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Les jours ne s'arrangent pas en Turquie

Les choses ne s’arrangent pas en Turquie, le jour du retour de M. Erdogan

Comment ramener le calme et l’ordre dans le pays d’Ata Turc ou de Soliman le magnifique ? Apparemment, l’arrogance et l’orgueil de l’actuel Premier Ministre risquent de lui coûter cher puisque les syndicats se sont alliés aux étudiants et au courant laïque pour demander un changement à la tête du gouvernement.

Les Turcs ne supportent le caractère impulsif et imprévisible de leur Premier Ministre islamiste, eux qui ont toujours maintenu un équilibre stable entre leur environnement arabe et musulman immédiat, d’une part, et un rapprochement avec un Occident qu’ils admirent, d’autre part. Comment, par exemple, avoir osé modifier les conditions de consommation et de vente d’alcool dans un pays où le raki est roi, un peu comme le pastis à Marseille ? Nous avons entendu des citoyens turcs s’indigner de cette mesure aussi inique que stupide.

Or, en douze ans, le Premier Ministre a modifié tant de choses et bousculé largement les dogmes fondateurs de la république kémaliste. Il a d’abor battu en brèche les règles laïques, ensuite, il a ramené le statut de la femme à un état antérieur à son arrivée au pouvoir, ensuite il a réduit sérieusement le rôle de l’armée soumise à une purge absolument inouïe, il a tourné le dos à une alliance stratégique avec Israël, il a misé sur le mauvais cheval en Syrie avant de se raviser en constatant que Bachar était le boucher de son peuple, il a enfin organisé cette flottille turque vers Gaza qui a tourné au désastre… Et cette liste n’est pas exhaustive. Et je ne parle même pas des négociations infructueuses avec l’Europe qui n’admettra une telle Turquie en son sein, pas même avec le simple statut de partenaire privilégié.

Que va t il se passer ? M. Erdogan n’aura sûrement pas l’intelligence de se retirer, même si son propre parti le lui demandait afin de sauver ce qui peut encore l’être. Cependant, des fissures se font jour : le président de la république Gull a déjà pris ses distances. Le vice Premier Ministre est allé jusqu’à s’excuser des violences policières. Et au lieu de s’en retourner rapidement dans son pays, M. Erdogan a préféré poursuivre sa tournée en Afrique du Nord.

Ce qui va se passer n’incite guère à l’optimisme.

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