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Vu de la place Victor-Hugo - Page 898

  • Vivre en Israël : les indignés du centre et de la périphérie

    Vivre en Israël : les indignés du centre et de la périphérie

    Entendu hier sur Kol Israël en langue française : un spécialiste de la situation socio-économique de ce pays, sefarade d’origine, expliquait les disparités des classes sociales en situant les habitants soit dans le centre, favorisé et développé, soit dans les périphéries du nord et du sud. Le pays, disait-il, est divisé en deux parties par cette frontière invisible qui explique la réaction des indignés et des manifestants qui de Dan à Beershéva ( pour reprendre une expression biblique qui signifie du nord au sud) se plaignent du renchérissement de la vie et de la inadéquation des salaires. Etrange, cette bi-partition du pays qui a pourtant investi des sommes considérables dans le développement économique, apparemment sans distinction. Ce n’est pourtant pas ce que laissait entendre l’expert auquel je faisais allusion plus haut : sans le dire vriament, il insinuait que les premiers arrivés, tous d’extraction ashkénaze, ont misé sur le développement des zonés habités par eux, les plus centrales, les plus accessibles, les mieux desservies par les moyens de communication les plus moderne, laissant le reste du pays à leurs parents pauvres, tous originaires de pays arabes ou orientaux.

    Tout n’est pas faux dans cette analyse qui pourrait éveiller les vieux démons de la société israélienne. Hier, en dînant à Tel Aviv, et ensuite en déambulant dans les rues, j’ai pu voir ce qui restait des tentes et des attroupements des iindignés, mais surtout j’ai pu, au restaurant, écouter discrètement des conversations des gens. De quoi parlaient ils ? DE la situation présente, évidemment.

    De quoi parlaient-ils ? De la crise, des inégalités, de l’injuste répartition des richesses et des revenus et de l’inadéquation du système, en général. La vérité, c’est sue les Israéliens demandent confusément le retour à cet Etat Providence, essentiellement travailliste qui servit de moule créateur à Israël et dont la vertu plasmatique a amorti, atténué tous les chocs. Il suffisait de se tourner vers l’Etat dès que quelque chose produisait. Cette époque est révolue depuis fort longtemps et la nostalgie qu’elle évoque s’apparente à la volonté de s’en retourner au bon vieux temps..

    Il faut dire que la situation, ou plutôt la mentalité dans ce pays est à nulle autre pareille. Le dire n’est pas un acte d’inimitié, et encore moins d’hostilité.

    En voici quelques exemples : essayez donc de trouver un entrepreneur ou tout corps de métier du bâtiment et vous allez tout comprendre. Impossible d’avoir des prix fixes, des devis valables et surtout de voir les ouvriers arriver le jour dit et d’effectuer les travaux prévus ou de les avoir achevés à l’heure dite. C’est une chose quasi impossible. Et dès que ces gens voient que vous êtes étrangers, et notamment français (l’Euro vaut 5 shékél aujourd’hui), les prix, comme par enchantement, s’envolent.

    Essayez d’équiper une c uisine avec le minimum d’appareils ménagers, vous allez vous retrouver avec des produits de fabrication chinoise qui font long feu… En fait, une quantité de petits faits vous rendent la vie amère voire impossible tant vous devez consacrer de temps pour les résoudre, alors que dans des pays comme la France, ces choses là ‘nont pratiquement aucune importance.

    Je me suis entretenu avec des gens proches de moi, installés ici depuis près d’un demi siècle, des Israéliens attachés à leur pays, prêts à le défendre au prix de leur vie et dont les enfants ont été incorpoés dans les meilleures unités de l’armée, ils m’ont dit que mal ui ronge ce pays est l’avidité, parfois même la cupidité.

    S’enrichir vite et n’importe comment. Et cela se ressent dans de nombreux secteurs, notamment celui du logement et de l’alimentation.

    De l’extérieur, on réalise mal ce que se longer en Israël veut dire ! Les observateurs extérieurs pensent souvent que c’est une façon déguisée de coloniser de nouvelles terres, d’empiéter sur le domaine d’autrui, etc.. En fait, c’est l’exiguité de l’espace et la paucité des terrains qui sont en cause : dès que les jeunes gens songent à se marier, ils se mettent en quête d’une habitation, ce qui représente la chose la plus difficile à accomplir. Ils se plaignent de la voracité des entrepreneurs et des promoteurs immobiliers qui, dans ce pays, détiennent le vrai pouvoir. Je me suis mêmelaissé dire que certains, dans les instances officileles, ne seraient pas insensibles à des prébendes qui mènent tout droit à la corruption.

