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  • Le brexit n'aura pas lieu...

    Le Brexit ne se produira pas

    La Grande Bretagne ne quittera pas l’Union Européenne. C’es le sang de cette pauvre députée, si généreuse et si dévouée qui le veut : son sang versé va dissuader les partisans du Brexit qui auront honte de ce qui s’est passé.

    Mais e qui est intéressant, au plan humain, aux yeux du philosophe, c’est cette articulation entre le temps et le vie.. Personne sur cette terre ne pouvait prévoir un tel drame ; personne ne pouvait prévoir que les courbes s’inverseront et accorderaient au maintien au sein de l’UE plus de trois points d’avance. Alors que c’était l’inverse jusqu’ici.

    Sans tomber dans les travers de l’exégèse, ni sombrer dans un délire religieux, il faut bien reconnaître que si l’avenir n’est écrit nulle part il y a forcément une intelligence cosmique, une forme de dessein, d’intelligent design qui, quelque part, guide le développement historique. Sinon, cela vaudrait dire que l’univers des hommes ne suit aucune ligne, qu’il est livré à lui-même. Une telle option est inacceptable au plan éthique. Cela voudrait dire aussi qu’aucune loi morale n’imprègne le monde, les relations entre les êtres, bref l’absence de toute loi, de toute prévoyance, de toute prévisibilité.

    Qui a guidé le bras de l’assassin ? Quelles idées politiques ou philosophiques ont bien pu le conduire à commettre l’irréparable ? On ne le saura jamais avec certitude. Des détails déterminent parfois l’avenir même de l’humanité. On sait que le généralissime D. Eisenhower avait rédigé deux discours après le début du débarquement en Normandie : l’un pour la victoire, l’autre pour la défaite et le reflux. Imaginez simplement des caprices imprévus de la météorologie ! Imaginez que les forces au sol n’aient pas eu le soutien aérien prévu, s’il avait trop plus, empêchant les avions de prendre l’air… Imaginez, enfin, que l’on ait réveillé Hitler qui avait pris des somnifères pour jouir enfin d’un peu de sommeil réparateur. Il aurait peut-être déplacé de Calais vers la Normandie la redoutable division blindée SS, pourvue de chars tigre…

    A une moindre proportion, on peut dire que le meurtre de cette pauvre femme innocente a changé la donne. Les partisans du Brexit n’oseront plus utiliser les violents arguments qu’ils ont utilisés jusqu’ici et qui donnent mauvaise conscience à certains de ses partisans…

  • Primaires authentiques de la guache ou primaires-maison?

    Primaires authentiques de la guache ou primaires-maison?

    En entendant ce matin l’annonce de J-Ch Cambadélis d’organiser des primaires à gauche (PS, radicaux de gauche, écologistes gouvernementaux), j’ai pensé à l’organisation à l’université d’un jury de thèse. Quand on soupçonnait une organisation d’un jury pour une thèse médiocre, on parlai alors d’un jury-maison, comme d’un syndicat-maison… Est ce vraiment ce qui risque de se passer sous nos yeux ? C’est peu probable. Et ce, pour les raisons suivantes :

    François Hollande, se voit attribuer d’innombrables défauts, un seul ne saurait lui est imputé : être dépourvu d’une grande intelligence politique. Comment s’explique sa persévérance alors que le sondages ne suivent pas, l’opinion ne s’emballe pas pour lui, bref alors que le paysage autour de lui est plutôt triste ? La réponse tient en une phrase : lorsque François Hollande se préparait à se présenter et que DSK ne s’était pas irrémédiablement compris dans une chambre d’hôtel de New York, l’actuel président était à 3%. La suite est connue et se passe de commentaire. La déduction est élémentaire : les sondages ont remonté quand je me suis mis en situation ; cela a marché la première fois, il n y a pas, a priori, de raison pour que cela ne marche pas une seconde fois. C’est donc un pari sur l’avenir, un acte de foi… Et j’ajoute que la croissance revient, les prévisions sont optimistes, la chômage devrait commencer de baisser, sans que ce soit un véritable étiage, mais tout de même. Et les Français -après tout ils sont les premiers concernés- recommencent à consommer, donc à ne plus se complaire dans une délectation morose que Georges Pompidou imputait souvent à ses compatriotes. Et si les gens sont moins malheureux, ils auront une meilleure idée de l’exécutif…

    Mais examinons les dessous de cette décision du PS, assez inattendue, mais qui n’a pu être prise qu’en collaboration très étroite avec le chef de l’Etat ou ses principaux conseillers. Les arrière-pensées sont nombreuses, et cela est normal quand il s’agit de données politiques d’une telle importance : qui va présider au destin de notre pays pendant les cinq années à venir avec de si nombreux défis, tant internes qu’externes ?

