui ne signait pourtant que sa toute première œuvre. En effet, l’auteur, Gustav Meyrink (1868-1932) - curieux personnage venu à la littérature sur le tard, après avoir exercé d’autres métiers, dont celui de banquier - est considéré comme l’un des grands auteurs autrichiens de son temps ; il doit avoir influencé un autre écrivain, autrement plus célèbre, Franz Kafka, qui reconnut lui être redevable et lui vouer une vive admiration. Kafka, en personne, qui avait fait paraître deux ans plus tôt, en 1913, la fameuse nouvelle Devant la loi (Vor dem Gesetz).

 

Fils naturel d’un ministre du roi du Wurtemberg, Carl von Varnhüler et d’une artiste bavaroise Marie Meyer, Meyrink fut fasciné par l’occultisme et la littérature fantastique dès son plus jeune âge. Il était donc naturel qu’il choisît de parler de kabbale, d’ésotérisme, de la Bible de la kabbale espagnole, ou ancienne kabbale , le Zohar , et qu’il jetât son dévolu sur les thèmes les plus mystiques de cet ésotérisme juif, auquel il eut accès dans une version revue et adaptée par les «kabbalistes chrétiens» à l’œuvre depuis au moins le XVIe siècle. ; il en reprit dans son œuvre romanesque les principaux thèmes tels que le Golem , assurément, mais aussi la transmigration des âmes et leur réincarnation.

Bien que l’ouvrage soit parfois difficile à suivre, tant on passe, sans transition, de l’état de veille à l’état de sommeil, du réel à l’onirique et inversement, gardons en mémoire que toute l’histoire commence par la visite d’un inconnu qui veut faire réparer un vieux grimoire dont le titre n’est autre qu’un terme hébraïque de la mystique juive , le ‘Ibbour, décrivant l’état d’une âme enceinte, en quelque sorte, d’une autre âme. C’est un principe de fécondation des âmes, venu se superposer à une autre théorie non moins kabbalistique, le guilgoul ou transmigration des âmes. Mais cette nouvelle théorie va nettement plus loin que la précédente.

Si l’on devait traduire en langage rationnel et explicite la trame de ce roman sur le Golem, c’est ce titre et ce vocable, ‘Ibbour, le plus irrationnel et le plus irréligieux qui soit, que l’on retiendrait. Rappelons, sans anticiper sur la suite, une scène qui constitue le nœud de l’intrigue, de ce voyage quasi-initiatique : lorsque le héros-narrateur pénètre, au début du roman, dans une pièce inoccupée et sans issue, il y a un premier indice dont on ne saisit l’importance cruciale que plus tard puisque l’auteur laisse libre cours à son imagination et traite de manière très libre le peu de connaissances sûres qu’il a de la mystique juive, laquelle reste néanmoins inséparable de la trame de son roman.

Cet indice est constitué d’un jeu de tarots jonchant le plancher de cette étrange pièce où règne une atmosphère assez unheimlich ( inconfortable, fantastique, dérangeante, mal à l’aise, étrange) ; le Fou ou le Bateleur de ce jeu ressemble à la lettre hébraïque Aleph «apparaît sous la forme d’un homme, la main gauche levée tandis que la main droite désigne quelque chose vers le bas.» Mais voilà, cette figure semble avoir les mêmes traits de visage que le héros-narrateur.

On reconnaît ici le fondement néoplatonicien de la mystique juive du Moyen Age où tout ce qui existe en bas n’est que le reflet d’une réalité ontologique supérieure. Un peu comme le thème développé par Platon dans le Timée où le démiurge trace son monde en ayant les yeux fixés sur un modèle idéal.

