Platon (Gallimard, Jean Fauconnier)
Il y a un peu plus de vingt-cinq siècles vivait à Athènes un homme qui allait jouir d’une postérité à nulle autre pareille, une postérité aujourd’hui encore : il se nommait Platon, nom qui signifie une carrure athlétique, surnom que lui avait donné son professeur de gymnastique. En réalité, il se nommait Aristoclès. Ce penseur dont dépend toute la philosophie occidentale, jusques et y compris Martin Heidegger (e.g. sa relecture de Parménide) au point d’avoir fait dire à certains que toute la pensée spéculative de l’Occident n’est qu’une note infra paginale renvoyant à ses œuvres quasi impérissables.
Dans ce livre bien documenté et facile à lire, tant le style est fluide et les phrases sensiblement courtes, l’auteur retrace en quelques chapitres succincts et sobres à la fois la vie et la pensée de Platon dont le moindre des mérites n’est pas de nous avoir transmis l’essentiel de la noétique de son maître et ami, Socrate, surnommé à son tour le «taon d’Athènes», car il piquait la curiosité de ses compatriotes en les poussant par ses questions dans leurs derniers retranchements. Et cela touchait beaucoup de gens, y compris le jeune Platon.