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Vu de la place Victor-Hugo - Page 1031

  • Qu’est-ce que la kabbale ?

    CONFERENCE A LA MAIRIE DU XVIE ARRONISSEMENT DE PARIS

    Jeudi 7 octobre

    Introduction : qu’est-ce que la kabbale ? Comment devient-on kabbaliste ?

    Qu’est-ce que la kabbale ?

    Une mystique intégrale ? Un courant ésotérique ?  Ou simplement un recueil de traditions, une collection de midrashim comme il en existe tant, mais que l’on a opportunément rehaussés d’un incontestable saveur mystique ? Pourtant, quelle que soit la réponse à cette question, une autre reste posée : D’où peut bien provenir cette inspiration mystique dont se réclament les kabbalistes ? Généralement du prophète Elie, un visionnaire dont la Bible n’a conservé aucun oracle écrit et dont les révélations doivent être transmises oralement de maître à disciple… Dans un texte manuscrit édité par Gershom Scholem, un kabbaliste insiste sur l’extrême subtilité de ces sujets et sur l’impossibilité de les consigner par écrit. Ils doivent, conclut-il, être reçus de bouche à oreille (d’une bouche s’adressant à une autre bouche : tsarikh shé-yequbbal péh el péh).[1] On peut dire que la communication mystique exige au préalable une communion des êtres. Le discours mystique jaillit du fond de l’âme humaine mais pour le vivre vraiment, il faut qu’il soit déjà présent au plus profond de soi-même.

    Sans qu’il soit permis de poser la moindre question. C’est bien ce que nous apprend dans ses mémoires (De Berlin à Jérusalem) le fondateur des études kabbalistiques de Jérusalem, Gershom Scholem, qui relate qu’avant d’être reçu dans un cénacle de kabbalistes dans la cité du roi David, on lui rappela sèchement l’unique condition à son admission dans ce cercle très fermé : écouter sans poser de questions ! Mais des questions sur la kabbale, Scholem s’en posera pendant près de soixante années d’un inlassable labeur…

    Les kabbalistes recouraient à différentes sources d’inspiration. Outre le prophète Elie sus nommé, il y avait différents moyens, comme le sommeil nocturne au cours duquel, selon une vieille légende talmudique, l’âme effectue une ascension céleste. Elle entre alors en relation avec de vénérables autorités religieuses défuntes qui l’instruisent des secrets de la Tora. Ce tréfonds de l’âme, ce moi profond peut se révéler un excellent vecteur pour communiquer avec des puissances surnaturelles. Et c’est cette relation qui garantit au kabbaliste l’authenticité de son inspiration. A en croire certains sources kabbalistiques, tel fut bien le cas du fondateur de la kabbale lourianique : chaque nuit, lisons nous dans un témoignage contemporain, l’âme du AR’I (Ashkénazi rabbi Isaac = Louria) montait au ciel et les anges du service la conduisaient aussitôt vers l’académie céleste. Les anges lui demandaient à quelle académie elle voulait aller : parfois elle jetait son dévolu sur celle de rabbi Siméon ben Yochaï, parfois sur celle de rabbi Aqiba ou sur celle d’un prophète. Et au réveil, Louria exposait aux sages ce qu’on lui avait confié durant la nuit.[2]

    Les anciens kabbalistes préconisaient aussi une autre méthode qui pourrait surprendre quelque peu : les larmes ! Il était recommandé de se lever après minuit et de fondre en larmes car les pleurs favorisent, selon eux, une abondante inspiration mystique.

    Parfois aussi, le mystique bénéficie d’une véritable illumination, il est soudain entouré d’un halo de lumière durant son étude. Le fait est attesté maintes fois dans la littérature zoharique. Mais c’est encore Louria qui en est ici aussi le bénéficiaire principal : même si j’avais étudié pendant quatre-vingts ans d’affilée, je ne serais pas parvenu à vous communiquer ce que j’ai appris durant cet instant où la lumière m’a entouré de toutes parts… Louria poursuivait en ces termes : les sages d’Espagne me prièrent de rédiger un ouvrage sur ces révélations durant cette extase mystique. Même si tous les océans se transformaient en encre, tous les roseaux de la terre en calames et tous les firmaments en parchemins, ils ne suffiraient pas pour vous exposer ce que j’ai alors appris. Et lorsque je me mets à exposer un tant soit peu de cette science mystique, je suis littéralement submergé de lumière au point de ne pas pouvoir porsuivre… Je dois alors trouver un petit subterfuge pour vous communiquer ce que je sais par un tout petit canal afin que vous ne soyez pas comme le nourrisson qui s’étrangle en raison d’un trop plein de lait qui afflue dans sa gorge… C’est dire !

    Enfin, une autre méthode consistait à écouter une voix intérieure, appelée magguid, (en hébreu un récitant), quelqu’un qui vous parle et vous confie des choses excogitées (si je puis dire) par votre moi profond… Le plus célèbre magguid fut celui du rabbin et codificateur religieux Joseph Caro qui faisait aussi partie des kabbalistes de Safed. Il nous a laissé un recueil des communications surnaturelles de ce magguid qui se manifestait lorsqu’il étudiait la mishna (partie législative du talmud) alors que pour d’autres, le magguid ne se manifestait que durant l’étude du Zohar.

