Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Vu de la place Victor-Hugo - Page 1019

  • Les syndicats et les grèves : un échec pathétique et cuisant

    Les syndicats et les grèves : un échec pathétique et cuisant

    Les centrales syndicales auraient dû le savoir et en tenir compte : le gouvernement était le dos au mur et ne pouvait guère reculer sans se déjuger de manière ultime. Certains commentateurs sont même allés jusqu’à dire que l’enjeu n’était autre que le… premier tour de l’élection présidentiel de 2012 ! C’est bien possible, mais je n’en sais rien.

    Ce que nous voyons, en revanche, c’est que la sagesse, la pondération et le bon sens ont déserté le camp syndical. Certes, les salariés étaient, comme on dit, remontés contre la réforme des retraites, une réforme, hélas, plus que nécessaire pour sauver, durant un peu de temps encore, le système par répartition. Car, ne nous leurrons point : il faudra y revenir et prendre des mesures encore plus draconiennes, voire passer purement et simplement au système de capitalisation. Et là, on se souviendra avec nostalgie de ce qu’était la doulce France…

    Mis à part les mères de plus de trois enfants et les salariés affectés par une pénibilité aisément reconnue, le gouvernement a bien fait d’imposer son projet. Il a aménagé la loi pour les deux catégories mentionnées ci-dessus : mais il a eu raison d’éviter le retour subreptice des régimes spéciaux honnis et responsables de la situation actuelle : savez vous que certains partent à la retraite (avec un taux plein) à 52 ans !!?

    Il fallait réagir et le gouvernement l’a fait. Au lieu de discuter sérieusement et d’élargir les négociations, la CGT, qui semble renouer avec le jusqu’au-boutisme des Georges Séguy et Henri Krasucki, a voulu foncer droit dans le mur, pensant pouvoir, de cette manière, bloquer la dynamique du gouvernement de Nicolas Sarkozy et préparer l’alternance. Le problème est que la CGT a trouvé à qui parler. Elle aurait dû le savoir bien avant…

    Et aujourd’hui, c’est, au choix, la débandade, ou la désunion syndicale. Les spécialistes du jeu d’échecs vous diront qu’il faut toujours jouer trois coups d’avance, se demander ce qui va bien pouvoir se passer après. La CGT en est à sa huitième journée d’action et songe à en préparer une neuvième.

    Pour le dire en anglais : blind leading the blind

  • Nazisme et diplomatie : le ministère allemand des affaires étrangères a-t-il été une assocication criminelle sous le IIIe Reich ?

    Nazisme et diplomatie : le ministère allemand des affaires étrangères a-t-il été une assocication criminelle sous le IIIe Reich ?

    Comme on a pu le voir en parcourant certains journaux, la publication d’un imposant ouvrage, plus de huit cents pages, sur le comportement des diplomates allemands à l’époque national-socialiste, ne cesse de défrayer la chronique outre-Rhin. Jochka Fischer, alors ministre des affaires étrangères, voulut faire la lumière sur le comportement de la diplomatie allemande sous le IIIe Reich en commandant en 2006 une enquête globale et détaillée à une commission d’historiens indépendants qui purent œuvrer à leur guise et eurent accès aux archives. Cette commission qui vient de publier son rapport aux édition Blessing de Munich comprend quatre historiens dont un israélien, le professeur Moshé Zimmermann de l’Université Hébraïque de Jérusalem. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives de cet imposant travail qui suscite déjà des controverses et même des critiques d’autres historiens.

    Lire la suite

  • La France et la Chine

    La France et la Chine

    Tout le monde se souvient du titre qu’Alain Peyrrefitte avait donné à son livre best seller, reprenant un mot de Napoléon I : quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera.. A elle seule, cette phrase symbolise le rapport ambiguë que notre monde a toujours entretenu avec l’empire du Milieu.

    La visite du président chinois en France est un bon signe, c’est encourageant mais elle contient aussi de nombreuses incertitudes. Il faut tout d’abord se féliciter du réchauffement des relations sino-françaises. Cette réactivation doit sûrement beaucoup à la présence et au talent de Monsieur l’Ambassadeur Jean-David Lévitte dont j’ai bien connu le père Georges Lévitte qui me parlait alors tant de son fils, diplomate à Pékin du temps d’Eteinne Manach.

    Le problème est qu’aujourd’hui, la Chine est bien réveillée : elle n’est plus la Chine d’il y a trois ou quatre décennies. Même les contrats signés ne sont pas unilatéralement en faveur de la France puisque les Chinois exigent de plus en plus de transfert de technologie au point de se substituer très vite à leurs propres concessionnaires : c’est ce qu’on apprend en lisant La Tribune à Paris… Les airbus, les fournitures d’Areva et tant d‘autres choses ne durent que le temps dont la Chine a besoin pour reprendre le dessus et dicter, d’une certaine façon, sa loi commerciale… et politique.

    Ce qui me conduit au second volet, assez important au regard de l’éthique internationale. Je ne plaide pas en faveur d’une religion de l’éthique ni d’un respect scrupuleux des droits de l’homme. Ce n’est pas faute de conviction, c’est par réalisme. On l’a vu pour le Tibet, on le voit pour le tout nouveau prix Nobel de la paix.. La Chine se veut inflecible sur ces sujets là.

    Que faire ? Une si grande puissance devrait comprendre que l’on ne peut pas opprimer éternellement des millions d’êtres humains. Les droits de l‘homme et la démocratie ne sont pas des freins à l‘expansion économique, bien au contraire, ils stimulent et développent cette dernière.

    La diplomatie chinoise doit devenir plus lisible dans ces deux domaines. Mais un pays comme la France est-il en situation de peser ? Même les USA doutent d’eux mêmes face au géant chinois qui leur disputera, dans moins de deux décennies, la parité technologique, voire militaire.

    Encore un défi qu’il faudra relever.