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Vu de la place Victor-Hugo - Page 757

  • TLimites du discours politique : la saturation…itre de la noteLimites du discours politique : la saturation…

    Limites du discours politique : la saturation…

     

    C’est un peu un coup de gueule, on est rassasié du discours politique d’où qu’il vienne. Quand voit ce qui se dit du matin au soir, on se demande vraiment à quoi pensent les hommes politique, de l’extrême droite à l’extrême gauche . Prenez l’exemple de ce week end pa rexemple : Marine Le pen qui parle de la kippa qu’elle met sur un même pied d’égalité que le voile islamique, jean-Luc Mélenchon qui attaque le traité européen, les gens de l’UMP qui se disputent pour faire élire leur champion. Et quand le vacarme de l’élection sera passé, ils nous diront qu’ile s’aiment et sont unis.

     

    Pendant le fanatisme et l’intégrisme religieux se déchaînent, la crise économique dévaste des région entières d’Europe, le chôma croît à vue d’œil et pendant ce temps les hommes politiques font leur discours tranquillement, comme si de rein n’était.

     

    Vivent ils sur la même planète que nous ? Ont ils quelque égard pour le peuple qui les a désignés ou élus ? On peut se poser la question.

     

    Enfin, tout autre chose : je félicite les électeurs du canton de Berne qui ont la tête sur les épaules et qui ont refusé de changer soudainement le régime fiscal des étrangers qui vivent chez eux.

     

    Comme quoi, la Suisse ce n’est pas si mal.

  • L’ordination de rabbins à Cologne : Le discours du ministre allemand des affaires étrangères, M. Guido Westerwelle

    L’ordination de rabbins à Cologne :

    Le discours du ministre allemand des affaires étrangères, M. Guido Westerwelle

     

    Depuis le débat stérile autour de la pratique de la circoncision en Allemagne, les choses devaient être remises à leur juste place : c’est ce que vient de faire l’intelligent et très adroit ministre allemand des affaires étrangères, M. Guido Westerwelle lors d’une cérémonie d’ordination de rabbins dans la communauté de Cologne. Ce discours fera date pour deux raisons : d’abord parce qu’un ministre fédéral s’adressant à ses compatriotes juifs leur dit qu’ils sont chez eux en Allemagne, près de soixante-dix après la fin de la seconde guerre mondiale ; et ensuite parce qu’une certaine normalité était souhaitable dans les relations si passionnelles entre la judéité et la germanité depuis des siècles.

     

    Le ministre a ouvert son discours par un rappel historique : c’est dans cette ville symbole que  commença la présence juive en terre d’Allemagne. De tout temps, et malgré les expulsions successives et les accusations de toutes sortes, Cologne a toujours été un centre de vie et de culture juives prospères. Le plus ancien document attestant cette présence remonte, nous dit le ministre au début du IVe siècle (321).

    Après la sanglante coupure imposée à la vie juive par les Nazis, on assiste désormais à un renouveau de la vie communautaire de l’autre côté du Rhin. Ceux qui ont étudié le science du judaïsme (Wissenschaft des Judentums) savent combien nous sommes redevables à la science et la méthode historico-critique allemandes qui ont permis au judaïsme de mieux connaître son histoire et de mieux s’appréhender et se présenter (jüdische Selbstdarstellung).

     

    Aujourd’hui, alors que la présence juive dans ce pays se limitait à une présence muséale, plus de cent mille personnes se déclarant juives vivent sur le territoire, disséminées dans plus d’une centaine de communautés. La meilleure preuve d’une renaissance nous est livrée par cette cérémonie d’ordination de rabbins, la première depuis si longtemps.

    S’adressant directement aux rabbins nouvellement confirmés dans leurs fonctions pastorales, le ministre a dit sa fierté et sa joie de vivre ce renouveau. Tant de rabbins éduqués en Israël, aux USA, en Russie ou en Ukraine, reviennent s’établir en Allemagne, jetant les bases d’une nouvelle vie juive.

