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Vu de la place Victor-Hugo - Page 617

  • Le général al-Sissi, un démocrate?

    Le général égyptien Aboul Fatah al-Sissi, un partisan de la démocratie ?

    Les résultats du référendum en Egypte viennent d’être publiés : bien que la participation n’atteint pas les 40%, les suffrages exprimés sont à plus de 90% en faveur de la constitution. La voie est donc ouverte à une candidature de l’homme fort du pays, le général qui, en réalité, tient déjà entre ses mains les rênes du pays.

    La constitution est intéressante sur au moins trois points, censés apporter au pays le calme et la stabilité : le statut de l’armée, le statut de la femme et la place de l’islam.

    L’Egypte, depuis le milieu des années 50, a accordé à l’armée un rôle central, ou plutôt celle-ci se l’est accordé à elle-même, sans rien demander à personne. Aucun droit de regard sur son budget, aucune attaque contre elle n’est permise et elle a le droit de traduire devant ses propres juridictions militaires quiconque s’en prend à elle. Un status im statu, un Etat dans l’Etat. L’armée devient donc intouchable, elle garde la haute main sur toutes les affaires du pays et elle reste la seule force organisée du pays. En plus, elle est, comme son nom l’indique, armée. Donc capable de briser toute résistance, d’où qu’elle vienne.

    Le statut de la femme constitue un net progrès par rapport à ce que voulaient les islamistes enfin chassés du pouvoir. Cela montre une fois encore l’impéritie de ces hommes qui n’ont pas su imposer graduellement leurs idées et ont, contre toute attente, violenté la conscience des gens qui se sont estimés par trahis par peux là mêmes pour lesquels ils avaient voté. Et en ce sens, l’armée a bien agi en accordant aux femmes la place qu’elles méritent au sein de la société.

    En fait, le rôle de l’islam. Là, l’armée a fait preuve d’un discernement, même s’il convient d’attendre pour juger sur des cas concrets. L’islam est prépondérant, ce qui est normal chez les Arabes mais les partis fondés sur la religion sont interdits. C’est-à-dire une interdiction du confessionnalisme qui ne veut pas dire son nom.et qui barre la route à toute résurgence d’un parti islamique ou à un retour des Frères musulmans.

    Quelle leçons tirons nous de cette aventure sur les bords du Nil ? On m’a parlé un jour d’un vieille grand mère qui conseillait la douceur et la mesure, résumant sa pensée dans la formule suivante : celui qui tout prendre finira par tout perdre..

    C’est ce que le président déchu M. Morsi doit méditer dans le lieu où il est tenu au secret.

  • Ces jeunes lycéens qui quittent tout pour faire le djihad en Syrie

    Les lycéens de Toulouse qui partent faire la djihad en Syrie

    J’avais en tête au moins deux autres sujets de politique internationale, notamment les suites du référendum en Egypte et l’attentat particulièrement sanglant à Kaboul qui visait un restaurant libanais très fréquenté, notamment par la communauté des expatriés. Il y aurait plus de 20 morts sans compter les blessés. Mais lorsque j’ai vu ce couple de maghrébins, particulièrement bien intégrés, n’ayant aucun signe distinctif, parlant parfaitement bien le français, pleurer le départ de leur enfant de 15 ans pour la Syrie où ils comptent se battre contre le régime de Bachar, je n’ai plus hésité : il fallait en parler et aider ces parents éplorés à retrouver leur progéniture et empêcher que leur cas ne fasse école. Il y avait déjà eu la semaine dernière les pleurs de cette femme française de souche dont les enfants, convertis à l’islam à son insu, ont du jour au lendemain, changé leurs habitudes et enfin pris le chemin la Syrie où ils ont péri au combat…

    Le problème est grave et le ministre français de l’intérieur en personne a pris les choses en mains et ses indications ne laissent pas d’inquiéter : le cas n’est pas isolé et je me demande même pour quelles raisons ces drames se produisent à Toulouse.. Est ce dû à l’activité particulièrement virulente des propagandistes islamistes sur place ? Ou bien est ce dû à d’autres facteurs qui nous échappent ?

    En tout état de cause, il convient pour le gouvernement de prendre ces affaires au sérieux car on n’imagine pas les catastrophes à venir si, un jour, ces jeunes fanatisés et endoctrinés revenaient dans leur pays, la France, pour y semer la terreur et la destruction… La question qui se pose ne relève pas uniquement de la stratégie policière ou de la manière dont on peut contrecarrer de telles dérives. Il s’agit de briser le cycle de l’endoctrinement et du recrutement…… Ce qui relève d’un tout autre raisonnement.

