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  • Le Premier Ministre Manuel Valls et le PS

     

     

    Le premier ministre Manuel Valls et le PS

    Il est difficile de nier le caractère un peu contrasté de la situation politique en France. Visiblement, le Premier Ministre actuel n’est pas unanimement accepté par les députés PS, c’est-à-dire par la gauche de la gauche. Que 67 députés de la majorité actuelle aient choisi de s’abstenir lors du vote alors que le Premier Ministre se plie en quatre depuis plusieurs jours pour les convaincre de le suivre, ne peut laisser indifférent et augure plutôt mal de la suite. Qu’ont fait ces députés du PS ? Ils sont simplement montré au chef du gouvernement que leur soutien serait désormais contingent et non plus automatique, ni absolu. En claire, cela signifie que chaque grande loi, chaque nouvelle orientation du gouvernement sera examinée au microscope et que le groupe au parlement est désormais traversé par des courants bien plus centrifuges que centripètes.

    Pourquoi donc les députes du PS ont –ils durci leur position ? A l’évidence, c’est le sort de leurs camarades, les maires PS, éliminés lors des élections municipales, qui leur ont fait craindre de subir prochainement le même sort. Ils sont aussi constaté que la politique du chef de l’Etat visait d’abord à le préserver lui-même et à lui garantir des chances pour sa réélection en 2017. L’instinct de survie ou la volonté de la continuité a fait le reste : ils savent que les élections européennes seront perdues car aucun sondage, pas un seul, ne laisse la moindre chance au PS qui est à la traîne derrière le FN et l’UMP… A l’automne, le Sénat passera automatiquement à droite, par un simple effet de balancier : le résultat des municipales ne laisse aucun doute là-dessus .. Si l’on y ajoute les régionales, cela finit par faire beaucoup et l’on comprend mieux la réaction brutale des députés PS : ils ne veulent plus suivre aveuglément le président qui, au bout de deux ans, se résigne à changer de politique et à reconnaître enfin que ce sont les entreprises qui créent des emplois et non un dirigisme économique..

    Tout ceci est bien compliqué. La France ne se redressera vraiment que s’il y a un gouvernement d’union nationale. D’ailleurs, les 50 milliards d’économie ne suffiront pas. Il faudra faire un nouveau plan. Que les classes moyennes n’accepteront pas. On va donc vers des difficultés réelles…

  • Le vote de cet après midi à l'Assemblée Nationale française

    Le vote de cet après midi à l’Assemblée Nationale française

    Certains se demandent avec gravité si le premier ministre Manuel VALLS ne s’est pas trop imprudemment engagé en demandant un vote, même si ce n’est pas vraiment un vote de confiance à la représentation nationale. IL est indubitable qu’il aura la majorité mais il va donner, ce faisant, donner à certains l’occasion de se distinguer et de se faire remarquer de leurs électeurs et de l’opinion.

    Certains créditent le couple de l’exécutif d’un calcul presque sordide : ils veulent montrent, le président et son premier ministre, que les bonnes vieilles recettes de la gauche classique sont périmées et qu’il convient, au gouvernement, de faire preuve de réalisme, c’est-à-dire de se conduire comme des social-démocrates, voire des social-libéraux ! Et si certains paléo-socialistes veulent se compter, libres à eux de le f aire.

    Le problème est qu’à ce petit jeu, nul ne sera vraiment entièrement gagnant : cela pourrait conduire à une scission au sein du PS dont les militants et les députés les plus à guache rejoindraient peut-être le Front de gauche, puisque le PC n’existe pratiquement plus. De fait, c’est Mélenchon et le secrétaire général du PC qui fait le plus parler de lui.

    Plus en profondeur : c’est aussi la position de François Hollande qui est menacée car certains au PS n’hésitent plus à dire qu’en 2017 le parti n’a pas encore désigné son candidat et que d’autres que le tenant du poste pourront se présenter et tenter leur chance. Ce sera une redistribution des cartes.