On comprend alors, au terme d’une lecture attentive de l’ensemble du livre, que le vieil homme qui a apporté aux fins de réparation le livre ‘Ibbour est lui-même le Golem qui ne fait qu’un avec le héros, le fameux Anastase Pernath. Et si l’on pousse l’investigation un tout petit peu plus loin, on réalise que toute cette intrigue a commencé à la suite d’une interversion de … chapeaux ! Le narrateur a pris le chapeau d’un autre, dont le nom était justement celui de Pernath. Une interversion qui dépasse nettement par sa valeur symbolique la nature même de l’objet interverti : le couvre-chef symbolise peut-être aussi l’âme : l’homme qui prend le chapeau de l’autre prend aussi son âme, sa nature profonde… Risquons une interprétation symbolique de l’ensemble pour percer au jour le mystère du roman de Meyrink : cette lettre aleph qui est, justement, celle qui, en étant effacée du front du Golem, si l’on s’en tient à la version traditionnelle de la genèse de cet homoncule,  a signé sa mort et sa rechute dans le néant…

Puisque, selon la légende, le grand rabbin de Prague, le célèbre rabbi Juda Loew (1526-1609), aurait fabriqué son Golem à l’aide d’argile ou de glaise et pour l’insérer dans le monde des vivants, aurait apposé sur son front trois lettres hébraïques désignant la Vérité, ce qui est l’un des Noms divins, et dont la première lettre est justement l’aleph. Or, quand le grand rabbin a  voulu mettre fin à la carrière terrestre de son Golem, devenu incontrôlable et coupable de bien des prédations dans la ville de Prague, jusques et y compris dans le ghetto, il s’est contenté d’éradiquer la première lettre du mot Vérité (EMET), véritable formule divine, capable de tirer l’être du néant, à l’instar de l’œuvre divine du commencement, comme nous le verrons plus bas, en parlant du Sefer Yetsira, première œuvre de cosmologie juive.

Du coup, les deux lettres restantes MET signifient mort, inanimé. On pourrait dire que le porteur du livre ‘Ibbour, dont l’initiale n’est pas un aleph - comme on pourrait le croire, suite à une prononciation incorrecte - mais un ‘ayin, lettre gutturale prononcée au fond de la gorge et qui n’existe que dans les langues sémitiques, n’était autre que le Golem lui-même, porteur d’une requête, marquant les limites du pouvoir humain : redonner vie, ressusciter quelqu’un, restaurer les conditions de sa naissance, présenter un plaidoyer en vue de sa résurrection puisqu’il a été, toujours selon la légende, brutalement renvoyé dans le néant d’où des formules kabbalistiques et des incantations tirées du Sefer Yetsira l’avaient tiré..

Ce qui a suscité l’engouement du public, on parle de près de cent quarante-cinq mille exemplaires du Golem vendus en un laps de temps relativement court, n’est autre que l’imaginaire, l’estompement du réel, ce confinement de l’action dans les rues étroites et obscures du ghetto avec, comme on l’a dit, plus haut, des personnages fascinants et loin d’être sympathiques ou simplement rassurants. L’essentiel de l’action se déroule dans des pièces sans fenêtre ni lumière, au point qu’on ne sait plus, parfois, qui est présent et qui ne l’est pas.

Les spécialistes de littérature comparée, dont je ne suis pas, font un rapprochement tout à fait justifié avec l’œuvre d’un autre adepte convaincu de la littérature fantastique au XIXe siècle, E.T.A. Hoffmann, l’auteur du célèbre Vase d’or (Der goldene Topf) où d’ailleurs on rencontre le même archiviste (Hillel) qui ressemble étrangement à l’Archivarius .Il y a des références au diable et à des forces occultes qui se manifestent à leur façon dans la vie de tous les jours, sans qu’on puisse jamais être certain d’être dans le réel ou dans le rêve. Et les tribulations du jeune étudiant Anselmus, ont commencé par un fait divers insignifiant dans le monde réel mais ayant des répercussions inimaginables dans l’univers fantastique de l’imaginaire : le jeune étudiant qui se plaint de tant d’échecs dans la vie pratique de tous les jours, en dépit de ses solides qualités intellectuelles, veut fuir ce quotidien morne et déprimant ; et voilà qu’abîmé dans ses pensées, il renverse par inadvertance un panier de pommes d’une vieille femme au marché.

