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 France : les aléas de toute présidence jupitérienne…

Je me demande vraiment à quoi pensait l’actuelle président de la République en énonçant cette phrase dont le contenu va lui causer quelques désagréments tout au long de son mandat élyséen. C’est étrange, comme l’entrée à l’Elysée change les hommes, tous, à l’exception peut-être du général de Gaulle qui n’eut nullement besoin de se déguiser en chef des armées, il l’était déjà naturellement et professionnellement.

L’exercice du pouvoir, nous dit-on, change un homme, le révèle tel qu’il est en ses profondeurs les plus intimes. Et le résultat n’est pas toujours engageant. On l’a vu avec le prédécesseur immédiat de l’actuel président : et qui sait ce que l’avenir nous réserve ? Quand on veut le pouvoir et qu’on finit par le conquérir (et après tout certains sont faits pour cela) on devrait prendre un peu de distance et ne pas s’en nourrir car cela ne dure qu’un temps et après on a rendez-vous avec le dégrisement, la solitude et la fin… réservée aux simples mortels que nous sommes.

 

Mais ce n’est ni une pastorale de la mort ni de la vanité du pouvoir en ce bas monde que j’entends livrer ce matin à mes lecteurs. Il s’agit d’une analyse de politologue (que je ne suis pas) mais qui n’aura pas à rougir si d’aucuns la comparait à ce qu’on entend ou lit ou regarde un peu partout.

Le schéma est le suivant : dès qu’un individu parvient à se hisser à la toute première place, il commence par voir attentivement quel autre individu serait susceptible de lui faire concurrence ou simplement de l’ombre. Dès que ce repérage est achevé, la personne identifiée, tout sera mis en action pour l’isoler, la brider et la bâillonner. Traduisez ainsi : dès qu’un Premier Ministre gagne en popularité et que son chef suprême, le président baisse dans les sondages, le mécanisme infernal se met en marche : les deux têtes de l’exécutif deviennent des adversaires, ce qui ne laisse pas d’être déplorable. Et pensez vous que les politiques se sentent freinés par cette déploration ?

Dans la France d’Emmanuel Macron, l’opération n’a pas encore atteint une phase critique mais certaines baisses dans les sondages d’opinion insinuent dans la direction exposée plus haut :  les Français ne comprennent pas ce comportement à la Louis XIV qui conçoit tout verticalement. Scrutons la composition du gouvernement actuel : alors que d’habitude, je me souviens du nom et des attributions de chaque ministre ou secrétaire d’Etat, aujourd’hui, j’ai du mal. Pourquoi ? Parce qu’aucun n’a d’envergure nationale ni de renommée dépassant les frontières de l’Hexagone.

C’est un gouvernement de technocrates et même le Premier Ministre, ancien maire du Havre, n’arrive pas à se faire connaître comme il le devrait Ce côté, je ne veux voir qu’une seule tête , risque de se retourner contre son auteur.

Prenons un seul exemple et laissons de côté le fait que quatre ministres ont déjà démissionné en raison de possibles complications judicaires. Le seul ministre qui avait de l’expérience, était connu et reconnu par ses administrés, en l’occurrence, Monsieur Jean-Yves Le Driant, a été déplacé des armées vers les affaires étrangères. Pour quelle raison ? Pour laisser tout l’espace ainsi libéré à un autre. Et à qui, selon vous ? Avec Le Drian à la défense, l’incident grave et qui laissera des traces avec le général de Villiers, ne se serait jamais produit, un incident dont un simple chef du personnel d’une petite entreprise ne se serait jamais rendu coupable : rabrouer un chef devant des centaines de subordonnés !!

Venons en au Premier Ministre. On se souvient de la déclaration méprisante de Nicolas Sarkozy à l’égard de son Premier Ministre, ramené au rang de simple collaborateur lequel  prendra sa revanche quelques années plus tard en lançant sa petite phrase (imagine t on le général de Gaulle mis en examen ?) et en coiffant sur le poteau des primaires son ancien «patron».

Quelles réflexions pourrait–on tirer de ces brefs rappels ? Une, tout d’abord, et qui n’est pas des plus flatteuses : ces gens ressemblent à une meute où le mâle dominant a soumis ou neutralisé tous les autres, susceptibles de lui disputer ses privilèges et toutes ses femelles !! En une phrase : de lui prendre sa place. Et c’est aussi dégradant pour le genre humain que nous sommes et que ces rares spécimens entendent diriger, gouverner.

Si l’on pousse cette logique jusqu’au bout, on ajouterait que, les choses étant ce qu’elles sont, il faut supprimer le poste de Premier Ministre de la Ve république et transférer le peu de pouvoirs dont il dispose au secrétaire général de l’Elysée. C’est à peu près ce qui s’est passé entre le trio bien connu : Sarkozy, Guéant, Fillon. Après tout les USA n’ont pas de premier ministre…

Mais ce n’est pas une telle mesure qui peut être la panacée. Le mal est bien plus profond : c’est la nature humaine qu’il faudrait changer. Il faut que plus d’éthique pénètre et sédimente le politique qui veut réformer le monde, mais qui, le plus souvent, se comporte comme s’il lui appartenait, comme s’il l’avait créé. Que l’on veuille bien me pardonner la sévérité du mot de la fin : n’est pas Jupiter qui veut. Ramenons nous nous-mêmes à l’humus sinon des circonstances adverses pourraient bien s’en charger.

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