    Nul n’aurait jamais pensé que l’exercice du pouvoir conduirait ainsi à une fracture du PS. C’est pourtant ce qui va se passer. L’exfiltration de gentil garçon qu’était Harlem Désir en était le prodrome. L’installation de M. Cambadélis peut réserver quelques surprises. Il est moins malléable que son prédécesseur et représente une réelle intelligence politique.

  • Stefan ZWEIG et S.Y. AGNON: vingt-quatre heures de la vie d'une femme et Tehilla: étude d'un contraste..

    Tehilla d’Agnon et Vingt- quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig :

                                                   Contraste entre deux nouvelles 

                                                                                                             Pour Monsieur Claude SARFATI

       Peut-on vraiment parler d’un rapprochement entre ces deux nouvelles ?

    Effectivement, le rapprochement peut sembler curieux, voire hasardeux, pourtant à bien scruter les époques, à mieux analyser certains aspects biographiques des deux écrivains, certes très différents mais non dépourvus d’origines communes, on peut relever des sensibilités et des valeurs semblables, voire des similitudes. Commençons par les différences car elles sautent aux yeux et sont absolument indéniables.

    Stefan Zweig naquit en 1881 à Vienne dans une opulente famille juive largement assimilée à la socio-culture autrichienne. Le père, Moritz Zweig, avait fondé une véritable industrie textile qui devançait par ses installations modernes les techniques contemporaines. Ce fut un pionnier de cette industrie textile dont il proposa les produits à des prix défiant toute concurrence. C’est son fils aîné qui se destinait à reprendre l’affaire familiale tandis que son cadet, Stefan, préférait, depuis son plus jeune âge, la compagnie des muses,  la fréquentation de la poésie, des théâtres et des opéras. Chaque fois qu’il le pourra, il tentera d’entrer en contact avec les célébrités vivantes de Vienne et d’ailleurs. Notamment Rainer Maria Rilke, Gustav Mahler et Romain Rolland, sans omettre Martin Buber et Théodore Herzl. Il mènera une vie à la fois oisive et productive au plan littéraire, n’ayant pas besoin d’exercer un métier rémunéré tant il se trouvait richement doté par des parents très fortunés. Ces derniers, contrairement à ceux d’Agnon, qui étaient, eux, plongés dans la misère, logeaient dans les plus beaux quartiers de la ville impériale, Vienne ; et le père, Moritz, ne sortait jamais dans la rue sans son impeccable redingote sombre et son haut de forme, alors que la famille d’Agnon déambulait en guenilles, ou presque, dans les bourgades, les shtetel d’Europe de l’est..

    La famille d’Agnon, qui vivait en Galicie orientale, là où le futur prix Nobel de littérature (1966 avec Nelly Sachs) allait naître en 1888, n’avait donc pas du tout le même statut social que les parents de l’auteur Du monde d’hier. Mémoires d’un Européen. Alors que la voie de Zweig était, pour ainsi dire, toute tracée. Né, comme on l’a déjà dit, à Vienne en 1881, il soutiendra, pour la forme, une thèse sur Hippolyte Taine, après avoir fébrilement voyagé, et s’être rendu dans tous les pays d’Orient, d’Extrême-Orient et d’Occident. Pour le plus grand plaisir de ses parents, il était don un Herr Doktor, le symbole d’une reconnaissance tant espérée au sein de la république des lettres. Ses parents en étaient comblés de joie..

    Songez que Stefan a même visité Algérie pour étancher sa soif de connaissances et de découvertes. On a l’impression qu’il avait vécu son enfance et son adolescence derrière des barreaux, certes, dorés, mais des barreaux tout de même. D’où sa volonté de sortir, de tout quitter et de se frayer un chemin vers la liberté comme son compatriote, Arthur Schnitzler dont le livre bien connu (Der Weg ins Freie : Le chemin de la liberté) porte ce même titre.

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