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Vu de la place Victor-Hugo - Page 1000

  • une veille de Noël qui tombe une veille de chabbat : syncrétisme ou retrouvailles ?

    une veille de Noël qui tombe une veille de chabbat : syncrétisme ou retrouvailles ?

    Quand la fête est célébrée par l’immense majorité d’une population dans un pays donné (Pourim ou Pessah en Israël, le Ramadan dans un pays arabe, Noël, en l’occurrence, dans les pays de tradition judéo-chrétienne), la minorité ethnique ou religieuse vivant dans ces pays qui vénèrent une tradition qui n’est pas la sienne, est touchée par l’ambiance de fête. Elle a deux attitudes à sa disposition : soit, elle se ferme hermétiquement à toute influence –et c’est généralement ce qui se passe au début- soit elle favorise un phénomène de capillarité, permettant à certains éléments de venir jusqu’à elle.

    C’est ce que j’ai vécu ce vendredi soir, veille de Noël dans une famille juive de l’ouest parisien.

    A l’arrivée, les coupes à champagne sont déjà disposées sur la table basse. Et lorsque les derniers convives sont là, on boit le précieux liquide à bulles, symbole irremplaçable de la fête. On se lève pour se mettre à table. Je me demande alors ce qui va se passer : va-t-on honorer le chabbat ou festoyer uniquement à l’occasion de Noël qui est, je le rappelle, la fête de la Nativité, en bon français la naissance du divin enfant, comme le dit la théologie catholique… Alors, avec le chabbat…

    Eh bien, à mon grand soulagement, le père de famille distribue des kippot aux hommes et entonnent le kiddouch. Je pousse discrètement un soupir de soulagement. Le vin du kiddouch est estampillé cacher, c’est bien, et sitôt le dernier convive servi, on entonne les deux prières du lavage des mains et du partage du pain…

    Après cette entrée en matière typiquement juive et religieuse, on passe presque imperceptiblement à une sorte syncrétisme culinaire qui m’avait déjà frappé les années précédentes lorsque je constatais, grâce à mes anciennes fonctions communautaires, une consommation anormalement élevée de foie gras dans les boucheries cachers…

    La maîtresse de maison demande alors si on veut bien un peu de potage ou si l’on préfère passer directement au foi gras… Or, il est rare de consommer ce mets de fête un chabbat, sauf si l’on a un événement particulier à commémorer… En tout état de cause, le foi gras est cacher et succulent. Mais subrepticement, la bouteille de vin cacher est enlevée et remplacée par ce magnifique champagne du début…… Tiens, c’est Noël qui reprend le dessus.

    Quelle est la suite ? Je vois arriver sur la table un imposant chapon (cacher) farci, avec, sur les côtés, des marrons. La chair de ce bel animal est assez fade mais je dois dire que ma tête est ailleurs, car j’analyse ce curieux syncrétisme qui est de nature hautement gastronomique au lieu d’être théologique… On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

    D’un naturel un peu inquiet, je me demande si nous allons avoir droit à une bûche ou à une tarte de chez Lenôtre qui comportera du beurre, alors que nous avons consommé un plat de viande… Eh bien, non ! La bonne surprise est venue des sorbets de ce même grand traiteur parisien.

    Tout s’est bien passé puisque le repas terminé, le maître de maison, élevé dans le respect de la tradition, récite à haute voix l’action de grâce (birkat ha-mazone).

    N’étant pas spécialiste de sociologie religieuse mais de philosophie, j’essaie de voir comment les choses se sont enchâssées les unes dans les autres : une famille juive traditionnelle a tenté de vivre son chabbat hebdomadaire sans se couper radicalement du monde dans lequel elle baigne. Au fond, ce fut probablement la réaction, somme toute naturelle, des premiers chrétiens, tous issus de l’Eglise strictement juive, face au monde gréco-latin du paganisme. Le problème est que c’est le pagano-christianisme qui prit le dessus sur le judéo-christianisme.

    La soirée d’hier a, dans son genre, tenté d’inverser la tendance.

  • les télévisions arabes (al-Djazira et al-Arabiya) et l’information sur le proche orient

    les télévisions arabes (al-Djazira et al-Arabiya) et l’information sur le proche orient

     

    Je souhaitais parler de ces deux organes de presse destinés presque exclusivement au monde arabo-musulman. Je les regarde presque chaque jour en faisant du sport, car les vidéos dont sont dotées les machines nous permettent de regardent des centaines de chaînes tout en nous entraînant. Et aussi parce que cela me permet d’entretenir mon arabe que je ne pratique avec personne d’autre.