    Il faut donc chercher les motivations avouables ou inavouables d’une telle décision : il y a d’abord le ballon d’essai, analyser, épier les réactions des uns et des autres, bref faire sortir les loups du bois. Cette mesure a pour principal objectif de repérer les rivaux éventuels du président et les convaincre de ne pas diviser leur camp ou les neutraliser s’ils insistent.

    Pour François Hollande, le danger ne vient pas de Jean-Luc Mélenchon, même si celui-ci semble le talonner, voire le devancer dans les sondages. Sur un autre registre, je me souviens du score de Jean-Pierre Chevènement qui plafonnait à 14% dans les sondages et qui, les vrais votes exprimés, fit un score ridicule… Le danger viendrait plutôt de trois directions différentes : Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron et éventuellement un ou une écologiste, Nicolas Hulot ou l’ancienne ministre du logement…

    Dans ce cas de figure, l’organisation de primaires viserait à nettoyer le terrain, à dégager une vue nette, au profit de François Hollande, s’il décide vraiment de se présenter. Dans ce cas, une candidature Macron est inconcevable, sauf à présupposer une soudaine démission de l’actuel ministre de l’économie. Certains commentateurs insinuent même que ce scénario a été pris au sérieux par l’exécutif qui devance un éventuel départ du gouvernement en septembre, annonciateur d’une candidature de E. Macron. En organisant les primaires vers janvier 2017, on coupe l’herbe sous les pieds d’une dispersion électorale, responsable d’une défaite annoncée.

    Mais si le PS et l’exécutif ont trouvé ou croient avoir trouvé la parade pour modérer les transports de E. Macron, ils sont plutôt désarmés face à Arnaud Montebourg qui semble ruminer sa revanche. L’homme n’est pas inintéressant, il parait sincère, authentique, mais cela ne suffit pas pour faire de lui un candidat valable à l’élection présidentielle. On peut le neutraliser en arguant de son affiliation au PS : comment aller à l’encontre des intérêts vitaux de son parti ?

    Restent enfin les écologistes. Nicolas Hulot a beaucoup de qualités mais il fait de la politique comme les écologistes, c’est-à-dire qu’il n’est pas dans les clous. Jacques Chirac avait coutume de dire que la politique est un métier… Sous entendu, âmes chastes et pures, s’abstenir ! Que fera Nathalie Duflot ? Elle aussi n’a pas digéré son éviction du gouvernement ni les attaques sournoises qui ont conduit à la disparition du groupe parlementaire… Certes, face à N. Hulot, elle ne fait pas le poids mais il est quasi certain que le parti écologiste sera présent au premier tour.

    On le voit, l’affaire n’est pas gagnée. Alors, qu’elles sont les chances du président ? Il y a d’abord la reprise économique qui est indéniable et qui semble donner raison à ses prévisions. Certes, la relance s’explique par la baisse stupéfiante des carburants, ce qui allège la facture de la France, et enfin la faiblesse de l’Euro qui favorise les exportations. Tous ces clignotants qui passent au vert finiront bien par avoir une répercussion sur le taux de chômage…

    Mais toutes ces bonnes nouvelles auront-elles une efficace sur quelque chose d’impalpable mais de vital, je veux dire le climat, l’ambiance, dans ce pays ? Sans faire d’analyse talmudique, c’est bien là le sens profond du dictum présidentiel que la presse unanime a volontairement déformé ; ça va mieux ! Ces trois monosyllabiques ont fait couler tant d’encre. Lles communicants de l’Elysée ont été pris en faute sur point ; ils n’ont pas su allumer un contre-feu. C’est le président qui s’y atteler tout seul, avec les résultats que l’on sait.

