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Emmanuel Macron et les Français : le décrochage…

 

 

Emmanuel Macron et les Français : le décrochage…

C’est désormais absolument indéniable : nous vivons sous la tyrannie des sondages, ceci vaut tant pour les simples citoyens que nous sommes que pour les princes qui nous gouvernent. Or, depuis plusieurs semaines déjà, l’écart se creuse entre l’occupant de l’Elysée et celui de Matignon, et cela ne semble pas devoir changer dans les jours qui viennent. A cela de très nombreuses raisons ou causes, mais toutes ne sont pas à mettre au débit de l’actuel président de la République…

Et en tout premier plan il y a principalement la déception qui va en s’accroissant. Notre jeune président a osé parler du nouveau monde par opposition au vieux, se plaçant de lui-même dans ce qui lui paraissait lui appartenir et se poursuivre inlassablement. Dans sa juvénile prétention il m’a fait penser à la fameuse phrase de M. Valéry Giscard-d ‘Estaing :… de ce jour date une ère nouvelle de la politique française ! La suite, tout le monde la connaît, du moins de ce côté ci du Rhin : un président qui a quitté l’Elysée sous les huées. Une attitude que je n’apprécie guère pas plus que je n’ai apprécié cette auto glorification.

 

 

 

Emmanuel Macron et les Français : le décrochage…

En quelques semaines, et même après l’épisode démoralisant des gilets jaunes, la sauce ne prend pas. Et maintenant ce sont les suites de la pandémie qui posent problème au point que, sans même attendre le retour à la normale, de très nombreux citoyens ont adressé des plaintes à la Haute Cour de Justice visant les deux têtes de l’exécutif et quelques autres sous deux chefs redoutables : non assistance à personne en danger et mise en péril de la vie d ‘autrui… Je rappelle qu’un ancien Premier ministre, tout équipé pour prétendre à la magistère suprême n’a jamais pu y accéder en raison d’un certain procès, celui du sang contaminé qui lui collait à la peau, pour parler comme les journalistes.

Certes, d’aucuns se disent que l’actuel chef de l’Etat, qui a comme tout le monde droit à la présomption d’innocence, bénéficie du privilège de sa fonction qui le met à l’abri des tribunaux. Mais ce que nous voyons et entendons depuis plusieurs semaines donne à penser que cette présidence finira bien un jour et que l’action judicaire pourrait bien suivre son cours. Il suffit de voir ce qui est arrivé au défunt président Jacques Chirac qui eut à répondre de certains chefs, bien après son départ de l’Elysée.

Aujourd’hui, toutes les chaînes d’information en continu parlent de ces actions en justice et on a pu entendre des parents de personnes âgées mortes dans des institutions médico-sociales , accuser les autorités sanitaires et politiques de graves manquements. Et chaque jour qui passe apporte son lot d’informations inédites, comme par exemple, cette mise en grade de l’ambassadeur français à Pékin dont il ne fut pas vraiment tenu compte. Sans même parler de l’interview de l’ancienne ministre de la santé qui dit avoir prévenu le Premier ministre de la gravité de la catastrophe.

Faut-il ajouter à tout cela la terrible pénurie de masques dont on a caché l’importance aux Français pour ensuite leur en recommander l’usage, une fois que nous en enfin pourvus ? Faut il reparler des tests sérologiques ou moins complexes ? Et les gants ? Et le personnel hospitalier auquel nous rendons tous hommage qui fut envoyé au front de la pandémie sans l’équipement nécessaire ? Il suffit d’entendre l’amertume de certains médecins touchés par le Covid-19 qui se sont portés partie civile contre l’administration et les pouvoirs publics … Certains de leurs collègues en sont morts.

Mais tout ceci ne pèse pas très lourd face aux terribles difficultés qui nous attendent au cours du mois de septembre. La situation risque d’être explosive car à ce moment là l’exécutif ne pourra plus mentir par omission ni plaider l’héritage. Que le prétendu nouveau monde s’assume enfin ! Il serait temps.

Mais il est un autre sujet découlant en droite ligne de ce qui précède et qui semble se profiler en arrière-plan, alors que très peu de gens osent l’aborder ouvertement. Il est vrai qu’entre 2020 et 2022 il y a 2021. Et l’exécutif songe évidemment à une candidature. Ce qui serait non seulement une faute mais une grave indécence.

Comment pourrait on briguer les suffrages des Français dans un tel champ de ruines ? Certes, certains observateurs de la vie politique française examinent plusieurs scénarii : l’actuel président pourrait chercher à dévier la colère des Français de sa propre personne en décrétant une dissolution de l’Assemblée. Je pense que dans ce cas un député de la majorité sur cinq serait réélu et encore ce n’est pas si sûr. Soit le président change de Premier ministre, ce qui serait une erreur gravissime vis-à-vis d’un homme qui a la faveur des sondages. Le dernier scénario, le plus improbable, serait d’éradiquer la pandémie, de remettre l’économie en état de marche et de… partir. Après tout cet homme n’aura même pas 45 ans à la fin de son mandat et pourrait entamer une belle carrière internationale. Mais l’attrait du pouvoir étant ce qu’il est, je doute fort que la sagesse l’emporte.

Lorsque j’entends les délais émis par les experts sur la fin de la crise, la résorption de millions de chômeurs, l’aide à d’innombrables entreprises, la réforme du système de santé, la réouverture des usines, des écoles, des universités, des bars, des restaurants, les élections municipales, bref remettre debout une France anesthésiée par plus de deux de confinement, je sens que cela ressemble à une mission impossible.

En agissant intelligemment et en plaçant l’intérêt de la France au-dessus de leurs propre intérêts, , les gouvernants épargneraient à la France une nouvelle crise, plus grave que toutes les autres, une crise d’ordre moral. Il est évident que si d’aucuns ne l’entendraient pas de cette oreille, nous aurons des débats enfiévrés pendant des mois. Et la campagne électorale en porterait le stigmate. Rendons ce dernier service au pays, évitons lui la diffusion des ferments de la discorde.

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