Pris de panique, il lui donne tout l’argent qu’il a et s’enfuit pour échapper aux mercuriales de la vendeuse  qui le poursuit de sa vindicte en répétant une phrase apparemment inintelligible : Ah, tu peux  toujours courir ! Bientôt tu seras pris dans une fiole de cristal. Ici, chez Hoffmann, c’est la mésaventure au marché, dans le Golem de Meyrink, c’est la visite d’un inconnu (l’une des métamorphoses du Golem) qui souhaite faire réparer un ouvrage ésotérique traitant d’un des thèmes les plus mystérieux de la vie humaine, puisqu’il s’agit des transmigrations de l’âme dans d’autres corps, humains ou animaux…

Mais Hoffmann n’est pas le seul, on peut aussi citer Novalis, et bien évidemment, le Faust de Goethe qui ne supporte plus ce train-train quotidien, générateur d’une morne lassitude et qui préfère vivre dans un autre univers, illimité, sans l’ombre d’un interdit, parce qu’affranchi des limites du monde fini et connu, dépourvu de mystères et d’êtres étranges qu’il recherche pourtant. Si l’on voulait donner une exégèse métaphysique de ce roman du Golem, on pourrait évoquer son arrière-plan gnostique où se déploie une vive rivalité entre Dieu et l’homme, une idée prométhéenne qui serait illustrée par l’idée même de création : on pressent ici la  critique de la notion d’œuvre, artistique ou artificielle, qui serait l’apanage de l’homme, appelé à rester à sa place s’il ne veut pas encourir le courroux de Dieu, seul apte à créer, au sens propre du terme, alors que l’homme, peut, tout au plus redonner vie à un amas de glaise, mais jamais égaler Dieu, le seul qui soit apte à donner la parole : cette action marque la limite entre l’œuvre divine et l’œuvre humaine.

Un penseur allemand du XVIIIe siècle, Johann Georg Hamann, interprétait ainsi la création de l’homme par Dieu dans le premier chapitre du livre de la Genèse : Dieu l’a doté de la parole, c’est cela la création d’un humain par la divinité. Si l’homme venait à jouer à l’apprenti-sorcier, il devra en assumer les conséquences, comme va l’apprendre à ses dépens, le héros-narrateur de Meyrink, Anastase Pernath qui a tout oublié, n’a plus de souvenirs de sa vie antérieure (c’est le cas de le dire), ne sait plus qui il est, confond le rêve et la réalité et passe en un éclair du sommeil à l’état de veille. S’ensuit un décalage qui compromet sa présence au monde.

Ce Golem de Meyrink a stimulé la verve littéraire de bien des écrivains : signalons, entre tant d’autres, El Golem (1958) de Borges et l’écrit du poète Paul Celan, adressé au Maharal  (autre dénomination du grand rabbin de Praque, auquel est attribuée la fabrication du Golem) : A un qui se tenait devant la porte (Einem, der vor der Tür stand) Sur les presque trois cents pages que couvre Le Golem, on voit apparaître un étrange personnage qui est aussi le narrateur et qui a perdu tout souvenir de lui-même ; il évoque une histoire à la vue d’un étrange bout de graisse, au pied de son lit, signe d’un homme qui émerge difficilement du rêve, du sommeil, de la non présence au monde pour aller, contraint et forcé, vers une réalité moins riche et moins haletante. Pour ne pas dire franchement déprimante.

Pourquoi écrire un tel ouvrage en 1915, en pleine guerre, et dans la ville de Prague, symbole de cette Mitteleuropa, dont le sort va chambouler l’ordre social existant et l’avenir des empires de l’époque ? Probablement pour exprimer le désespoir de la civilisation et de la culture européennes. Peu de temps après, au sortir de la guerre, on suit la publication d’œuvres majeures de la philosophie existentielle, d’une spéculation centrée autour de l’homme, du prochain, d’autrui…

Bref, on quitte le domaine aride et peu exaltant de la critique de la théorie de la connaissance pour aboutir à l’Etoile de la rédemption (1921) de Franz Rosenzweig, au Je et Tu (1923) de Martin Buber et au Sein und Zeit (Être et Temps) (1927) de Martin Heidegger.  Ce dernier a mis en exergue au moins deux idées qui caractérisent bien l’état d’abandon de l’homme dans l’existence, dans la société, dans un monde où il n’a pas expressément souhaité venir, un peu comme l’existant qui doit assumer l’existence… Il s’agit de la Geworfenheit (être jeté dans) et l’Ausgeliefertheit (être livré pieds et poings liés).