    Une autre question se pose : pouvait-on commenter les traditions mystiques reçues ou était-il instamment recommandé de n’y rien ajouter et de n’en rien retrancher ? Les deux options sont représentées au cours de l’histoire ; mais le simple survol d’une liste de commentaires du Zohar, véritable Bible de la kabbale, montre que la veine des kabbalistes ne s’est jamais vraiment tarie…

    Au fond, cette littérature exégétique d’un type assez particulier qu’on nomme kabbale ou mystique juive, tente, comme dans les autres religions monothéistes (christianisme et islam) de rendre compte, à sa façon, de la divinité, de la question du monde (émanation ou création ?) et de la destination de l’homme. Mais c’est bien Dieu et le mystère de la foi (en araméen raza de-méhémnouta) qui occupent la place centrale, tous les autres thèmes traités n’en sont que des ramifications. Et pour apporter des réponses à toutes ces questions, la kabbale s’écarte des voies de la philosophie à laquelle elle s’était, dès l’origine, fortement opposée, mais qu’elle tentera aussi, plus tardivement, d’assimiler en la repensant dans un esprit conforme au sien.

    Définir l’essence de la kabbale est chose relativement aisée mais nécessite, parallèlement, la mobilisation d’un vaste spectre d’interprétations et de conceptions qui n’en faisaient pas vraiment partie à l’origine et qui ne s’y sont greffées qu’au cours d’une longue évolution. Le symbolisme de l’exégèse kabbalistique de la Bible a inspiré tant de gens qui voulurent y puiser la justification de leurs propres idées ; ainsi, par exemple, des kabbalistes chrétiens[3], des Francs-maçons et des adeptes de l’alchimie : peu importait que cette dernière fût vraiment matérielle et vouée à la transmutation des métaux, ou, au contraire, spirituelle et soucieuse de sublimer les passions humaines… Car avant de devenir une theologia mystica, la littérature kabbalistique fut d’abord une receptio symbolica.

    Gershom Scholem, déjà cité supra, a décrit le grand étonnement du Moyen Age chrétien en voyant apparaître cette stupéfiante floraison mystique dans un judaïsme considéré comme une survivance du passé, un vieux tronc desséché dont la sève avait été captée par le nouveau rameau chrétien. Cette fécondité, aussi vigoureuse qu’inattendue, prouvait que le judaïsme pouvait encore abriter en son sein une riche vie intérieure et dépasser le cadre étroit du sens littéral. La phrase qui, aux yeux des chrétiens de l’époque, caractérisait le plus souvent -mais pas forcément le plus justement- le judaïsme médiéval, s’énonçait ainsi : sensus judaicus sensus carnalis (le sens juif est le sens charnel). Partant, pas d’allégories, ni de formes figurées ni même de simples symboles chez les juifs. Rien qu’une doctrine sclérosée, pétrifiée, exclusivement centrée autour d’une pratique mécanique des préceptes divins que l’Eglise avait, pour sa part, entièrement allégorisés et vidés de leur contenu. En somme, le judaïsme devenait une pure orthopraxie, incapable de générer la moindre pensée mystique. Or, celle-ci finit par naître ou ressurgir et prit le nom de kabbala, la tradition authentique.

    Cet arrière-plan de polémique chrétienne a incontestablement pesé de tout son poids sur le développement de la doctrine ésotérique chez les juifs. Avant cette période médiévale où les exégètes chrétiens se grisaient de mystères et d’allégories, pour justement s’écarter du sens obvie des Ecritures et s’affranchir ainsi de la Loi, le judaïsme n’avait encore jamais utilisé autant de termes pour désigner ce qui est caché, mystérieux et occulte, comme cette nouvelle littérature mystique allait le faire en hébreu ou en araméen. N’était-ce pas là une réponse indirecte aux reproches des théologiens chrétiens qui se grisaient de mystères là où les juifs semblaient incapables de transcender le sens littéral des Ecritures ? Cette propension nouvelle devient littéralement jubilatoire sous la plume de Moïse de Léon, l’auteur de la partie principale du Zohar, qui s’y réfère sans cesse dans ses exégèses. Cette terminologie exégétique pour l’occulte et le mystérieux est très diversifiée : satoum (fermé), hatoum (scellé), néélam (occulte), ganouz (enfoui), amok (profond), tamir (caché), tseniout (occultation), sod (secret), raza[4] (mysère). Signalons aussi ce syntagme araméen qui connut un vif succès et eut des équivalents en latin et en arabe : raza de-razin, le secret des secrets, secretum secretorum, et en arabe sar al-asrar… Pour désigner le couple antithétique exotérique / ésotérique, la tradition juive utilise les termes suivants niglé / nistar. Et pour caractériser l’ésotérisme en général on dit torat ha-sod ou torat ha-nistar. Ou tout simplement, hochmat ha-kabbala : la doctrine kabbalistique

