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Vu de la place Victor-Hugo - Page 824

  • HOMMAGE A TOUS LES JOURNALISTES TUES OU BLESSES EN SYRIE

    HOMMAGE A TOUS LES JOURNALISTES TUES OU BLESSES EN SYRIE
    La scène a retenu l’attention émue des télévisions du monde entier : le retour des deux journalistes français blessés dans la ville martyre de Homs, le photographe, resté valide mais refusant d’abandonner sa collègue journ aliste, blessée, mais aussi le rapatriement, hélas, des dépouilles de deux autres reporters ce matin même.
    Les correspondants de guerre exercent un métier très dangereux et nous en avons la preuve en Syrie, une nouvelle fois. Si vous suivez les émissions en arabe des télévisions satellitaires, vous écouterez des messages qui rappellent, photographies à l’appui, le cas d’au moins six journalistes portés disparus en Irak et dont on est, depuis des années, sans nouvelles.
    Mais ce qui s’est passé et se passe encore en Syrie est unique. Hier, dans l’émission de Thierry Ardisson, Salut les terriens, j’ai suivi l’interview de la compagne du journaliste tué à Homs.
    D’après le récit de cette jeune femme très digne, mère de deux petits enfants, les autorités syyriennes auraient véritablement organisé un authentique guet-apens pour neutraliser les reporters. Je ne suis pas en mesure de vérifier les dires de la jeune femme, mais son récit glaçait le sang. Il semble bien que les tirs de mortier aient été ajustés afin de toucher le lieu où l’on avait conduit les reporters : au lieu d’aller dans la direction souhaitée, on les a conduits dans un sens opposé où ils assistèrent à des cènes faussement idylliques où des foules de gens riaient, parlaient, dansaient, s’embrassaient même, ce qui est fort étonnant et absolument inhabituel dans des villes arabes…
    Le résultat fut, hélas, que la jeune femme allait rejoindre le corps de son compagnon mortellement touché par un obus.

    Je soulignais dans un précédent article que le régime syrien ne partirait pas sans difficulté et je rappelais les actes du père et de l’oncle de l’actuel président. Hafez et Rifa’at El Assad ont ordonné et mené l’attaque de la ville de Hama il y a trente ans, attaque perpétrée après l’assassinat d’une centaine de jeunes cadets de l’armée syrienne par la section locale des Frères Musulmans… Mais même cela ne pouvait pas justifier un tel massacre : environ trente mille et d’horribles tortures imposées aux survivants.

    Ne pas oublier le meurtre de l’ambassadeur de France au Liban, M. Delamare, assassiné à moins de cent mètres d’un barrage syrien… Ne pas oublier, non plus, l’attentat suicide contre les troupes occidentales stationnées jadis au Liban pour faire cesser la guerre civile. Attentat commis avec l’appui et le relais technique du Hezbollah. Et le meurtre de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri…

    Voici un régime qui ne recule devant rien, ne respecte aucune règle inter nationale (cf. les attaques d’ambassades à Damas), bref un régime hors la loi…

    Cela va sûrement hâter l’armement de l’opposition syrienne qui devrait s’unir et s’adosser à l’armée syrienne libre. Cela fera encore des victimes. Mais comment faire chuter ce régime ? Le Qatar a peut-être raison, il faut envoyer des troupes arabes. Ou faire manœuvrer des brigades blindées israélienne sur les hauteurs du Golan…

    Nous n’oublierons pas celles et ceux qui ont fait don de leur vie pour informer le reste du monde des atrocités commises contre des populations civiles.

  • Israël pourra-t-il frapper seul l’Iran ?

    Israël pourra-t-il frapper seul l’Iran ?

    C’est peu probable. Alors à quoi riment toute cette batterie de petites phrases, de menaces à peine voilées, de part et d’autre, de tergiversations apparentes entre alliés, notamment ces alliés indéfectibles que sont les USA et Israël ? La question mérite d’être posée. Car on assiste depuis plusieurs semaines à une sorte de guerre à fleurets mouchetés entre ces puissances qui ne peuvent guère diverger sur un point essentiel qu’est l’évolution dangereuse du régime islamiste de Téhéran.

    Lors de son discours historique à l’université du Caire, du temps où M. Obama donnait l’accolade à son collègue égyptien Hosni Moubarak, le président US avait dit devant tous ces Arabes réunis chez eux que le lien avec Israël est incassable (The link with Israel is unbreakable). Il avait donc proclamé haut et fort, et sans ambiguïté possible, l’alliance indéfectible avec l’Etat d’Israël… Bien que la tenue de ce discours fût une erreur (et j’en veux pour preuve les révolutions arabes, peu après, qui n’épargnèrent pas l’équipe dirigeante égyptienne), il eut au moins le mérite de dire les choses clairement.