Dans cette situation, l’homme vit ou revit des scènes, des tableaux du passé. Il ne comprend pas bien pourquoi il est là, ce qu’il fait ou doit faire, sans en avoir décidé ainsi. Quelques années plus tard, après la lente agonie des valeurs européennes, après la Shoah, Levinas placera l’autre, le prochain, au centre de sa philosophie, telle qu’exposée dans Totalité et Infini (1965) : l’éthique effectua un retour en force et se substitua à l’ontologie : l’éthique prit le pas sur tout le reste et devint la philosophie première. Meyrinck a donc joué un rôle de précurseur, remettant au centre de la culture européenne de son temps, des valeurs issues d’une branche oubliée de la spiritualité juive, la kabbale et ses documents les plus «irrationels» : le Sefer Yetsira, le Bahir et le Zohar…

Nous verrons plus bas que c’est dans le Bahir que se trouve la première référence occulte à la transmigration des âmes, une théorie qui est l’épine dorsale du livre de Meyrink : je rappelle que tout commence avec ce livre (‘Ibbour) (qui n’existe pas en tant que tel) mais qui constitue un thème majeur de la mystique juive. La ville de Prague, et plus particulièrement son ghetto et sa  célèbre synagogue, appelée par une formule presque intraduisible altneu Schul, offraient un cadre plutôt bienvenu : sa communauté avait donné naissance à d’éminents maîtres de la Tora, et détail relativement peu connu, elle avait résisté à l’assaut des Lumières mendelossohniennes, privilégiant la tradition ancestrale, d’où son attachement à la mystique et à ses grandes œuvres classiques. La communauté pragoise est donc restée attachée au legs religieux des générations précédentes.

Un exemple a contrario : le grand érudit d’Allemagne, Léopold Zunz, fondateur avec Juda Leib Rappoprt de la fameuse science du judaïsme, réputée pour sa volonté de «normaliser» la culture et l’histoire juives, c’est-à-dire l’adapter aux normes européennes en mettant sous le boisseau cet héritage mystique du Moyen Age, a refusé de devenir rabbin dans cette communauté en raison de son «obscurantisme» militant ! C’est peut-être aussi ce décalage qui a guidé Meyrink dans son choix : mais ce qui fut déterminant, c’est la tradition qui fit du Maharal le fabricant (putatif) de ce Golem.

Meyrink a laissé passer quelques détails assez christianisants de son Golem : ce dernier se manifeste tous les trente-trois ans (l’âge du Christ lors de la crucifixion), l’auteur parle de la sonnerie des cloches de la synagogue, ce qui est impossible…

Dans son Golem, Meyrink écrit cette phrase un peu sibylline qui trahit cependant son intention profonde : de la communauté des descendants de la Première Lumière , c’est-à-dire des êtres destinés, comme A. Pernath à un glorieux avenir au-delà des limites de notre monde. S’agit-il des lumières dont parle le Zohar ? S’agit-il plutôt de ceux dont l’âme, parfaite en tout point, n’auront pas besoin de purification mais seront admis directement devant le trône de la Gloire divine ?

Dans le Visage vert, autre ouvrage de Meyrink, on peut lire une autre citation proche de celle que nous venons de citer : Le réveil d’un moi jusqu’à présent mort dans un monde de créatures qui apparaissent, disparaissent, s’en reviennent…  Et l’auteur décrit avec un luxe de détails les âmes les plus sacrées. Dans la présente introduction, on va présenter l’arrière-plan culturel de cette œuvre qui, en peu de temps, remporta un grand succès de librairie et rendit son auteur célèbre dans son pays et dans toute l’Europe, si l’on en juge d’après le nombre de traductions.