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  • LA France DE NOUVEAU EN GRÈVE

    LA France DE NOUVEAU EN GRÈVE

    En fait, la situation ne se tend qu’en apparence. Les syndicats sont leur va tout et risquent gros. Car le gouvernement ne fléchira pas et leur défaite risque d’être retentissante. Ce qui est déplorable, c’est, de nouveau, le blocage de la société française. Il y a une tradition, hélas, historique dans ce pays, de contestation, de refus de l’évolution et d’affirmation hautaine de soi : du genre, nous, en France, on sait faire, on comprend mieux que tous les autres, que tous nos voisins qui ont mis de l’ordre de leurs finances, etc..

    Demandez donc à un gréviste ce qu’il entend par découplage entre la France et l’Allemagne, ou peut-être devrait-on dire décrochage. Si l’Allemagne fait un grand pas en avant, réduisant son chômage, jugulant ses déficits tandis que nous, nous sombrons de notre côté dans ces deux cas, que fera la France ? Comment parlera-t-elle à l’Allemagne et l’Angleterre ? Reviendra-t-elle au niveau de l’Espagne ou de l’Italie ?

    Il faut savoir que ces syndicalistes qui poussent à la roue, toujours plus de radicalisation, plus d’extrémisme, plus de jusqu’auboutisme ne voient pas plu loin que le bout de leur nez. Ils ne comprennent pas que les retraites ne peuvent plus être financés, qu’on ne peut pas vivre au)dessus de ses moyens ni à crédit tout le temps, et qu’un jour ou l’autre il fait payer la note.

    Savent ils que chaque jour la France emprunte sur les marchés financiers pour pouvoir payer ses fonctionnaires ? Que se passerait-il si les agences de notation dégradaient la capacité financière de ce pays ?

    Toutes ces questions, pourtant graves, n’effleurent pas l’esprit des Charbonnier, des Carpentier etc..

    Et quand ils veulent enfin se pencher sur tout cela, savez vous ce qu’ils répondent ? Faites payer le riches ! Mais les riches, comme ils disent,d ‘un clci peuvent déplacer leurs sièges sociaux sous d’autres cieux plus cléments fiscalement…

    Bref, c’est le blocage complet : qui dénouera cette situation ? Je ne sais. Ce que je sais, c’est que l’histoire ne se répète jamais. Ceux qui croient refaire le coup asséné à Alain Juppé en 1995 se trompe d’époque. Ce n’est plus Jacques Chirac qui est à l’Elysée.

  • Jérôme Kerviel, l’homme le plus endette au monde

    Jérôme Kerviel, l’homme le plus endette au monde

     

    Depuis hier midi, la France détient un nouveau record, elle abrite l’homme le plus endetté au monde. Et ce par une décision de justice que l’on a du mal à comprendre, même si l’on ne songe pas à la contester.

    Les faits ne requièrent pas d’être rappelés : un homme, trader de son état à la banque Société Générale, engage, sans prévenir sa hiérarchie (à ce qu’on dit) des milliards et des milliards d’Euros ou de dollars. Et lorsque la banque sort de sa torpeur, il a hélas englouti 5 milliards de perte (vous avez bien lu ; 5. 000 000 000).

    L’affaire fait grand bruit et menace même de tourner à la crise de régime. Le chef de l’Etat, furieux d’avoir été tenu à l’écart, n’aura de cesse de réclamer et d’obtenir la démission du président de la Société Générale. S’ensuit un long procès où les deux parties campent sur leurs positions respectives : la défense plaide la complicité ou au moins la complaisance de l’établissement bancaire, l’accusation ou la partie civile clame son innocence et accuse le trader d’avoir agi à son insu, dans son dos, pire d’avoir tout fait pour maquiller ses actes illégaux.

    Mais ce n’est pas le plus important : ce qui retient ce matin l’attention de la presse nationale et mondiale, c’est l’énoncé du verdict : 5 ans de prison dont trois ferme et 4. 900 000 000 d’€ à rembourser. De mémoire d’homme aucun tribunal n’a jamais prononcé pareille peine, quand on sait que M. Kerviel perçoit depuis son départ de la S.G. 2300-€ mensuellement.

    Alors, comment comprendre ou interpréter ce jugement ? A première vue, les juges ont voulu rappeler l’intangibilité des principes : quand vous avez spolié quelqu’un, quand vous lui avez occasionné une perte sèche, vous êtes en droit de réclamer la restitution, le remboursement de toute, TOUTE la somme dissipée. C’est un principe intangible.. Mais cela reste un principe.

    Le doit romain, le père de tous els droits (puisqu’il les a tous pillés !) énonce ceci ; fiat justicia pereat mundus : Que la justice soit, le monde dût-il en périr !

    En effet, on a calculé qu’il faudrait plusieurs vies humaines pour rembourser une telle somme.

    Qui a dit que les juristes étaient des gens qui n’avaient pas d’humour ?