Primaires socialistes : les larmes de Ségolène
Quand j’étais enfant, mon père m’expliquait une page du talmud qui fit sur moi grande impression : Dieu, me dit-il, compte les larmes des femmes. L’enfant que j‘étais était naturellement ému, mais ne comprenait pas encore le contexte socio-économique d’une telle assertion…
J’y ai pensé ce matin en voyant les larmes de Ségolène Royal couler devant le monde entier. Mais j’ai aussi vu l’élégance de son ancien compagnon, le père de ses quatre enfants, lui dire tout aussi publiquement que ces idées ont fait leur chemin, qu’elles se sont inscrites, d’une manière ou d’une autre, dans les programmes des autres candidats : bref, dit d’une manière plus brutale, Ségolène fait désormais partie de l’Histoire.
François Hollande va probablement l’emporter, même si Me Aubry va se révéler une adversaire pugnace, qui ne se laissera pas faire. Cela dit, l’arithmétique étant ce qu’elle est, l’écart est trop grand pour qu’elle puisse rattraper son rival. N’était l’éparpillement des voix suite au nombre élevé de candidats, François Hollande serait passé dès le premier tour.
Pourquoi parle-t-on des larmes des femmes ? Parce que ceux qui les font couler commettent une double injustice : rendre malheureuses des femmes que nous aimons et s’en prendre à des êtres qui n’ont pas la même capacité que nous les hommes pour se défendre… Mais il est vrai que les choses ont commencé à changer et qu’aujourd’hui, les femmes seraient plutôt celles qui font pleurer les hommes…
En état de cause, les larms de Ségolène ne seront pas vaines, elles n’auront pas coulé en pure perte.