Le Golem, notait le grand maître des études kabbalistiques, Gerschom Scholem, est l’unique thème littéraire (au sens le plus large du terme) que la culture juive ait offert à la littérature universelle. Et Meyrink n’y a pas peu contribué, même si certaines déclarations ou descriptions des principaux personnages laissent transparaître un indéniable antisémitisme. Notamment celle d’un sinistre personnage, le dénommé Wassertrum, qui campe au seuil de  son bric à brac que nul, à part lui, n’ose franchir.

Voilà un homme dont les descriptions à la fois du caractère et de l’apparence physique reflètent un antisémitisme patent, surtout lorsque le narrateur parle d’un sang, responsable de cette répulsion qu’il inspire à tous ceux qui osent l’approcher ou ont affaire à lui…Mais, paradoxalement, plusieurs figures, toutes juives et assumées comme telles , sont décrites avec une indéniable tendresse, voire même de l’affection (Myriam et son père Hillel), l’archiviste qui initie l’auteur-narrateur à la littérature mystique juive.

Voila pour le choix du titre. A présent voyons le choix du lieu, la vieille ville de Prague, célèbre pour sa forte et importante communauté juive, pour son ghetto aux rues sinueuses et étroites, pour son grand rabbin rabbénu Juda Lôw, dit le Marahal de Praque, et auquel pour des raisons obscures, on rattacha le mythe du Golem. Cet ensemble de facteurs explique le choix de l’auteur, sa verve littéraire et son imagination faisant le reste, c’est-à-dire une œuvre romanesque qui marqua son temps.

Le Golem n’est pas un livre juif mais un livre qui parle des juifs et de leur ésotérisme dans ses relations avec la culture européenne ambiante, car, comme on le laissait entendre supra, le nerf de l’ouvrage, son élément moteur qui nous tient en haleine du début à la fin, n’est autre qu’un terme, le Golem, qui ne connaît qu’une unique occurrence dans la littérature biblique, et encore cette présence dans le lexique biblique demeure controversée. Pour éclairer tous ces horizons de sens, on va adopter le plan suivant : d’abord la Bible, ensuite la littérature talmudique , suivie  du Sefer Yetsira, première œuvre cosmologique juive.

On en viendra aussi à quelques représentants de la kabbale chrétienne, les plus proches de Meyrink aux plans chronologique et linguistique. Le vocable hébraïque GOLEM ne connaît qu’une seule occurrence dans le corpus biblique, au sein du Psaume 139 ; le terme apparaît décliné à la première personne du masculin singulier, ce qui donne GOLMI. Mais voila, cette lecture ne fait pas contexte avec la suite du verset, ce qui conduisit les éditeurs de la Bible de La Pléiade à proposer une correction textuelle ; mais ceci, disons le d’emblée, aurait pour fâcheuse conséquence de priver la culture judéo-hébraïque de sa seule et unique occurrence.

Comment interpréter le mot Golem dans la Bible ? De vrai, on ne dispose pas vraiment de certitude. On peut parler d’un embryon, d’un état peu avancé de la formation d’un être humain, encore prisonnier du giron maternel. Luther, lui-même, qui lors de sa retraite au château de la Wartburg occupait ses loisirs studieux à la traduction des Ecritures en allemand, parle d’un être non encore élaboré (unbereitet), sorte d’homoncunlus… Si l’on traduit GOLMI par mon embryon, la suite du verset ne veut plus rien dire czr on serait obligé de dire mon embryon, tes yeux l’ont vu et tous sont inscrits dans un livre. Ce qui est un non sens. C’est la raison pour laquelle, se fondant sur une graphie voisine en hébreu, la Pléiade lit KOL YAMAÏ et non GOLMI. Et dans cette hypothèse, le verset devient intelligible dans sa totalité :

Tous mes jours tes yeux les ont vus, et ils sont tous inscrits dans un livre…   (A suivre)

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