    Enfin existe-t-il des plans urbanistiques en Israël ? On pourrait en douter. Imaginez que vous achetiez un bel appartement sur le littoral avec vue imprenable sur la mer. Il n’est pas exclu, voire même il est parfaitement prévisible, que vous collera à moins de cinquanate mètres, un autre immeuble encore plus élevé ui vous obstruera la vue. Vous pouvez le constater tous les jours dans les villes côtières de ce pays. Consulté, un avocat m’a dit qu’il suffisait de demander à la mairie les plans d’urbanisme. Mais il a ajouté que la méthode israélienne consiste à vendre tous les terrains et à laisser une partie, la plus proche de l’eau, pour les hôtels… J’ai répliqué : mais que disent les gens qui ont économisé toute leur vie pour avoir un toit au dessus de leurs têtes ? Rien, me répondit ils, car la demande est très forte et les programmes immobiliers ne parviendront jamais à satisfaire la demande..

    Je pourrais multiplier les exemples dans de nombreux secteurs. Nous ne cherchons pas à accabler un petit pays menacé par la guerre et poursuivi par la haine d’implacables voisins qui l’accusent injustement d’avoir spolié leurs frères ; nous ne mettons pas non plus du côté de ses détracteurs. Nous disons simplement que tant de dysfonctionnements doivent cesser et qu’il faut moraliser un certain nombre de pratiques qui sont essentiellement étrangères à l’éthique juive, à l’éthique tout court..

    Les récents développements nous l’ont montré : rien ne justifiait une augmentation si indue du prix du fromage blanc ! Et c’est pourtant ce qui mit le feu aux poudres. Israël arrive à des moments cruciaux de son existence. S’il n y a pas dans les plus brefs délais l’injection d’un minimum de valeurs juives, pourtant essentiellement dans ce pays, il rsique de connaître la pire des défaites, non point militaire, ce qu’à D- ne plaise, mais spirituelle. Les gens ne croiront plus en rien. S’ils ont fait refleurir le désert, ce n’était pas pour que certains s’engraissent considérablement (mashminim mi-bessaram shél ahérim) au détriment du plus grand nombre.

    Le budget de la défense est déjà si considérable et on le comprend. Il faut qu’une réforme fiscale voie le jour et surtout une certaine moralisation des pratiques commerciales et économiques.

    On n’a pas rebâti un Etat d’Israël pour les spéculateurs de toutes sortes. Mais un Etat incarnant les valeurs juives. On doit se le rappeler.

  • Le peuple juif et la souffrance

    Le peuple juif et la souffrance

    Notre Shoah de Amir Gutfreund (II)

    Je poursuis la lecture de ce grand roman qui se veut une approche nouvelle et originale de la Shoah. Je suis arrivé à des pages où l’auteur se livre à des réflexions saisissantes sur le sens de la souffrance et la place qu’elle occupe, hélas, dans l’histoire juive.

    L’auteur raconte comment lui-même et sa petite amie ont décidé de s’affamer pour ressentir ce que ressentirent leurs parents et leurs proches dans le camp de Buchenwald. Les descriptions incroyables ; les deux adolescents ont vraiment entrepris de se priver de nourriture. Ils s’imaginaient en train de ronger les moceaux de bois de leurs lits, ils ne mangeaient que des trognons de pommes, des peaux de banane, ne buvaient qu’au robinet, etc.. Incroyable tentative d’incorporer cette Shoah qui accompagne chaque pas de leurs parents. Je pense surtout à ce grand avocat polonais, spécialiste renommé dans son pays natal mais qui dut, après la Shoah, émigrer en Israël où il ouvrit une petite quincaillerie. Cet homme a développé une théorie intéressante sur la manière de punir les criminels nazis.

    Selon lui, les jugements et les exécutions n’étaient pas adaptés. Il eût fallu enfermer les grands criminels nazis dans les mêmes lieux de détention que leurs anciennes victimes et leur faire vivre les mêmes traitements afin qu’ils puissent subir ce qu’ils firent subir aux autres. Les pages concernées sont très émouvantes car l’auteur , encore très jeune, semble avoir suivi ces échanges avec une exceptionnelle attention. Le peuple juif, souligne t il, aurait bien pu disparaître lors de la période nazie.

