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Vu de la place Victor-Hugo - Page 682

  • La Turquie de M. Erdogan: le spectre de la guerre civile?

    La Turquie de M. Erdogan : le spectre de la guerre civile ?

    Ce n’est pas une supposition gratuite : devant la complication de la situation, la nature profonde d’un être se révèle de manière assez impétueuse, c’est ce qui arrive au Premier Ministre turc actuel qui s’est cru dans le rôle de Soliman le magnifique ou d’Ata Turc… Or, ce ne sont pas ses menaces ni ses rodomontades qui vont faire reculer la jeunesse et les ouvriers qui manifestent pour appeler de leurs vœux la poursuite d’une vie démocratique, dépourvu de directives autoritaires. Il faut changer de méthode et l’actuel chef du gouvernement n’en prend pas le chemin.

    Sans s’en rendre compte, il a choisi de cliver, de diviser le pays en deux factions rivales puisqu’il somme ses partisans islamiques de donner une leçon aux manifestants et veut faire croire qu’il est le seul homme fort du pays. La ligne de fracture qui se dégage met à nu un divorce  profond entre ces classes moyennes qui protestent et les masses  affiliées à l’AKP.

    Le malaise dans le pays est très profond, le plan de construction sur la place Taksim n’est que le révélateur, ce n’est nullement la cause de la crise. Celle-ci aurait pu survenir pour un tout autre prétexte. Et malheureusement, l’autoritarisme du premier ministre a fait le reste.

    Mais un indice suscite bien des inquiétudes : de l’Iran à l’Afrique du nord en passant par tous les autres pays arabes et musulmans, un profonde zone d’instabilité s’installe. Jetons un coup d’œil du côté de l’Iran où les sanctions économiques ont rendent l’économie nationale moribonde. L’Egypte est au bord de la faillite et les Libyens lui ont offert un prêt de 2 milliards de dollars, alors qu’eux même se débattent dans des troubles (hier plus de 30 morts à Benghazi). La Syrie n’est plus à décrire tant l’horreur va crescendo. La Tunisie ne parvient pas à sortir du malstrom où les islamistes l’ont précipitée. L’Algérie est suspendue à l’état de santé de son président hospitalisé en France. En une phrase, on l’impression que ce tout ce petit monde, resté à l’écart du progrès et de l’évolution, ne réussit pas à tourner la page. Pourquoi ? Probablement le refus de vivre avec son temps et d’affronter la réalité nouvelle. Ni la religion, ni l’idéologie ne seront ici d’un grand secours.

  • Bachar reprend la main: reflux en Syrie…

    Bachar reprend la main : reflux en Syrie

    C’était prévisible, le régime syrien a réussi à reprendre la cité stratégique d’Al Qoussaire qui commande l’arrivée de renforts en hommes et en matériel pour assurer la survie du régime : avec l’aide des Iraniens et du Hezbollah, Bachar a réussi à chasser ses ennemis de la ville où les morts se comptent pour dizaines, voire par centaines et les blessés par milliers. Les insurgés, à court d’armes et de munitions , ont préféré battre en retraite dans l’attente de jours meilleurs.

    Et que font les Occidentaux pendant ce temps là ? Ils réfléchissent, se concertent, imaginent des scenarii, parlent de pseudo ligne rouge etc… Sans bouger, sans faire mine d’avancer ou de menacer, même en paroles, un régime qui s’est tristement illustré en utilisant des armes chimiques contre son propre peuple. Fort de cette victoire à la Pyrrhus, le régime claironne partout sa victoire, répète que les insurgés n’ont plus qu’à choisir entre la reddition ou la mort…

    Il est certain que les choses ne se passeront pas ainsi car 100.000 victimes ne sauraient être tombées pour rien. Les insurgés mais aussi ceux qui les soutiennent, les arment et les appuient n’abandonneront pas aussi facilement mais franchiront une étape supplémentaire en haussant le type d’armement livré aux rebelles. Il leur faut de l’artillerie lourde et une DCA efficace. Ces deux types d’armement changeront le cours du conflit et feront pencher la balance vers les insurgés.

    Peut-être que l’Europe finira par agir avant d’attendre le mois d’août. On ne peut qu’espérer, sinon les rebelles n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. Et ce serait alors une défaite morale pour l’Occident judéo-chrétien qui aura assisté, sans bouger, à l’annihilation d’un peuple et à l’évanouissement de ses espoirs…

  • Les jours ne s'arrangent pas en Turquie

    Les choses ne s’arrangent pas en Turquie, le jour du retour de M. Erdogan

    Comment ramener le calme et l’ordre dans le pays d’Ata Turc ou de Soliman le magnifique ? Apparemment, l’arrogance et l’orgueil de l’actuel Premier Ministre risquent de lui coûter cher puisque les syndicats se sont alliés aux étudiants et au courant laïque pour demander un changement à la tête du gouvernement.

    Les Turcs ne supportent le caractère impulsif et imprévisible de leur Premier Ministre islamiste, eux qui ont toujours maintenu un équilibre stable entre leur environnement arabe et musulman immédiat, d’une part, et un rapprochement avec un Occident qu’ils admirent, d’autre part. Comment, par exemple, avoir osé modifier les conditions de consommation et de vente d’alcool dans un pays où le raki est roi, un peu comme le pastis à Marseille ? Nous avons entendu des citoyens turcs s’indigner de cette mesure aussi inique que stupide.

    Or, en douze ans, le Premier Ministre a modifié tant de choses et bousculé largement les dogmes fondateurs de la république kémaliste. Il a d’abor battu en brèche les règles laïques, ensuite, il a ramené le statut de la femme à un état antérieur à son arrivée au pouvoir, ensuite il a réduit sérieusement le rôle de l’armée soumise à une purge absolument inouïe, il a tourné le dos à une alliance stratégique avec Israël, il a misé sur le mauvais cheval en Syrie avant de se raviser en constatant que Bachar était le boucher de son peuple, il a enfin organisé cette flottille turque vers Gaza qui a tourné au désastre… Et cette liste n’est pas exhaustive. Et je ne parle même pas des négociations infructueuses avec l’Europe qui n’admettra une telle Turquie en son sein, pas même avec le simple statut de partenaire privilégié.

    Que va t il se passer ? M. Erdogan n’aura sûrement pas l’intelligence de se retirer, même si son propre parti le lui demandait afin de sauver ce qui peut encore l’être. Cependant, des fissures se font jour : le président de la république Gull a déjà pris ses distances. Le vice Premier Ministre est allé jusqu’à s’excuser des violences policières. Et au lieu de s’en retourner rapidement dans son pays, M. Erdogan a préféré poursuivre sa tournée en Afrique du Nord.

    Ce qui va se passer n’incite guère à l’optimisme.