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L’article du Washington Post du Prince héritier de Bahrein

Le Jerusalem Post de ce lundi 27 juillet publie dans la rubrique  comment & features une tribune libre due au prince héritier de Bahrein, Cheikh Salman ibn Hamad al Khalif, qui se veut un vibrant plaidoyer en faveur d’une paix totale et définitive au Proche Orient. En fait, la tribune est un catalogue de bonnes intentions qui n’apportent rien de radicalement nouveau. Alors pourquoi en parler ? Parce que l’auteur n’est pas n’importe qui et que son appel à une paix globale et définitive est sincère et mérite toute notre attention.

Le premier point sur lequel son Altesse Royale met l’accent est le déficit de dialogue des Arabes avec Israël. Son A.R. considère que les Arabes n’ont pas suffisamment maîtrisé l’outil de communication au point que le réflexe premier (et légitime) des Israéliens était de mettre tous les Arabes et tous les Palestiniens dans le même sac et d’ignorer la moindre nuance dans leur comportement. De même, ajoute-t-il, les Arabes et surtout les Palestiniens étaient convaincus que leurs ennemis planifiaient leur destruction. Ce point de départ est excellent et démontre une authentique volonté de jeter les préjugés et les rancoeurs à la rivière. Ce qui n’est pas, ici, chose facile, tant les haines sont recuites.

Son A.R. poursuit en notant que la plus lourde erreur fut de penser que la paix surviendrait à la vitesse de la lumière, qu’elle illuminerait les esprits et pacifierait les cœurs comme on appuie sur un interrupteur pour allumer une lampe. Selon l’auteur, la faute incombe principalement aux Arabes qui n’ont pas assez développé le dialogue avec Israël. Au passage le prince stigmatise l’attitude d’autres pays ( qu’il ne nomme point) qui voulaient que les victimes restent des victimes afin de mieux les exploiter politiquement et de tirer les marrons du feu. Cette époque devrait être révolue à ses yeux.

Se parler ne peut qu’être bénéfique aux deux parties ; et ce, pour deux raisons : la première, c’est que tout le monde aura à gagner si la sécurité revient enfin dans la région : et la seconde, la sécurité entraîne toujours dans son sillage la prospérité. Son A.R. énonce ici une vérité de bon sens qui a échappé aux belligérants, et notamment à ceux qui pensaient que l’affaire pouvait se régler par l’annihilation de l’une des deux parties.

Son A.R. donne  en exemple les Etats du Golfe arabo-persique qui ont su s’unir et bâtir ainsi l’une des plus grandes puissances financières au monde.

Une telle prospérité, de telles perspectives économiques tireraient les Palestiniens de leur état miséreux et les détourneraient d’actions de destruction et de mort. Assurément, le Prince se sent tenu d’insister sur la justice qui doit être rendue aux Palestiniens, faute de quoi on l’accuserait de passer leurs difficultés sous silence et son article n’aurait plus aucune portée. De longues années de dialogues de sourds ont rendu les mentalités rigides. Il est temps de changer d’attitude.

Mais parler ne suffit pas car selon le Prince il est urgent de faciliter la vie des Palestiniens. Juifs et Arabes vivant en Terre sainte ont en commun plus de choses qu’on ne le croit. Ce qui les unit dit le Prince , est supérieur à ce qui les sépare. Et de revenir sur le plan de paix du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, un plan que la partie israélienne (et pas elle seulement) avait passablement critiqué. Notamment parce qu’il prévoyait le retrait israélien des territoires conquis après la guerre des six jours. Notons que le Prince use de la formule anglaise et ne dit pas all territories, ce qui laisse place aux discussions. Il rappelle que le problème palestinien constitue un obstacle au réchauffement des relations entre  les deux pays arabes en paix avec Israël, l’Egypte et le Jordanie.

Quelle est la proposition vraiment nouvelle du Prince ? S’intéresser de plus près aux medias israéliens, leur expliquer la cause des arabes, parler aux Israéliens des souffrances (je reprends les termes du Prince) des Palestiniens. Ainsi, vivrons nous peut-être une évolution positive des différentes positions .

Son A.R. craint toutefois d’être mal compris et affirme que certains Arabes pourraient lui reprocher sa précipitation dans ses efforts de parler et de discuter. Il répond à cette critique en soulignant qu’il ne faut pas confondre communication et normalisation. Il est regrettable que cette remarque restrictive restreigne la portée de tout l’article. Mais c’est ainsi.

Une fois la paix en marche, conclut le Prince, les affaires suivront. Et là plus personne ne songera à la guerre car chacun pensera à ce qu’il risque de perdre.

 

Tel est le contenu de cette tribune libre. Est elle réaliste ? Est elle assez innovante et courageuse ? A d’autres plus experts que nous d’en juger. Cette tribune a le mérite d’exister et c’est déjà beaucoup.

 

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