    Et cela donne lieu à une vaste réflexion de l’auteur les relations entretenues par les juifs avec la souffrance en général. Pourquoi les juifs ? Et pourquoi Isqraël ? Pourquoi le sort s’est il acharné sur ce peuple au point sue son histoire n’en est pas vraiment une tant elle ressemble plutôt à une martyrologie ?

    On comprend mieux le mur infranchissable qui sépare hermétiquement les enfants de leurs parents, rescapés de la Shoah : les enfants buttent sur un silence obstiné bien que tout dans la vei quotidiennes de leurs géniteurs renvoie indistinctement aux expérience de la Shoah.. D’où la volonté des enfants de s’affamer pour vivre ce que leurs parents et grands parents ont pu endurer.

    Il est vrai que cela n’a aucune commune mesure ce que les Israéliens d’aujourd’hui, dits les indignés de Tel Aviv, prétendent subir. Question d’époqueet aussi de tempérament..

  • Les émeutes en Grande Bretagne

    Les émeutes en Grande Bretagne

    Le Premier Ministre David Cameron, fidèle à lui-même, a bien ragi quoique avec un petit retard qui aurait pu lui être fatale car il risquait de saper la confiance que les Anglais plaçaient en lui afin de redresser son pays

    On se souvient d’un fameux discours de Cameron prononcé à Munich, aux côtés de la chancelière fédérale Angela Merkel. IL y dénonçait le multiculturalisme et somme les groupes ethniques présents sur le sol britannique de s’assimiler et de s’intégrer entièrement. Il y dénonçait aussi vivement le communautarisme. On a eu la réponse des communautés il y a quelques jours. ET elle fut navrante et désastreuse.

    Qu’a dit le Premier Ministre britannique entre les lignes ? Que les émeutiers ne pouvaient pas se réclamer d’un mouvement social ni de revendications de même nature et qu’il y avait entre eux et la communauté britannique, en tant que telle, une différence de culture. En d’autres termes, la majorité des émeutiers, notamment mineurs, provenaient de familles non britanniques, n’ayant jamais pu partager les valeurs britanniques, faute de volonté de s’éduquer et de rejoindre le corps social traditionnel.

    Ce type de discours pourrait avoir, selon certains, des connotations un peu étranges. Mais elles ne me semblent pas avoir animé le discours du Premier Ministre anglais qui ne cherche qu’une chose : redresser son pays et lui donner une cohésion sociale.

    La société anglaise a durant de longues années supporté et accepté les communautarismes au point que des partis d’extrême droite se sont développés et ont menacé de faire de mauvaises manières aux Pakistanais et aux Noirs en général. C’est inadmissible, mais il fallait mieux réfléchir sur cette politique d’immigration qui a permis à des groupes ethniques non européennes de s’installer au cœur même de la capitale et d’y imposer ses mœurs et son mode de vie. Certains se souviennent de certains lieux de culte d’où partaient des prêches enflammés contre l’Occident. David Cameron et son gouvernement ont décidé de lutter contre ce fléau, mais ils ne l’on pas fait avec suffisamment de détermination. A présente, ce sera chose faite puisque notre homme envisage même de recourir à l’armée. D’ailleurs, les signes de fermeté ne manquent pas : les tribunaux siègent sans discontinuer et la télévision dénonce, photos à l’appui, les pilleurs et les fauteurs de trouble.

    Plus généralement, aucun pays d’Europe, abritant en son sein de tels groupes vivant en cercles fermés, n’est à l’bri de telles flambées de violence. Cela pose à nouveau le problème de l’intégration sociale et religieuse.

    Rendez vous compte : en plein cœur des grandes villes britanniques, des groupes d’auto défense qui pratiquent le contrôle au faciès et autres gracieusetés.. C’est inimaginable.

    Tant que l’Europe n’aura pas défini une authentique politique d’intégration et d’insertion, aucun pays ne sera à l’abri. Le ministre frnaçais de l’intérieur, M. Claude Guéant, avait eu le courage et l’intelligence d’en parler dans une tribune libre publiée il quelques semaines par le journal Le Monde. Il y définissait avec générosité les notions d’intégration et d’assimilation. Espérons que son appel sera entendu. Car il ne faut pas oublier les émeutes dans les banlieues françaises. Qui ne remontent pas à si loin. Il est encore temps d’agir au lieu d’avoir à réagir.