La philosophie du bakchiche
Je viens de découvrir la nouvelle de télévision internationale France 24. Je l’ai suivie avec attention et ai vu un reportage (focus) sur la corruption en Afghanistan. Il y était question de la mise en garde adressée par le président US au nouveau élu afghan afin de lui signifier de mettre fin à la corruption qui, selon certains, toucherait sa propre famille, c’est-à-dire son clan.
L’invité de l’émission a dit que du petit fonctionnaire au gouverneur de province, chacun qui détient même une infirme parcelle d’autorité fait ce qu’il nomme un prélèvement car son minuscule traitement mensuel ne lui suffit plus. Et de développer la structure très hiérarchisée de la société afghane qui ne peut pas agir autrement en vertu de sa composition même. Tel chef de clan, tel chef de village, tel seigneur de guerre, voire tel gouverneur ou tel ministre considèrent normal d’être Monsieur 10%, voire plus. Et l’invité de dire que ce phénomène était courant partout dans les pays arabo-musulmans de l’Afghanistan au Maroc en passant par l’Egypte, etc…
En fait, c’est la philosophie du bakchiche. Chez nous, cela porte un autre nom, même si cela n’atteint pas, jamais les mêmes proportions ni la même propagation : take car of me and I’ll take car of you. Même en Israël on dit : chemor li wé-échmor lekha…
La différence, c’est que dans nos pays on combat fortement la corruption alors que dans d’autres elle est coextensive à la vie politique et gouvernementale.