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Vu de la place Victor-Hugo - Page 955

  • Un printemps africain après le printemps arabe ?

    Un printemps africain après le printemps arabe ?

     

    Quand on examine les contrastes entre le nord et le sud, on se rend compte des retards accumulés et des déséquilibres qu’ils ont généré. Je fais évidemment allusion aux événements fulgurants qui se déroulent en ce moment même au cœur de l’Afrique noire, en Côte d’Ivoire, où un président battu s’est maintenu, contre vents et marées, à la tête de l’Etat, causant par là même des centaines de morts.

    La malgouvernance en Afrique est devenue proverbiale, de même que la corruption et le népotisme des pays arabes sont devenues légendaires. Il n’est pas nécessaire de se pencher sur les causes qui ont mené à une telle situation : les séquelles du colonialisme, la course désordonnée vers l’industrialisation de pays souvent dépourvus d’infrastructures, la chape de plomb d’une religion tournant délibérément le dos à la culture universelle et enfin une détresse économique sans précédent. Et pourtant, à quelques exceptions près, ces pays ont des richesses considérables dans leurs sous-sols et aussi au niveau du tourisme.

    Ce qui se passe depuis des mois dans les pays arabo-musulmans montre que le bien suprême, le summum bonum pour parler comme les philosophes antique n’est autre que la démocratie, elle-même inséparable d’une juste répartition des richesses. Lorsque la décolonisation eut lieu, la quasi-totalité des pays désormais affranchis de toute tutelle politique extérieure n’en demeurait pas moins soumis à une dépendance économique très lourde. Le résultat, lointain mais palpable, se constate aujourd’hui encore : partout en Afrique, les régimes autocratiques perdurent, partout l’armée, seule force organisée, prend le pouvoir ou l’exerce, soit directement soit indirectement…

    Verrons nous un jour le changement poindre à l’horizon ? Je me pose sérieusement la question.

    Il faudrait que l’Afrique noire emboîte le pas aux révolutions arabes. Ce serait un facteur d’équilibre d’une portée considérable. Un printemps des peuples d’Afrique dont les citoyens viendraient se former en Europe ou aux USA mais repartiraient se mettre au service de leurs concitoyens chez eux.

    C’est que nous n’avons pas seulement pillé les richesses de ces pays, nous avons aussi puissamment stimulé la fuite de leurs cerveaux. C’est un déséquilibre et une hybris tout aussi graves .

  • La chevauchée fantastique des Chabab en faveur de la liberté et de la démocratie ?

     

     

    La chevauchée fantastique des Chabab en faveur de la liberté et de la démocratie ?

    Ce matin, je voulais vous parler de tout autre chose mais au moment de me lever pour m’installer dans mon petit bureau, j’ai entendu sur France 24 un jeune libyen embrasser le nouvel étendard de son pays en disant : freedom Libya !

    Quel émouvant spectacle ! Voir ces jeunes gens qui sont étudiants, médecins, sociologues, ou chômeurs, monter au front la fleur au fusil, prêts à se sacrifier pour que leur patrie retrouve une liberté confisquée depuis presque un demi siècle. Ces hommes ne connaissent visiblement pas la nature profonde des états (monstres froids) qui ont, pour des raisons que j’ignore (négociations secrètes en coulisses ?) interrompu les frappes aériennes, permettant ainsi aux blindés et l’artillerie lourde de Khadafi de se déchaîner contre les insurgés et de les contraindre à un repli en mauvais ordre.

    Emouvant, ce jeune soldat de fortune qui disait qu’un seul avion suffirait pour qu’en trois jours, les insurgés arrivent aux portes de Tripoli. Heureusement que la France, elle, n’a pas interrompu ses frappes et que l’OTAN s’est remis à l’œuvre dès la nuit dernière.

    Il y a aussi cette défection (sincère ou calculée) d’un des piliers du régime Moussa Koussa, ministre des affaires étrangères mais en réalité grand coordinateur des services secrets que les Américains ont pu retourner ou, en tout cas, intimider, comme ils sont montré qu’ils savaient le faire en Irak avec l’Etat-Major irakien, acheté à prix d’or. Et qui, du coup, ne s’est pas battu. Un scénario identique en Libye ? Cela ferait l’économie de tant de vies humaines.

    Comme je vous l’annonçais hier immédiatement après le discours de Bachar el-Assad, le régime syrien est inamendable. Alain Juppé vient de le confirmer en langage plus diplomatique. Le président syrien est un jouet entre les mains de son clan dont il dépend entièrement. Derrière les apparences, le régime est en fait une dictature militaire qui ne veut pas entendre parler de réformes… Ce qui signifie que nous allons au clash !

    Mais ne soyons pas pessimistes. Le fait que tous ces combattants n’aient qu’un mot à la bouche (freedom en anglais et hourriya en arabe) montrent que pour une fois on ne va pas de Charybde en Scylla. Pas un seul thème islamiste à l’horizon. Et je doute que le parti de Ben Laden puisse confisquer la victoire à son profit.

    Et si les peuples arabes reconnaissaient enfin les mérites de la démocratie occidentale (al-democratiya al-gharbiya) ?

  • Le discours du président Bacahr el-Assad

    Le discours du président Bacahr el-Assad

    J’ai suivi en direct sur France 24 le discours de Bachar el-Assad. La montagne a accouché d’une souris. Visiblement, l’homme a été sévèrement recadré par son entourage car il n’a annoncé aucune réforme, a maintenu l’état d’urgence qu’il a même justifié et s’est gaussé des chaînes satellitaires (Al-djazia et Al-arabya) qui rendent compte, le plus fidèlement possible, des massacres commis par son armée et sa police politiques ces dernières semaines.

    Gagons que les troubles hélas iront de plus belle et que les répression sera encore plus dure.

    De lui-même, le chef de l’Etat syrien a voulu donner une image rassurante, pour bien montrer qu’il n’était pas une marionnette mais tenait fermement les commandes. En réalité, on a bien senti que ces mots d’esprit, ses franches risées étaient de commande.

    On a vu aussi que son discours était interrompu par des représentants serviles le louant, lui assurant obéissance et fidélité. On connaît ces simagrées : les mêmes qui louaient les tyrans les vouaient aux gémonies une fois qu’ils avaient été chassés du pouvoir quelques jours ou quelques semaines plus tard.

    Et puis le chef de l’Etat syrien a usé d’une si grosse ficelle, le complot ! La théorie du complot derrière laquelle se cacheraient ses grands amis américains et israéliens. Il a stigmatisé ceux qui des années durant ont oublié la cause palestiniennes, allusion feutrée à Hosni Moubarak. Mais a évité de parler du Yémen, de la Tunisie et surtout de la Libye.

    En somme, et je regrette de le dire, un discours pour rien. Nous ne pensons pas que cet homme soit vraiment aux commandes à Damas car son discours n’apportait strictement rien de nouveau, pas même cette citation coranique qui laissait deviner que certaines vérités sont toujours bonnes à dire même si elles ne sont pas toujours bonnes à entendre.

    Mais voilà, il n’a rien dit.