    Et c’est là que se niche l’inquiétude : les Français ne croient plus en eux-mêmes, ils ne croient plus en rien. Rares sont ceux qui comprennent ce que représente, ce que coûte notre système de santé, absolument unique au monde ! En quelques minutes, un médecin urgentiste se déplace chez vous, vous examine, même en pleine nuit, appelle un laboratoire qui envoie une infirmière faire une prise de sang, moins de deux heures plus tard, vous savez les résultats, une pharmacie est de service dans votre arrondissement, etc… Et je ne parle même pas des indemnités-chômage, des minima sociaux etc…

    Ce n’est pas l’inversion de la courbe du chômage qui importe le plus, elle va probablement se produire sur une modeste échelle, ce qui importe, c’est de redonner confiance aux Français en eux-mêmes. Comment faire ? Il nous faudrait quelqu’un qui nous donne une nouvelle légende nationale, comme le gaullisme. Aux USA, John Fr Kennedy a fourni à ses concitoyens la conquête de l’espace quand il a compris que la ruée vers l’ouest, westward movement s’était essoufflée.

    Qui sera notre Kennedy français ?

    Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 18 juin 2016

  • Le mal et la rédemption dans la sagesse biblique

                                       CONFERENCE À LA MAIRIE DU XVIE ARRONDISSEMENT

                                                    Le jeudi 16 juin 2016 à 19 heures

                                       Le mal et la rédemption dans la sagesse biblique

    Toute investigation portant sur mal bute sur le mystère de son origine : le monde ayant été créé par Dieu, lequel est le summum bonum, le bien suprême (expression de Cicéron). Et pourtant le mal surgit dans la vie de l’homme et du monde. Puisque ces deux entités sont des créatures divines, donc ayant une source divine intégralement bonne, d’où peut bien provenir le mal ?

    L’irruption du mal dans le monde, est-elle une punition ? Ya t il à la base de cette pensée religieuse, une volonté personnelle, impliquant la notion de Providence ?

    La Bible refuse le dualisme manichéen, attribuant l’existence du mal à une autre divinité, le démiurge.

    Souvenons nous du chapitre XXX du Deutéronome versets 1-20 : on présente au peuple d’Israël, la vie et le bien, la mort et le mal.. Ailleurs : la vie et la bénédiction, la mort et la malédiction. Et la fameuse injonction finale : Tu choisiras la vie, donc tu tourneras le dos au mal !

    Pourtant, dans la hiérarchie des occurrences bibliques, c’est le terme BIEN TOV qui apparaît le premier, le terme MAL RA’ n’apparaît qu’un peu plus tard lorsque Dieu décide de la venue du Déluge car le cœur n’abrite que du mal depuis sa jeunesse (raq ra’ mi-né’ouraw) Certes, il y a cet arbre mythique dit l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

    C’est donc la prévalence du mal dans un monde pourtant créé par Dieu que le Déluge est venu tout détruire. Comment le mal a t il pu prendre à ce point le pas sur le bien qui était pourtant la raison d’être du monde ? Cette attitude prêtée à Dieu ne laisse pas d’intriguer. Renan lui-même notera ironiquement que Dieu n’a pas trouvé d’autre moyen de rédimer son monde qu’en le détruisant complétement… Alors d’où vient le mal ? Avec ses conséquences que sont la maladie, la souffrance et la mort ?

    La notion de péché, quintessence du mal. L’imputation du mal à l’homme et jamais à Dieu. L’expulsion de l’Homme du paradis, univers qui n’a connu que la grâce, la paix et le Bien, une sorte de rédemption, dès la création, un stade où création et rédemption avancent main dans la main, sans la moindre possibilité de pécher contre quoi que ce soit.

    Le mal surgit, naît de la transgression d’un interdit, d’une forme de loi. Mais le pourquoi de cet interdit, l’humanité ne le connaîtra jamais, c’est un secret de la conscience divine qui n’a pas jugé nécessaire de s’y étendre. : vous ne mangerez du fruit de cet arbre, le jour où il le ferez, vous mourrez, i.e. vous serez des mortels.

    Ce qui est intéressant, c’est la justification de cette transgression : Adam se défausse sur son épouse qui incrimine à son tour, le serpent. On est en pleine mythologie. Mais il y a quelque chose de plus profond : on veut nous faire croire que la création étant intrinsèquement bonne, le mal que l’on constate, n’st pas, pour parler comme Leibniz, d’intention première. I.E. il n’est pas là parce quelqu’un l’a voulu ou créé, il est simplement la conséquence négative, néfaste d’un acte humain irréfléchi. En ne resptant pas l’injonction divine, l’homme a troublé l’ordre de la création ?

    Etait ce une fatalité ? L’homme a peut-être voulu prendre la place de Dieu, ce qui revenait à enfreindre gravement l’économie interne de l’univers.

