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Daniel S. Milo, La survie des médiocres. Critique du darwinisme  et du capitalisme. Gallimard, 2024.

Daniel S. Milo, La survie des médiocres. Critique du darwinisme  et du capitalisme. Gallimard, 2024.

Daniel S. Milo, La survie des médiocres. Critique du darwinisme  et du capitalisme. Gallimard, 2024.

 

Dès le titre, le lecteur qui s’engage dans la lecture de ce gros livre sait que ce ne sera pas si facile que cela. Surtout si l’on n’est pas habitué à lire ce genre de réflexions sous la plume d’un philosophe. Certes, on a eu connaissance de ces retombées du darwinisme, notamment bien au-delà de la biologie, notamment dans le domaine social. Pour le reste,  certains avaient déjà procédé à des rapprochements entre les théories de  Darwin, le capitalisme et la nature, au sens le plus large du terme. On y parle aussi des lois de l’évolution, de la possibilité ou non de survivre et de se reproduire. De se transmettre. Et aussi de la sélection naturelle.  Ce dernier thème a connu des applications faites d’horreur et de terreur. Ne survivraient que les bienvenus, les plus forts, ceux qui auraient traversé toutes les phases d’écrémage, les seuls  qui mériteraient de vivre. Ce serait une sorte d’humanité supérieure qui mériterait, seule, de vivre et survivre. Pas les autres, hélas, nés sous une moins bonne étoile. Ce serait l’impossibilité de subsister... C’est l’explication du sous-titre ,  La survie des médiocres, le good enough...

 

 

Mais si on se donne la peine d de lire ce livre un crayon à la main, on arrive  à voir ce que cet auteur israélien veut dire. Voici une situation de la page 24 in fine :

 

Dans la nature comme dans la société, il y a de la place pour le fort et pour le faible,  pour lgyperactif et le paresseux, pour le plus apte et pour le médiocre... Si nous suivons la sagesse de la nature, , nous devons reconnaître que l’impartialité est un aspect constitutif.  Soyons donc ses dignes héritiers.

 

L’auteur du présent ouvrage puise à de multiples sources et va bien au-delà des simples écrits de Darwin. Il s’intéresse aussi aux mythes bibliques, à la création, à l’expulsion du premier couple paradisiaque, etc.. Il s’exprime aussi clairement, c’est la raison pour laquelle, je produis une autre citation qui parle du décollage prodigieux du cerveau humain, dans son processus de dissociation via-)-vis, par exemple, des chimpanzés...

 

Oui, même homo sapiens, le futur fleuron de l’évolution était une espèce en voie d’extinction jusqu’à un  avant-hier géologique . La faute, on le verra, était due au prix exubérant de l’organe qui ne cessait de croitre dans les têtes de nos ancêtres, de 40c3 à 1600cm3, un prix que nulle prouesse  technologique ne pouvait compense. Si la  sélection naturelle est responsable de cette croissance vertigineuse, on devrait lui donner son congé...

 

Décidemment, la girafe a fait couler beaucoup d’encre et stimulé l’intérêt des Européens pour un animal  venu d’autres latitudes. On sourit en lisant la difficulté à trouver un nom pour cet animal lorsque la lettre à Aristée souligne  la traduction de la Bible en langue grecque, commande faite u à n officier juif, servant au IIIe siècle avent Jésus, sous les ordres de Ptolémée Philadelphe : comme parler d’un animal que personne ou presque n’avait jamais vu ! On pense à l’étonnement ressenti par les Chinois à la vue d’un tel animal dont la morphologie ne laissait pas d’être étrange et dont les deux partie du corps n’étaient pas  à la même hauteur...

 

Mais ce n’est qu’un aspect de cet ouvrage dont la richesse , même très personnelle, reste incontestable. En fait, sa préoccupation majeure porte sur l’avenir de l’humanité. A-t-elle, aura-t-elle un avenir si elle continue sur sa lancée, sans dévier un peu ni apporter des modifications au cours naturel des choses ? Et la question qui s’impose à l’esprit : l’innovation est elle la clé du salut ? Pourrons nous nourrir près de huit milliards de bouches ?. Ou alors, devons nous nous fier à la sélection naturelle et espérer une décrue...

 

Les interrogations sur la nature en tant que réservoir infini des possibilités sont nécessaires quant aux perspectives qu’elle offrent. Devons nous la laisser faire ? A-t-ell vraiment une grande sagesse ou doit elle être canalisée, voire mise dans un carcan ?

 

Pouvons nous innover à l’infini ? Selo l’auteur, c’est peu probable, mais a-t-il raison de penser ainsi ? Je manque de compétence pour répondre clairement à une question qui s’avère vitale pour l’humanité dans son ensemble.

 

Pour finir, je propose de redonner la parole à l’auteur :

 

Ce livre n’est pas un manifeste pour la médiocrité. Il constate simplement la robustesse de dette condition. Il ne s’agit pas d’un pamphlet pacifiste. (...) Et surtout je n’invite personne à vivre dans le présent, à supposer que cela soit possible. (...) Ce livre n’est pas dirigé contre Darwin, bien au contraire. Je cherche à le sauver de son péché originel.

 

 

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