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Vu de la place Victor-Hugo - Page 571

  • Au Front National Le Pen contre Le Pen?

    Au Front National, Le Pen contre Le Pen ?

    Ce qui se passe encore aujourd’hui au Front National est une sorte de phénomène de nature météorologique dont la survenue est incontournable : l’ancien contre le nouveau, les idées reçues contre les promesse de l’avenir. En d’autres termes, le vieux leader, agacé par une mise à l’écart progressive mais ferme, a fini par ruer dans les brancards et se livrer à son passe-temps favori : le calembour douteux, même si dans certains cas, et seulement certains, il ne faut pas lui prêter de noires arrière-pensées qu’il n’a pas… toujours.

    Une phrase en guise d’introduction mais aussi pour être bien clair : ce qui m’inquiète dans ce parti, ce n’est pas vraiment ce qu’il est car comme tous ses frères jumeaux il s’adapte et sa nature est plutôt fuyante. Non, ce qui me préoccupe, c’est que les Français dans une proportion croissante et face à l’incurie et à l’impéritie des autres forces politiques, lui accordent leurs suffrages. Il est stupide de prétendre que la France est devenue fasciste ou d’extrême droite à 25% !!  Ce qui est vrai, c’est que de vastes secteurs du corps électoral ne font plus confiance aux partis traditionnels qui ne se sont pas renouvelés et n’ont pas apporté de réponse convaincante  à deux problèmes qui semblent cristalliser la crainte et les phantasmes de nos concitoyens : l’immigration et le chômage. Oserai-je ajouter que pour ces mêmes électeurs, dans immigration il faut ajouter insécurité, que cela soit fondé ou non…

    Qu’a dit le président fondateur du FN ? Il s’est insurgé contre ceux qui clament urbi et orbi leur opposition à son parti et, pour ce faire, il a utilisé une métaphore, en soi inoffensive, mais dont l’arrière-plan politico-historique est des plus sensibles.. Et qui rappelle cette terrible petite phrase qui a sans doute mis fin à sa carrière politique en le stigmatisant à tout jamais, le fameux détail de la seconde guerre mondiale. On peut dire, sans mauvais jeu de mots que ce détail est de taille et qu’il a fait une nouvelle victime, Le Pen père en personne.

    Voilà un homme qui est largement octogénaire, qui semble assez diminué  par rapport aux années précédentes, qui ne fréquente pratiquement plus les plateaux de télévisions ni les studios des radios et qui trouve le moyen de se rappeler à notre mauvais souvenir en émettant publiquement des appréciations aux conséquences dévastatrices pour lui-même… Est-ce une dégénérescence nerveuse ? Sont-ce les prodromes d’une sénilité prochaine ? Toujours est il que la jeune garde qui l’a évincé en est aujourd’hui à réclamer son départ. D’autres hommes politiques ont même proposé sa déchéance du parlement européen… C’est dire les conséquences incalculables d’un mot dont le chef vieillissant aurait pu s’abstenir s’il avait encore le sens des réalités.

    Que va t il se passer à présente ? Au train om vont les choses, et eu égard à l’incroyable capacité de nos sociétés à digérer tout ce qui survient dans le monde, ce nouvel écart de langage sera vite oublié et surtout il ne freinera pas l’inexorable progression électorale du F.N. En revanche, cela aura servi de révélateur : Marine Le Pen aura compris de la manière la plus claire que son père est désormais un obstacle à écarter d’urgence si elle veut progresser. Toute la jeune garde entourant la président du FN a condamné cette sortie verbale. Quant aux Français, ils continueront à voter dans le même sens car ce qui se passe ne répond toujours pas à leur attente : moins d’impôts, moins de chômage, moins d’insécurité et moins d’immigration.

    C’est peut-être injustifié mais c’est ainsi : on ne peut pas dissoudre le peuple car c’est lui qui a le dernier mot.

