Nicolas Sarkozy président élu de la République française…
Il est assurément trop tôt pour juger ou simplement préjuger de l’action effective d’un homme qui n’est pas encore entré en fonctions mais dont les moindres faits et gestes (ses vacances écourtées, notamment) sont guettés, épiés, voire dénoncés… Cette attitude, limitée à un bord politique spécifique, montre que la France n’a pas vraiment changé et que le nouveau président aura beaucoup à faire pour moderniser la France.
Depuis des décennies, ce pays a porté à sa tête des hommes qui avaient été formés dans le cadre très strict, les grandes écoles françaises, à savoir l’ENA, la Fondation des Sciences Politiques etc… Il s’est enfin donné pour chef un homme issu des professions libérales. On ne pourra pas rétorquer que François Mitterrand était lui aussi avocat car son horizon idéologique était tout autre. Partant, il ne pouvait pas mettre en application des idées si peu acceptables aux yeux de la socio-culture française.
Nous devons nous attendre à des mutations profondes dans la société et l’économie françaises. Faut-il s’en inquiéter ? Pas nécessairement car les changements visent à dynamiser ce pays qui ne parvient plus à défendre ses positions en Europe et dans le reste du monde. Un rajeunissement des cadres, une réjuvénation des fonctions politiques, des plus modestes aux plus élevées, devraient installer solidement ce que tous appellent de leurs vœux, une réforme en profondeur de la mentalité française : retrouver le goût du risque, d’entreprendre et de gagner.
Vu de la place Victor-Hugo - Page 1519
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Nicolas SARKOZY, président de la République
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Débat télévisé de la campagne présidentielle
La fin de la campagne présidentielle en France
L’apogée de cette campagne présidentielle fut atteint incontestablement le mercredi soir 3 mai entre 21 heures et 23h 40 au cours de l’affrontement d’une rare intensité entre Madame Ségolène ROYAL et Monsieur Nicolas SARKOZY. Tous les observateurs relèvent unanimement l’âpreté des débats. Il est très malaisé de départager les deux controversistes car les partisans des deux bords crient victoire et affichent une confiance certaine dans les résultats du dimanche 6 mai.
Nos observations porteront donc sur l’utilité, la forme et les symboles d’un tel débat :
a) la France continue de se reconnaître dans cette sorte de grandes messes où deux candidats s’affrontent dans l’espoir de faire basculer le vote en leur faveur ou de rallier les indécis. On sait aujourd’hui que tel n’est pas le cas. Les prévisions exprimées auprès des organismes de sondages ont peu bougé.
b) Cet type d’affrontement n’éclaire pas vraiment les électeurs qui savant que la masse de sujets à aborder ne permettra pas d’éclairer le choix des électeurs car les candidats sont soumis à une très rude épreuve. Il suffit de relever les quelques erreurs ou imprécisions des deux controversistes pour s’en rendre compte.
c) Quant au symbole, la forme à laquelle les Français sont le plus attachés, qu’ils en soient ou non conscients, c’est cet affrontement guache/droite, justement dénoncé par le candidat centriste, qu’il conviendrait de dépasser. C’est un clivage stérile : on ne peut gouverner une moitié de la France contre l’autre moitié.
En réalité, c’est toute notre culture politique qu’il faudrait revoir. La France n’est peut-être pas encore entrée dans l’ère de la post-modernité ; elle continue de favoriser une sorte d’information-spectacle (et ce débat en était un), au lieu de donner un peu plus la parole aux gens simples… Ce changement est peut-être imminent : la mentalité propre, la culture politique de Nicolas Sarkozy, et aussi celle de Ségolène Royal, nous assurent au moins d’une chose : après le 6 mai on ne fera plus de la politique comme avant. La page sera tournée et la France réalisera que l’avenir appartient plus aux gestionnaires qu’aux visionnaires.
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Le second tour des élections présidentielles en France
Un bref survol de la situation sur l’échiquier politique français, à la suite du premier tour de élections présidentielles, s’impose. Trois personnalités, arrivées en tête, s’imposent par leurs résultats et de leur affrontement ou de leur entente dépendra l’orientation du futur locataire de l’Elysée.
Nicolas Sarkozy apparaît, en toute objectivité et sans le moindre esprit partisan, comme le grand vainqueur, celui qui a, selon toute vraisemblance, le plus de chances de l’emporter. Il bénéficie d’une triple adhésion : avec le parti qui l’a désigné et qui le suit sans murmure, avec son programme avec lequel il est en parfaite osmose et qu’il retouche, à sa guise, de manière conséquente et logique et enfin, avec son comité de campagne, dirigé par un excellent préfet, M. Claude Guéant.
Ségolène Royal a fait preuve de beaucoup de courage et de détermination, elle est parvenue, contre toute attente, à s’imposer aux militants du PS mais sans pouvoir compter sur l’adhésion profonde et sincère de l’appareil de son parti. Les tiraillements qui ont émaillé sa campagne le prouvent. Elle est tout de même parvenue à un score honorable malgré de lourds handicapas et aussi en dépit d’un monde politique peu charitable avec les femmes. Les flottements, voire les contradictions que relève la presse nationale ou internationale, contribuent à créer un flou et une incertitude qui pourraient se révéler très préjudiciables…
François Bayrou qui, tout en ayant remporté un grand succès personnel, peine à imposer ses vues lesquelles consistent à faire ce que Jean-Pierre Chevénement avait tenté en 2002, tournebouler le système politique hexagonal. C’est-à-dire rompre définitivement avec le bi-partisme droite / gauche et introduire un système qui dépendrait du centre. La campagne, à la fois forte et intelligente qu’il a menée durant de longs mois a fini par porter ses fruits, même s’il n’a pas été retenu au second tour. Ce qui semble poser problème à ses électeurs, tiendrait plutôt au système d’alliance qu’il est tenté de suivre… Sera-t-il suivi par ses électeurs ? Serait-il écouté par ses députés qui ont l’œil fixé sur les prochaines législatives et rejoignent en masse le panache du président de l’UMP ? Autant de questions auxquelles il lui faudra trouver la bonne réponse, faute de quoi tout serait compromis…
Reste Nicolas Sarkozy qui a déjà capitalisé plus de 30% des voix et qui a vu, plus vite que les autres, que le danger était de revoir le FN «cannibaliser» les élections et refaire le large score de 2002. Le président de l’UMP a donc, sans se renier, attiré vers lui ce million de Français qui avaient été sensibles au discours sécuritaire … Sa constance et son sincérité ont, selon les sondages, convaincu les français.
Aux électeurs de décider le 6 mai.