    Et ce qui me frappe, c’est le sempiternel retour sur les Palestiniens et le conflit israélo-palestinien. Il n’est pas un jour, pas un seul que Dieu crée, qui ne consacre autant de temps à ce conflit : le moindre jet de pierre, le moindre obus tiré contre le sud d’Israël, la moindre déclaration arabe (notamment de leaders extrémistes), trouvent dans ces deux télévisions un large écho. Savez vous, par exemple, que lorsque les journalistes arabes envoient des reportages depuis Jérusalem, la capitale de l’Etat d’Israël, ils conluent toujours en disant : ici, le nom du journaliste, qui vous parle depuis al-Qods al-muhtallah depuis la Jérusalem occupée…

    Hier, c’était le chef du Hamas à Damas qui clamait ses convictions, toujours les mêmes, parlant devant les télévisions comme devant un meeting, réclamant la lutte armée, revendiquant l’intégralité de la terre arabe (sic) avec pour capitale, al-Qods… On se croirait en 1950…

    Est ce que vous imaginez ce que ressentent les auditeurs de ces télévisions qui ne regardent que ce canal d’informations et rien d’autre ? Qui vivent donc en vase clos, en proie à leurs fantasmes et à leur frustrations ? Imaginez les montagnes de haine et de ressentiment accumulés, année après année, comment voulez vous parvenir à la paix, non point avec des dirigeants qui ne représentent qu’eux mêmes, mais avec les populations, constamment soumises à ce matraquage ?

    Et je ne parle même pas des reportages sur Gaza : on oublie d’y dire qui lui fournit l’eau, l’électricité, les centraux téléphoniques, le numéraire, les médicaments et la nourriture … De cela on ne parle jamais. Quel est le pays souverain qui accepterait sans bouger qu’une partie de son territoire soit périodiquement bombardée ? Aucun, il n’en existe pas.

    On avait cru, à la naissance de ces deux télévisions, qu’elles ouvriraient le monde arabo-musulman sur le reste de l’univers, qu’elles orienteraient leurs auditeurs sur la voie du progrès et de l’ouverture. Qu’elles promouvraient le dialogue des cultures et aussi interreligieux. Et que voyons nous ? Ce que je viens de vous dire.

    Pas un mot de compassion avec les chrétiens d’Orient qui étaient là, sur place, plus d’un demi millénaire avant d’autres religions… Aujourd’hui, les églises de rite syro-chaldéennes ne peuvent même plus fêter Noël dignement, sans sapin, sans messe de minuit, sans rien. Souvenez vous de ce qui est arrivé aux Coptes l’année dernière au Caire, au sortir de la messe de minuit…

    Mais ne terminons pas l’année sur un constat d’échec : espérons qu’une minorité d’intellectuels ou d’hommes de bonne volonté, émergeront un jour pour instiller un nouvel esprit… Et surtout pour diffuser un message d’amour et de compréhension. Un message bannissant la haine.

  • SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE SUISSE l'attenttat contre l'ambassade de Suisse à Rome

    SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE SUISSE l'attenttat contre l'ambassade de Suisse à Rome

    Oui, il convient de s’associer au grand élan de solidarité mondiale après le lâche attentat dont l’ambassade suisse à Rome vient d’être victime. Et qui va probablement coûter cher à l’un des employés qui eut la malchance de manipuler le colis piégé.

    Cet acte abject montre une fois de plus que nous sommes entrés dans une guerre ouverte mondiale, quoique non déclarée et qui fait des ravages. La chancelière allemande, Madame Angela Merkel, a eu le courage de le reconnaître en disant : oui, l’Allemagne est en guerre. La France, aussi, les Occidentaux, tous les Occidentaux le sont, et notamment contre le terrorisme islamiste, al-Quaida et ses alliés dans le monde.

    Personne n’aurait pu prévoir que la Suisse, pays neutre et abritant dans sa ville la plus connue, Genève, les instances internationales, ferait l’objet d’un tel attentat. On signale la piste des anarchistes qui est probablement la bonne, mais il ne faut pas oublier ceux qui, de Bagdad à Kaboul, en passant par le Maghreb, entretiennent en ce monde un état d’insécurité quasi-permanent.

    En tout état de cause, il est grave qu’un pays comme la Suisse, jadis entièrement épargné, soit aujourd’hui menacé et attaqué. Nous devons exprimer notre solidarité avec son peuple et son gouvernement.