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  • Lettre d’Israël VII : importer les mœurs parisiennes en Israël ? Ou l’alchimie d’une aliya réussie…

    Lettre d’Israël VII : importer les mœurs parisiennes en Israël ?

     

    Ou l’alchimie d’une aliya réussie…

     

     

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    Lettre d’Israël VII : importer les mœurs parisiennes en Israël ?

     

    Ou l’alchimie d’une aliya réussie…

     

     

     

    On parle souvent, voire la plupart du temps, des Juifs qui émigrent en Israël pour s’y installer durablement et couper les ponts derrière eux ; on évoque bien plus rarement ceux qui reviennent, faute d’avoir pu ou su s’adapter à leur nouvel environnement. C’est tout le débat autour d’une aliya réussie ou gâchée… Je dis gâchée pour ne pas user du terme échec ou du verbe échouer car tout dépend, en fait, de ce que l’on attend, de ce que l’on espère et du possible. Israël est, certes, le pays des ancêtres, le lieu, comme l’avait dit David Ben Gourion en proclamant l’indépendance de l’Etat, où le peuple juif a fait son apparition sur la scène de l’histoire universelle ; il demeure que plus de deux millénaires d’exil et de dispersion sur toute la surface du globe ont créé des habitudes, généré des mœurs dont on a du mal à se défaire. Hegel disait que l’habitude est une seconde nature.

     

     

     

    A mon avis, c’et la racine du mal. On ne peut pas espérer emporter avec soi les pratiques, les habitudes et les mœurs de nos pays d’origine. Je souris en pensant à un passage du Judenstaat de Théodore Herzl qui pensait en toute bonne foi que, comme à Vienne, les futurs boulangers de Jérusalem feraient cuire des heisse Semmel (petits pains chauds) à consommer pour le petit déjeuner. Le fondateur de l’Etat des juifs n’en aurait pas cru ses yeux ni ses oreilles si on lui avait prédit qu’en Israël, ce sont les pittot, le houmous et la tehina qui se seraient imposés sans réserve…

     

     

     

    Mais ce n’est pas tout. On évalue à près de trente pour cent le nombre d’émigrants qui reprennent la route de leur pays d’origine. Il faut s’interroger sur ce phénomène. Afin de tenter d’y obvier en aidant les gens à s’adapter et je dois reconnaître que ce n’est pas toujours facile.

     

     

     

    Passons en revue quelques causes de ce reflux qui est, grâce au Ciel, mieux endigué. Il y a de prime abord, une mentalité générale, si peu compatible avec ce qui se passe en France et en Europe. Détail croustillant : lors d’un sondage, les Israéliens de souche ont stigmatisé l’arrogance, réelle ou supposée, des Français qui les prennent de haut, se montrent très exigeants, etc…

     

     

     

    Tout en étant un simple touriste –et je laisse de côté les critiques à l’égard de la compagnie aérienne nationale- chacun d’entre nous a vécu les pires désagréments en revenant occuper son appartement, resté inoccupé durant de longs mois d’hiver ou le reste de l’année. L’eau chaude fait défaut, la climatisation doit être réparée, parfois même le tableau électrique, dépanner la télévision, payer encore et encore !! bref ce qui, ici, va de soi, fait là-bas problème. ET c’est de là mal que vient le mal, en araméen talmudique on dit : da ‘akka…

     

     

     

    Il n’est pas un seul parisien, acquéreur d’une maison ou d’un appartement à Tel Aviv, Natanya ou ailleurs que ne se plaigne des difficultés de traiter avec les promoteurs immobiliers, les notaires, les entrepreneurs du bâtiment, les fameux kablanim. Je n’ai pas moi-même fait cette expérience, n’étant propriétaire de rien, mais je connais nombre de gens, absolument dignes de foi, qui ont subi de telles avanies. Des appartements payés très cher et dont la livraison ne s’est pas faite selon les règles en vigueur chez nous, des malfaçons de toute sorte, des revirements quant au prix final, des retards dans la livraison du bien acheté, bref toutes sortes de vicissitudes qui rendent la vie amère, même si, comparées aux menaces pesant sur ce pays, de telles choses sont des broutilles ou des vétilles.

     

     

     

    Mais la vie est aussi faite de ce genre de difficultés matérielles dont on souhaite qu’il y soit mis fin. Par malheur, l’Etat d’Israël ne s’est toujours pas doté d’une législation forte punissant clairement toutes les entreprises ou les professionnels qui abusent de la crédulité des gens, de leur inexpérience ou qui abusent tout simplement de l’ignorance de la langue .

     

     

     

    En effet, les abus, les exploitations, les insincérités, bref tout ce qui indipose gravement les nouveaux venus doit disparaître. Je voudrais évoquer ici en termes voilés le discours d’un restaurateur qui s’est installé à Herzliya, la banlieue chic de Tel Aviv. Ce quinquagénaire, pourtant aguerri et auquel on ne la fait pas,  m’a entretenu pendant dix bonnes minutes de toutes les avanies qui lui furent imposées lors de son installation en Israël. Profondément sioniste, fier d’être enfin citoyen israélien, il m’a énuméré les différentes façons qu’ont les Israéliens sur place d’exploiter l’ignorance et la bonne foi des nouveaux venus.