  • Egypye, enterrement de la démocratie

    Egypte, l’enterrement de la démocratie… sans tambour ni trompette

    C’est fait, l’Egypte a un nouveau président ou un nouveau pharaon, car si son élection rappelle celle des anciens membres de la nomenlkatura soviétique, ses propres déclarations laissent mal augurer de la suite. En effet, si je résume les propos du nouvel élu rapportés par la presse,  le maréchal-président a dit good-bye à la démocratie, renvoyée, c’est le cas de le dire, ad calendas graecas : au moins vingt-cinq ans, a dit le nouvel élu.

    On peut en tirer de nombreux enseignements. Et en tout premier lieu un constat : tous les peuples, en fonction justement de leur culture et de leur évolution politique, ne peuvent pas prétendre à une part d’adhésion égale aux idéaux démocratiques.. Durant de longues années, une idéologie de gauche a empêché les gens de faire ce constat publiquement au risque d’être traité de réactionnaire. Je me souviens d’un séjour du regretté Philippe Séguin en Tunisie, pays où l’ancien ministre avait vu le jour. Il avait alors dit que le régime jadis en place avait raison de ne pas accorder toutes les libertés généralement en vigueur dans les démocraties occidentales. Il avait alors plaidé pour une adaptation locale des choses. Cette prise de position lui valut de sérieuses prises à parti dès son retour en France. Pourtant, il avait raison.

    Voulez vous d’autres exemples ? Regardez les élections présidentielles en Syrie et en Algérie ! L’Egypte n’a fait que leur emboîter le pas. Regardez ce qui se passe en Libye où la partition menace et où la Cyrénaïque vit sa vie sans se soucier de ce qui se passe ailleurs dans le pays…

    Mais la question qui se pose est la suivante : que devons faire avec l’Egypte ? Quelle attitude adopter à son égard ? Il faut tenir compte de la valeur et du poids stratégiques de ce pays, le plus important du monde arabo-musulman. Et là encore les USA se trompent en malmenant le pouvoir actuel et en ayant parlé de coup d’état militaire contre Mohammed Morsi. Les Egyptiens l’ont très mal vécu. Ils se sont alors tournés vers d’autres alliés des USA, les plus arriérés, les plus conservateurs, l’Arabie Saoudite, mais aussi les plus riches qui leur ont généreusement accordé leur aide en milliards de dollars.

    Pour la stabilité et la paix dans la région, l’apport de l’Egypte n’est pas crucial, il est vital. Tant que le pays du Nil se range du côté de la paix et de la stabilité, il n y a pas d’inquiétude à se faire, mais si la situation venait à changer, le pire serait à craindre. Il nous faut ménager le régime actuel, travailler avec lui et l’aider à surmonter ses difficultés.

    Le seul problème et il est de taille est le risque d’instabilité intérieure. Le président Al-Sissi a lancé une lutte à mort contre les Frères musulmans qu’il accuse, à tort ou à raison, d’avoir cherché à l’assassiner. Et depuis des mois, on constate de nombreux attentats contre les forces de l’ordre.

    Pourquoi donc le peuple d’Egypte a t il accordé sa confiance à un parti islamiste dès que la liberté de s’exprimer lui fut donnée ? C’est tout le problème. Et le maréchal-président l’a très compris.

  • Au centre de notre vie; le ballon rond ou la prière?

    Que trouve-t-on au centre de notre vie, le ballon rond ou la prière ?

    L’approche de l’été, la commémoration du Débarquement, l’imminence de la coupe du monde du football et la belle prière des trois grands monothéismes au Vatican nous permettent de nous interroger sur la marche de notre monde et le sens qu’il entend donner à notre vie : où allons nous ? Que faisons nous ? Qui contrôle ce qui se passe, ou devrais-je dire, ce que nous faisons, si cela a encore du sens…

    Au cours des trois derniers jours, on a l’impression d’avoir vécu une parenthèse savamment orchestrée et subtilement mise en scène : une noble dame, plus très jeunes, avançant à petits pas dans les rues de Paris ou prononçant un savoureux discours dans la langue de Molière alors qu’elle avait dit ses tout premiers mots dans la langue de Shakespeare, des vétérans de la dernière guerre évoquant leurs souvenirs d’une voix chevrotante, et dès demain le brusque retour à la retour, sans amortisseur ni remède anti-choc : ai je besoin d’en donner la liste détaillée ? Non point.