    Comment de jeunes enfants, tout juste âgés de 15 ans, partent d’un coup, rompent tous les liens affectifs, sociaux et culturels pour basculer dans le djihad, dans l’inconnu ? Comment sont ils sensibles aux prêches de fous qui leur rabâchent du matin au soir que leur Dieu les a élus pour se sacrifier et pour aller au paradis ? Cette aliénation, cette néantisation du lien social et familial, sont incompréhensibles, de prime abord.

    Plus grave encore : comment la grande civilisation européenne, d’extraction judéo-chrétienne,  prêchant l’amour de l’autre, la commisération et la compassion ne parviennent elle pas à s’ancrer dans l’esprit de ces pré adolescents, pourtant nés et éduqués en France et d’en chasser les éléments délétères de cette culture de mort ? Sont- ce la permissivité, la perte de tous repères, la dislocation des liens familiaux qui expliquent une telle dérive sectaire ? Que trouvent ces enfants chez les terroristes qu’ils ne trouvent pas ici, sur place, chez eux et avec leurs parents qui les aiment, les nourrissent et les élèvent ?

    L’affaire est grave et il convient de ne pas se tromper de diagnostic. Il semble pourtant que nos démocraties, suisse, française ou européenne, n’aient pas vraiment saisi la nature ni la gravité de l’enjeu. Pendant des décennies, on a fait confiance à un processus d’intégration qui ne tenait pas ses promesses. Pendant des décennies on a laissé s’accumuler les problèmes de ces nouveaux venus qui devaient, par leurs seuls moyens, trouver leur place dans une société complexe et difficile à laquelle ils n’avaient pas été préparés, avec des parents qu’ils n’admiraient plus, des grands parents auxquels ils adressaient des reproches, bref sans modèles ni repères..

    Que font les pouvoirs publics ? Pensent-ils attendre l’apparition dévastatrice d’un nouveau Mohammed Merah pour réagir enfin ?

  • Le monde de l'entreprise sera t il un jour reconnu en France?

     Le monde de l’entreprise libérale sera t il un jour pleinement reconnu en France ?

    C’est bien la question que l’on est en droit de se poser quand on prend connaissance des déclarations assez surprenantes d’un ministre français chargé justement de la production et  donc de la lutte contre les fermetures d’entreprises et du chômage que cela génère.. Tout le monde aura reconnu de qui il s’agit…

    Ce ministre a cru bien agir en faisant de la surenchère, il demande au MEDEF de créer non pas un mais deux millions d’emplois en contrepartie des avantages octroyés il y a quelques jours par le président de la République. Une telle demande a suscité les commentaires amusés et ironiques des observateurs qui font remarquer à juste titre que l’on ne crée pas des emplois comme un pommier donne des pommes : les emplois émanent de la croissance et de la bonne santé des entreprises. Si les gains sont bons et prometteurs, les emplois arrivent presque automatiquement. On recrute car on veut se développer, mieux écouler ses propres produits. Ce n’est pas une affaire de donnant-donnant : je vous aide et vous me créez des emplois, cela dénote, ajoutent les journalistes spécialisés, une mentalité étatique et un dirigisme économique. Or, pour que l’économie redémarre et que la croissance revienne, il faut des gens mus par l’appât du gain et la volonté de réussir, deux attitudes éminemment suspectes aux yeux du socialisme et du dirigisme économique.

    Doit on comprendre que les entrepreneurs et les facteurs économiques sont encore considérés comme l’anti-France, une France frileuse, faite de fonctionnaires, voire la phrase de Jean-Pierre Chevènement, «une France moisie» ? Je ne plaide pas pour ma paroisse puisque je ne suis pas un entrepreneur, mais j’avoue nourrir une certaine admiration pour ceux en France ou en Suisse qui quittent les sentiers battus et se lancent à leurs risques et périls dans l’inconnu…

    Savez vous à quoi me fait penser cette nouvelle alliance, ce partenariat gouvernement / entrepreneurs ? A ce proverbe chinois, jadis mis en avant par l’éditorialiste André Fontaine qui l’a même pris comme titre d’un livre : un lit pour deux rêves…… L’idée est simple au lieu de rêver la même chose, la même vie, on vit dans un monde autre, différent, voire opposé à celui du partenaire. En l’occurrence, le gouvernement attend désespérément une création massive d’emplois pour se renflouer et sauver son pari économique alors que les entrepreneurs sont mus par d’autres motivations. Je n’exclus pas qu’au final ils se rejoignent, mais pour l’heure, il y a loin de la coupe aux lèvres.

    L’Allemagne, la Suisse et l’Autriche, sans même parler de la Hollande s’en tirent nettement mieux car il n y a pas cet héritage égalitariste hérité de la révolution française et d’une conception mal comprise de l’idée de nation.

    Or, entrepreneurs et salariés font partie de la même nation, pas au même niveau, c’est vrai, mais de la même nation.

    Parfois, il est bon de le rappeler.