Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Vu de la place Victor-Hugo - Page 1467

  • Les Français et leur pouvoir d'achat

     

      La vraie religion des Français se nomme le pouvoir d'achat. Cela ne signifie pas qu'on les critique ou qu'on leur reproche un tel choix, mais il faut bien reconnaître que la mondialisation n'a pas encore produit sur leurs esprits l'effet escompté.

     De quoi parlons nous? De ceci: il n'est pas question de priver les gens de ce qui leur revient de droit, de les accabler d'impôts et de redevances directes ou indirectes, mais il importe de leur faire comprendre que la soi-disant exception française a vécu, qu'on leur a caché la vérité durant de nombreuses années et que, maintenant, la hausse et la baisse du pouvoir d'achat dépendent en réalité des grands mouvements économiques et monétaires internationaux.

     Quand on s'est mis à parler des retombées mondiales de quelques processus écologiques dans l'endroit même le plus éloigné de notre planète, les commentateurs usaient de la belle comparaison suivante: le battement d'ailes d'un petit papillon au fin fond de l'univers peut provoquer un orage dans une autre contrée lointaine

     Cela vaut aussi en économie: que notre commerce extérieur fléchisse, que notre balance des paiements ne se redresse pas, que le pétrole augmente ou que la crise des subprimes persiste, et voila que cela, tout cela, a des répercussions chez nous. Sur le panier de la ménagère

     L'aspiration à vivre mieux est légitime. Et l'euro nous a beaucoup coûté, c'est indéniable. Mais il faut être réaliste. Et la grève des fonctionnaires déjà prévue pour le 24 janvier 2008 (on commence bien l'année nouvelle!) n'augure rien de bon.
     

  • Vers la libération d'Ingrid B.

     

      Aurions nous un meilleur cadeau de Noël? Ah, si Ingrid B. devait êtree libérée au terme d'un calvaire qui dure depuis bientôt 6 ans! Il faut bien reconnaître que l'implication du Président Sarkozy a été payante. Depuis qu'il s'est saisi du dossier, le président colombien Uribe s'est vu contraint de nommer un médiateur en la personne du bouillant président vénézuélien Chavez qui fut peu de temps après déchargé de ses faonctions en raison d'une intrusion dans la chaîne du commandement militaire colombien.

     Aujourd'hui, les FARC semblent avoir compris qu'elles ne pourraient pas résister éternellement aux pressions internationales. En Amérique du sud, on est très sensible à l'amour propre et aux marques d'estime et de respect. Nicolas Sarkozy et son conseiller Jean-David Lévitte l'ont très bien compris.

      Il ne faut pas non plus accabler le président Uribe qui doit gérer les demandes absolues de son armée. Et après tout, une armée est là pour faire la guerre et chasser les terroristes. La marge de manœuvre est étroite, mais l'espoir est là. Tirons notre Ingrid de cet enfer mais n'oublions pas les dizaines d'autres prisonniers que les FARC traînent dans leur sillage au sein d'une jungle in hospitalière.
     

  • Assia DJEBAR, de l'Académie française

            Nulle part dans la maison de mon père (Fayard, 2007).

    En dessous du titre de ce livre, largement autobiographique, l'auteur a ajouté la mention roman, ce qui n'est que partiellement vrai, à moins de considérer que sa vie fut un roman ou que le récit livré est un peu romancé. C'est bien cela. De quoi s'agit-il? D'une évocation largement attendrie et émue de l'enfance et de l'adolescence de l'auteur, fille d'un instituteur musulman en Algérie et d'une femme au foyer, dévouée à son mari et à ses enfants. 

     L'auteur y relate la cadre de sa vie familiale, scolaire, affective et les déchirements du cadre colonial qui sépare gravement les Européens des indigènes auxquels on imposait pourtant une culture et une civilisation qui n'étaient pas les leurs. La jeune fille narre les déchirements de son père, admis sans vraiment l'être, en raison de ses origines, dans la société coloniale de l'époque.

     Elle montre aussi le malaise inhérent à la société islamique (même avant la lettre) surtout pour ce qui touche au statut de la femme: faire du vélo et montrer ses jamabes alors qu'elle a six ans! Rencontrer un garçon, pourtant bon musulman comme elle, manger un baba au rhum, ce qui la conduit à enfreindre un interdit alimentaire, rencontrer en cachette  celui qui partegera plus tard sa vie, l'acte inconsidéré qu'elle commet et qui aurait pu (ce qu'à D- ne plaise) nous priver d'une si grande romancière… toutes choses qui proviennent peut-être de la rigueur paternelle, de son refus de se lâcher, de donner la main à sa petite fille dans la rue, de la laisser lui sauter au cou. Un père sans amour, d'où le titre nulle part dans la maison de mon père

     Ce livre dont je recommande la lecture durant les vacances nous montre le retard de certaines civilisations par apport à d'autres qui, par bonheur, ont, elles,  accepté, comme disait Mao, l'autre partue di ciel. Sans la femme, que serait l'homme?