    Ce qui m’a incité à partager avec vous ses sombres considérations, n’est autre que le constat suivant : la grande disparité de traitement, à la télévision et à la radio, entre l’absence de deux joueurs français à la coupe du monde de football, et la grande prière qui aura lieu au Vatican ce soir ! On a certes parlé de cette rencontre au grand caractère spirituel mais les minutes qui lui sont consacrées sont sans commune mesure avec les heures cumulées des reportages portant sur des hommes dont l’unique mérite est de marquer des buts sur un terrain de foot et que le vide sidéral de notre vie morale et culturelle a propulsé vers les sommets : quels sont les idoles des jeunes, de nos enfants, aujourd’hui ? Ce ne sont ni Spinoza, ni Levinas, ni Sartre, ni Heidegger ni Socrate, ni même Platon, mais des gens qu’une ancienne ministre de la jeunesse et des sports avait jadis justement qualifiés de «caïds immatures des cités…» Il n’est pas exagéré de parler d’une véritable déchéance morale .

    Comment expliquer cette désaffection de la jeunesse pour les vraies valeurs ? Comment en parler sans ennuyer, sans passer pour un ringard, un pisse-vinaigre (pardon pour cet égard de langage, faute d’équivalent à la charge évocatrice comparable), un décalé, un paumé ? On ne peut pas rejeter la faute exclusivement sur la presse même si sa responsabilité dans cette affaire est très lourde. En fait, c’est une crise civilisationnelle contre laquelle les armes de la religion, de la philosophie et de la littérature s’avèrent impuissantes.  Quelle est la personne aujourd’hui que vous pourriez citer en exemple à vos enfants et qui ne soit ni un acteur, ni un sportif, ni une danseuse ? Regardez comment ces gens qui gagnent des millions et souvent s’expatrient afin de ne pas payer d’impôts, s’expriment à la télévision ? Et pourtant ce sont eux qui toujours font recette…

    Je comprends fort bien que les gens aient besoin de s’amuser et de se détendre. On ne peut pas s’abîmer constamment dans le travail, la recherche et la méditation. Mais il faut un équilibre que nous avons perdu depuis longtemps. Cela ne sert à rien de stigmatiser cette course désordonnée vers le bonheur économique et matériel alors que les chômeurs se comptent par millions et que des ministres, français notamment, parlent de réduire ou de supprimer certaines aides et minima sociaux… La crise économique a dégénéré en crise morale. C’est la une chose bien plus grave. Plus personne ne croit en la politique ni aux politiques, pourtant dans la vie d’aujourd’hui, ce sont eux qui déterminent tout. C’est-à-dire notre vie quotidienne.

    J’ignore la bonne solution, je crois, cependant, que l’ancien moule s’est brisé, qu’il faut réfléchir autrement et songer à des solutions absolument nouvelles. De plus en plus de gens vont passer du régime actif à celui de la retraite, tout en étant en bonne santé et en regorgeant d’énergie. Que faire pour assurer à ces futurs dizaines de millions d’inactifs une vie normale et décente, alors qu’ils peuvent encore travailler, quand ils le souhaitent, encore au moins une bonne quinzaine d’années ?

    Je ne crois pas à la pertinence de la fameuse phrase attribuée à André Malraux et répétée en tout lieu ad nauseam : la religion et la spiritualité ne réussiront pas à s’imposer d’elles-mêmes. Y croire, c’est s’imaginer qu’on reviendra un jour sur la libéralisation des mœurs et la permissivité. C’est trop tard, les robes longues ne sortent aujourd’hui des penderies que pour les grandes soirées de gala…

    Comment voulez vous que les gens s’intéressent à une prière collective des monothéistes ce soir alors qu’au même moment, ou peu après, se déroulera ce match de football que des millions de gens attendent avec impatience ? On signale qu’il ne reste plus aucune place dans le stade Pierre Mauroy de Lille…

    Cela se passe de commentaire.