     

    Wir wollen blühendes jüdisches Leben in Deutschland : nous voulons une vie juive florissante dans notre pays, a dit le ministre, ajoutant allusivement que cela impliquait qu’il n’y aurait aucune restriction juridique, d’aucune sorte, à la pratique juive. Je me permets d’ajouter qu’il fallut toute la bêtise et l’inconscience de quelques juristes pour oser déclarer illégale une pratique multimillénaire qui gît au fondement même de la religion mosaïque. Et dans ce contexte, l’intervention de M. Westerwelle était à la fois nécessaire et suffisante.

     

    Le ministre a aussi stigmatisé l’attitude de ceux qui, par ignorance, assimilent la circoncision à une mutilation ou la mettent sur un même pied d’égalité que l’excision. Pour rassurer son auditoire, il a aussi nommément cité l’Iran qui commettrait l’inacceptable en se dotant de l’arme nucléaire.

     

    Le chef de la diplomatie allemande a aussi évoqué l’émotion qu’il a éprouvé en considérant le titre des Mémoires de l’ancien président du Zentralrat Paul Spiegel : De nouveau chez nous ? (Wieder zu Hause ?) L’ancien dirigeant communautaire avait fait part de son émotion suite aux débordements de groupes d’extrême droite qui n’avaient pas été fortement réprimés par les autorités. Le ministre souligne que les juifs doivent se sentir chez eux en Allemagne. Il ajoute même que les familles juives ne doivent pas se considérer comme une minorité protégée, mais comme des citoyens à parte entière. Nous les voulons comme au centre même de notre société
    wir wollen sie in der Mitte unserer Gesellschaft. Allusion probable à la forte présence intellectuelle et  scientifique juive durant la période de l’entre deux guerres.

         J’espère, en ma qualité de spécialiste de l’histoire intellectuelle et de la philosophie judéo-allemande que de l’autre côté du Rhin revivra une authentique renaissance juive, consciente de ses idéaux universalistes , en paix avec elle-même et avec son entourage.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

  • Entre Rosh ha-Shana et Kippour

    Entre Rosh ha-Shana et Kippour

     

    La tradition juive nomme les solennités du mois de tichri, les journées formidables ou redoutables : yamim nora’im. Allusion à la crainte de Dieu qui doit inspirer tous nos actes Ce sont des fêtes au cours desquelles l’homme juif procède à un examen de conscience plutôt approfondi. Il fait une sorte de bilan de l’année écoulée. Comme la nature humaine est pécheresse sans être inéluctablement mauvaise, on trouve forcément des choses à améliorer.

     

    Entre le Nouvel An et Kippour s’écoule une dizaine de jours. C’est une sorte de session de rattrapage. Au cours de ces dix jours, dits la décade de la repentance (assérét yemé teshouva), les cas tangents sont examinés favorablement par le tribunal céleste. C’est donc, en termes philosophiques ou théologiques, une invitation à s’amender en bout de course. Cet esprit est d’ailleurs incarné par le livre du prophète Jonas qui montre que, contrairement à l’homme qui ne se laisse pas fléchir, Dieu est sensible aux prières des humains et annule les funestes décrets qui menacent l’avenir de cités entières.

     

    C’est donc, en principe, au lendemain de kippour, une humanité régénérée qui émerge de la rigueur des actes de contrition et de repentance. Ensuite intervient, quelques jours plus tard, la joie de soukkot, ce symbole de la fragilité du destin juif, un destin que les lois du devenir historique auraient conduit à la destruction et à la disparition, n’était la bonté divine qui a étendu sa main protectrice sur ce peuple persécuté. La soukka, la cabane sous laquelle l’Eternel a abrité son peuple lors de la traversée du désert.

     

    En fait, ces rites sacrés portent en eux le germe d’une conduite éthique. Il est bon que l’homme, quelle que soit sa dénomination religieuse, se livre à une introspection et à un examen de conscience. Sa nature hybride l’expose aux risques de la tentation d’être injuste ou même parfaitement inique.

     

    Mais les principes éthiques restent partout les mêmes, que l’on croie au ciel ou que ‘on n’y croie point…