     

     

     

    J’avoue que cela m’a glacé et aussi rappelé certaines expériences vécues sur place : non respect de la ponctualité, non respect du prix convenu, rajout de prestations imaginaires nécessitant un renchérissement du produit ou du service attendu, notification tardive de la non venue d’un ouvrier arguant d’embouteillages ou d’autres obstacles invérifiables, etc… La liste est longue

     

     

     

    Alors comment s’y prendre pour que tout cela cesse et que l’arrivée en Israël n’évoque ni Courteline ni Kafka mais soit un paradis sur terre (gan éden alé adamot) ? Je crois que la première thérapie est de se dire qu’aucune comparaison avec ce qui se fait à Paris n’est transposable en Israël. Je me souviens d’un échange avec une jeune réceptionniste d’un grand hôtel d’Eilat. Je venais lui demander une accès payant à internet et me plaignais des retards, des difficultés, etc… Voulez vous savoir ce qu’elle me répondit, cette trentenaire, née à Budapest et présente en Israël depuis une vingtaine d’années : Tu me dis que tu es professeur des universités ; oui, répondis je. Elle enchaîna : et tu ne t’es toujours pas rendu compte que tu te trouves en Orient…

     

     

     

    Ma réaction fut d’esquisser un sourire triste et de battre prudemment en retraite. Oui, Israël, c’est l’Orient… Celui ou celle qui croit pouvoir importer nos mœurs de Paris à Tel Aviv ou ailleurs, se trompe, il ou elle commet une lourde erreur. J’ai assisté à de curieux échanges des tables voisines avec les maîtres d’hôtel du restaurant gastronomique du Hilton de Tel Aviv… Les consommateurs insistant pour que tout soit comparable àau service en vigueur dans des restaurants étoilés de Paris ou d’ailleurs… Vous pouvez deviner la suite et surtout la réaction des serveurs israéliens !!

     

     

     

    Le rapport à l’autre, à l’argent, au voisin, à la vie en général, est radicalement différent. Essayer de convaincre les copropriétaires d’un même immeuble de payer ponctuellement les charges relève du miracle. D’où des appartements qui se délitent au point que la mairie impose désormais une réhabilitation autoritaire.

     

     

     

    Que dire de plus ? La vie n’est pas simplement difficile dans ce pays, elle est aussi chère, ce qui développe chez les gens un rapport singulier à l’argent. Il est loin le temps où les juifs étaient solidaires les uns des autres, se respectaient les uns les autres et appliquaient les règles élémentaires de la Tora.

     

     

     

    Dans ce chapitre, les rabbins devraient être les premiers à donner l’exemple : c’est loin d’être le cas. La plupart pensent d’abord à eux car le rabbinat n’est plus une vocation, c’est devenu une profession.

     

     

     

    Mais la conclusion sera positive : l’existence d’Israël est un miracle, oui un miracle quotidien, comme le dit de Dieu la prière matinale : mehaddesh be khol yom tamid ma’assé béréchit. Oui, le Seigneur réédite chaque jour l’œuvre du commencement. Il le fera aussi longtemps que nécessaire. Et comme il a l’éternité devant Lui, cela donnera aux Israéliens le temps de changer.

     

     

     

    Dans le bon sens.

     

     

     

    MRH (Cette lettre met fin aux Lettres d’Israël)

     

  • Le macronisme, c'est l'enterrement fu hollandisme

    Le macronisme, c’est l’enterrement du hollandisme

    Comme tous les commentateurs politiques du pays, j’ai été renversé par le résultat des élections présidentielles et par le résultat prévisible des élections législatives. Une conclusion s’impose : Macron a enterré Hollande qui fut pourtant son tuteur et son père en politique. La seconde conclusion touche à l’état de décomposition avancée d’une classe politique complément dépassée, autiste,  déconnectée de sa base et dont le mandat de Fr. Hollande est l’illustration la plus achevée, je veux dire la plus décomposée, dans le sens du pourrissement. Nous ne connaissons pas, dans l’histoire récente ou ancienne, un quinquennat plus médiocre, plus néfaste ni plus incompétent.  L’Elysée coupe son locataire des autres et de la réalité, les conseillers-courtisans hésitant à dire au monarque républicain ce qui se passe vraiment dans le pays.

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  • Claude Quétel, Tout sur Mein Kampf (Perrin)

    Tout sur Mein Kampf de Claude  Quétel (Perrin)

     

    En général, un tel titre donne l’impression que son auteur promet bien plus qu’il ne peut tenir. Pourtant, dans le cas qui nous occupe, le titre est justifié. L’auteur, historien de renom, ancien responsable de Mémorial de Caen, a lu attentivement le texte de Hitler en version originale, il a aussi compilé de manière critique et avec discernement la littérature secondaire. Le seul reproche, mince, par ailleurs, que je lui ferai, tient à une annotation bibliographique parfois sommaire. En revanche, on trouve aussi dans les notes des explications bienvenues et éclairantes. Mise à part cette vétille, le texte est riche, dense et se lit aisément

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