Rompu aux techniques de la communication moderne, adepte des spin doctors (comme on aime à le dire en français) Tony Blair a réussi sa sortie. Généralement, les dirigeants ayant profité d'une grande longévité politique partent sans gloire, poussés dehors par des émules aux dents longues…
Ce ne fut pas le cas pour le plus jeune Premier Minsitre que la Grande Bretagne ait jamais eu. Certains commentateurs s'interrogent sur les uivisme de M. Blair par rapport à Georges W. Bush. On a même souvent écrit que c'est la politique étrangère qui, pour cette raison, fut le point faible de cet homme pourtant surdoué.
Même si toute œuvre humaine est condamnée à demeurer inachevée, les mérites de cet homme sont remarquables. Il a mis un terme à près de dix-huit années de suprématie des Conservateurs, a modernisé son pays et a pu, en imitant à l'échelle humaine la politique de Me Thatcher, conquérir le pouvoir. A son actif il y a , pensons nous, avant tout, la modernisation du New Labour et la marginalisation de l'aide gauche du parti qui pactisait avec les syndicats et développait une réthorique digne d'un autre âge.
Dans ses nouvelles fonctions, Tony Blair qui a même eu droit à un nom commun formé sur son nom de famille, le blairisme, pourra déployer des trésors d'ingéniosité diplomatique afin de rapprocher des parties qui s'opposent au Proche Orient, bien avant qu'il ne vienne lui-même au monde. A preuve que pour les âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années.
Vu de la place Victor-Hugo - Page 1511
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Tony Blair, superstar
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La Turquie et l'Europe
La Turquie et l’Europe
Ainsi, la France s’en tient à ce qui a été dit pendant la campagne électorale : la Turquie ne peut prétendre qu’à un partenariat privilégié avec l’Europe et non point à une adhésion en bonne et due forme. Déjà, certains chapitres ont été retirés de l’ordre du jour, provoquant du côté turc les réactions que l’on devine. Cette attitude de la France, pour courageuse et juste soit-elle, n’est pas sans inconvénients car les autorités turcs commencement, elles aussi, à peser sur certains projets économiques et commerciaux qui semblaient, il y a tout juste quelques semaines, dévolus à la France et qui sont tombés dans l’escarcelle d’autres pays…
On peut comprendre le désappointement, voire le dépit d’un candidat éconduit, mais il serait peut-être temps d’appeler les choses par leur nom et d’expliquer enfin les raisons de ces réticences persistantes. Peut-on entrer de plain pied dans l’Europe sans régler des problèmes comme l’exclusivisme religieux, la stricte égalité des hommes et des femmes, les droits civiques et la démocratie… Et nous laissons de côté la question kurde, le problème des Arméniens, Chypre etc…
Par ailleurs, on commettrait une grand erreur en oubliant que depuis des siècles, la Turquie, héritière de l’empire ottoman, est une grande nation, qu’elle avait jadis accueilli les juifs expulsés de la péninsule ibérique avec une grande générosité, qu’elle avait mis pied une administration efficace et s’était donnée une armée modernisée, pour l époque. Pendant les décennies de la guerre froide, elle a joué un rôle de premier ordre avec une armée de près d’un million d’hommes et des stations d’écoute postées aux frontières de l’ancienne URSS. Sans méconnaître les grands efforts déployés par les autorités turques, il convient d’aborder les problèmes en suspens en expliquant que l’Europe n’est pas seulement un continent mais aussi et surtout une culture et un système de valeurs…
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Vers une nouvelle guerre au Liban?
Le dernie attentat perpétré contre les soldats espagnols de la force internationale chargée de faire respecter le cessez le feu entre Israël et le Hezbollah est certainement un point tournant: c'est la première fois qu'un tel acte est commis contre les soldats de la paix. La quantité d'explosifs et le nombre de victimes -six jeunes soldats âgés de moins de 21 ans- montrent que l'intention était bien de tuer et de montrer que les forces d'interposition ne sont pas les bienvenues dans le sud du Liban…
Il est trop tôt pour se prononcer sur l"identité des meurtiers et les objectifs poursuivis par leurs commanditaires, même si ce ne sont sûrement pas les forces éprises de paix et de stabilité dans la région qui se trouvent derrière cet acte abominable qui a des airs de déjà vu.
On dit que les Etat sont des monstres froids et qu'il est difficle de faire lâcher prise à des régimes autoritaires qui s'estiment menacés ou injustement traités lorsque les instances internationales les ramènent à leurs véritables dimensions. C'est peut-être sur ce point qu'il faudra faire peser les efforts des diplomates, avant de donner la parole aux militaires: il est important de prendre langue avec certaines puissances directement intéressées -pour ne pas dire impliquées- dans le bourbier libanais. Si l'on dresse une liste de derniers attenttats, on se rend compte qu'ils visent tous un même objectif: la stabilité et la sécurité du Liban ne seront garanties que lorsque des gages seront donnés à certains pays.
Une leçon à méditer: lorsque la décision fut prise d'envahir l'Irak, Donald Rumsfeld se déplaça pour rencontrer le plus grand orientaliste américano-britanique vivant afin de recueillir son avis et savoir quelle conduite à tenir sur place, une fois le pays conquis; le professeur répondit exactement en ces termes: get tough ou get out (ou vous frappez un grand coup ou vous restez chez vous…