    Une théorie du mal affleure sous toutes ces justifications : le mal n’a pas d’existence substantielle, il est simplement l’absence de bien. Il n’a pas de réalité onotologique, dira Aristote qui sera suivi par Maimonide au Moyen Age. Pourtant, la mal a même des conséquences métaphysiques puisque nous renons compte aussi de la vie dans l’au-delà.. Le mal s’oppose à l’être. Pourtant, on tient toujours à innocenter Dieu du mal.

    Ce n’est pas dans le Pentateuque qu’on pourrait trouver une réponse satisfaisante mais bien dans la littérature prophétique, dans les écrits sapientiaux et surtout aussi dans les Psaumes. Et dans tous ces genres littéraires si différents les uns des autres, c’est l’inconduite de l’homme qui est la cause du mal, ce qui entraîne les châtiments divins correspondants. Au fond, on pourrait presque dire que les temps messianiques constituent surtout la victoire des forces du bien sur les hiérarchies maléfiques qui auront colonisé le monde des humains jusqu’à la venue du Sauveur pour nos frères chrétiens et du Messie pour les juifs.

    Les plus nombreuses occurrences du terme MAL se trouvent incontestablement dans le livre des Psaumes puisque le serviteur souffrant, comme en Isaïe LIII. Ce qui nous invite à classifier, comme le fera Maimonide au XIIe siècle, les différences catégories de maux.

    Dans la littérature prophétique comme dans les Psaumes, on dénonce des maux bien spécifiques : d’ordre social, économique, les inégalités, les souffrances infligées par des tyrans et des oppresseurs, Israël, par exemple, attaqué, occupé et déporté par des envahisseurs, etc…

    Mais on peut aussi envisager deux éléments qui coiffent toutes les autres catégories : le mal d’ordre religieux et le mal d’ordre éthique. Le premier peut être considéré comme un sacrilège alors que l’autre est un délit ou un crime. Ce qui n’est pas moins grave ni moins répréhensible

    Mais puisque Dieu ne saurait se voir imputer une quelconque responsabilité dans l’origine du mal et le fait qu’il sévisse sur terre, il ne nous reste qu’une alternative, l’homme au sein duquel deux tendances se livrent un combat permanent, l’instinct du mal et l’instinct du bien. La théologie bien pensante est d’avis que le monde créé par Dieu est intrinsèquement bon, et que si le mal en prend soudain possession, c’est par la faute de l’homme qui ne respecte ni n’accomplit la loi de Dieu, destinée à assurer la pérennité du bien sur cette terre.

    Ici, la problématique s’enrichit d’un élément nouveau, la nature humaine, nécessairement composite, faite de matière et de forme ou d’un corps et d’une âme. On se souvient du dualisme platonicien qui voit dans le corps la prison de l’âme, originaire des régions supérieures…

    La Bible hébraïque ne reprend pas à son compte ce dualisme, elle le fera fugitivement dans le livre de l’Ecclésiaste, au chapitre XII, où il est dit que le corps s’en retourne à la poussière d’où il a été tiré tandis que le souffle, l’âme, le pneuma s’en retourne vers l’Elohim qui l’a donné… Plus tard, au cours de la période médiévale, la philosophie juive emboîtera le pas au néoplatonisme ambiant qui fait de cette dichotomie le fondement même de sa noétique : c’est le cas depuis Saadia Gaon jusqu’à Eliya Delmédigo en passant évidemment par Maimonide et ses commentateurs. Maimonide reprendra d’ailleurs une définition philosophique du mal : c’est l’absence de bien.

    On trouve tant de versets attribuant à Dieu une certaine responsabilité dans la naissance et l’activité du mal. Lamentation 3 ; 38 : N’est-ce pas de la bouche du Très-Haut que sortent les maux et le bien ? Attention à la façon de lire ce verset, soit comme une affirmation, une assertion, soit, au contraire comme une interrogation. Ce qui remet le même problème au centre de nos préoccupations.

    Isaïe 45 ;7 dit, quant à lui : Je forme la lumière et je crée les ténèbres.

    Pourquoi avoir mis dans la même problématique la notion de rédemption ? Parce que cette notion théologique implique ou présuppose que le monde a été purifié, qu’on en a évacué toute trace des hiérarchies des forces du mal.

    Dans l’Etoile de la rédemption, Rosenzweig parle d’un monde où la rédemption serait contemporaine de la création : le monde n’aurait pas le temps matériel de sombrer dans le péché, générateur de tous les maux qui fondent sur l »humanité.