    Alors si tel est le cas, si les USA et Israël sont intimement liés, encore plus que les doigts de la main, pourquoi ces divergences étalées au grand jour ? Il semble que nous soyons en présence d’une stratégie visant à tromper l’Iran et à endormir sa vigilance. J’ai presque envie de recourir à un terme qui semble être très affectionné lors de cette campagne présidentielle en France, l’enfumage ou enfumer l’adversaire.

    La visite de Benjamin Netanyahou d’abord au Canada où le premier ministre Harper est un allié inconditionnel de l’Etat juif et ensuite aux USA insinuent dans ce même sens : les alliés en question vont sûrement préparer un plan pour priver l’Iran de sa bombe atomique et par là même changer le régime politique de ce pays.

    Les commentaires et analyses de la presse internationale, ceux des USA exceptés, ne font pas assez le départ entre ces deux choses : le maintien du régime en place, d’une part, et l’acquisition de l’arme nucléaire d’autre part. Les Mollahs, eux, ont bien compris, qu’ils seraient indélogeables s’ils avaient la bombe. Or, les puissances occidentales cherchent, volontairement ou involontairement, à faire tomber le régime puisqu’ils veulent le priver de son arme fatale…

    On imagine toujours que la prise à partie de l’Iran se fera par des chasseurs bombardiers intervenant en pleine nuit, c’est-à-dire au vu et au su de tous. Je doute qu’il en soit ainsi. Je pense plutôt à une guerre informatique souterraine, à des actes de sabotage à l’intérieur même de l’armée des gardiens de la révolution et en exploitant au mieux les frustrations, les dissensions au sein même du régime.

    L’Iran, déjà très stressé par les sanctions économiques, ne pourra pas éviter des troubles intérieurs et pourrait, se sentant acculé, se livrer à des provocations qui déclencheraient une véritable confrontation. Et dans ce cas, ce ne seront plus seulement Israéliens et Américains qui agiraient, surtout que l’Iran n’hésiterait pas à s’en prendre au détroit d’Ormuz…

    Imagine-t-on un Iran dépourvu d’armes réellement sophistiquées (avions de chasse, bombardiers) et qui a subi de graves actes de sabotage contre ses bases de missiles balistique) réagir puissamment contre cette formidable armada que sont les USA, Israël, l’Allemagne, la Grande Bretagne, toute l’Europe, et même les monarchies du Golfe, qui sont, elles directement menacées ?

    A moins que l’Iran, comme je l’expliquais hier, ne suive l’exemple de la Corée du Nord et abandonne son programme nucléaire. Mais subsisterait le problème du régime.

    Attendons de voir ce que diront les diplomates professionnels.

  • ’Iran serait bien inspiré d’imiter la Corée du Nord

    L’Iran serait bien inspiré d’imiter la Corée du Nord

    Oui, la Corée du nord vient de nous surprendre, à moins que tout ne trompe. Mais je ne le pense pas. Je crois assurément que les mesures de rétorsion, le blocus économique et surtout, la famine de tout un peuple, ont fini par avoir raison de l’opiniâtreté d’un seul homme, Kim Il Sung dont la disparation a entrainé de grands changements dans la direction du parti communiste de la Corée du Nord.

    Il n’aura fallu que quelques mois pour que ce changement éclate au grand jour. Certes, la Chine, l’alliée inconditionnelle de cette Corée, a joué un rôle non négligeable et l’affaire syrienne n’est peut-être pas étrangère à cette démarche : au plan international, la Chine ne pouvait plus se permettre de s’afficher impunément aux côtés des terroristes et des assassins de leur peuple de toute la planète…

    Le rapprochement avec l’Iran est tentant, même si leurs fanatismes respectifs se valent et même si les maîtres actuels de Téhéran iraient bien plus loin que leurs acolytes nord coréens. Il semble que les mesures économiques aient fini par porter : de manière assez honteuse, la Corée du Nord cesse ses activités nucléaires en échange de que deux cent mille tonnes de nourriture !…

    Pouvons nous espérer une telle démarche de la part des Iraniens ? C’est peu probable. Ce qu’il faudrait, c’est aider en sous main l’opposition dans ce pays, laquelle, sans violence aucune, mettrait à mal le pouvoir en place.

    On dit que la tenue en ce jour même d’élections n’a guère d’importance, ce n’est pas si sûr. Même si le pouvoir en place risque de se scinder en deux camps opposés, les résultats seront les mêmes : nous avons affaire à des faucons et à des super faucons… Ces hommes communiquent ou croient communiquer avec D-, ils ne reconnaissaient que leur autorité qu’ils déclarent tirer du Ciel…

    Comment voulez vous négocier avec des gens qui prétendent prendre le thé à la menthe chaque après-midi avec le Seigneur ?