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Vu de la place Victor-Hugo - Page 825

  • De la Métaphysique à la métapolitique : Réflexions (désabusées) sur une campagne électorale

    De la Métaphysique à la métapolitique :

    Réflexions (désabusées) sur une campagne électorale

    Enfin rentré d’Espagne dont le soleil et le chaleur humaine me manquent déjà cruellement sous la brume parisienne, je jette un coup d’œil inquiet sur la pile de journaux qui m’attendent. J’écoute aussi la radio, même si à Salamanque j’ai écouté sur l’I phone l’interview de N.S. sur RTL, comme si j’y étais. Mais pour le reste, j’en étais réduit aux bulletins de France 24.

    Je dois dire d’emblée que le repos et la distance par rapport au débat politique m’ont permis de jeter un regard nouveau sur ce qui se passe, et en particulier les débats, les confrontations et les promesses des uns et des autres à l’intention des électeurs. Cette distance m’a quelque peu dégrisé, même si ceux qui me lisent régulièrement savent de quel côté penche mon cœur… Eh bien, aujourd’hui, même sur ce point je suis un peu désabusé, même si je ne donnerai pas mon suffrage à des candidats qui promettent monts et merveilles.

    Gravement déçu par le niveau des débats, toutes ces promesses qui virevoltent sous nos yeux, ces candidats qui se contredisent matin et soir, qui ne disent pas la vérité sur l’état réel des finances publiques (à l’exception de François Fillon qui avait eu le courage de dire publiquement qu’il était à la tête d’un Etat en faillite), j’ai tenté de mobiliser ce que j’ai appris de l’histoire des systèmes politiques et la direction des affaires publiques depuis l’Antiquité. Dans le seul but de m’orienter théoriquement.

    Platon et Aristote ont, à des degrés divers, enseigné que la cité devait être régie par des hommes de qualité, honnêtes et dévoués à l’intérêt général. Platon, notamment, qui constitue le fondement indispensable à toute notre histoire politique, enseigne que ces dirigeants doivent former des disciples apes à prendre la relève afin que la cité ne soit pas livrée à elle-même, sans loi ni règle. C’est seulement après avoir assumé leur tâche jusqu’au bout qu’ils partent, à la rame, vers les îles des bienheureux où ils finiront leur vie dans la méditation et la préparation à la vie éternelle.

    Quel idéalisme platonicien, tempéré par le pragmatisme d’un Aristote qui, ayant été le précepteur d’Alexandre le grand, avait une meilleure intelligence des voies de ce monde et de la réelle nature humaine.

    Les Grecs avaient établi une relation indispensable entre la Métaphysique et la Politique : ils considéraient que l’art de gouverner les hommes, la manière d’organiser la vie en société, devaient s’appuyer sur des connaissances qui dépassent les chemins du monde physique : en somme, que les hautes spéculations ne devaient pas être coupées de notre existence quotidienne. Et que la société était une sorte de débouché pour la Métaphysique. C’est pour cela qu’ils parlèrent du macrocosme (l’univers) et du microcosme (homme, univers en miniature). Ils érigèrent même comme modèle souhaitable pour l’homme parfait, la macroanthropos, l’homme complet, parachevé…

    On peut dire que l’authentique vocation de la politique consiste à ne pas mentir, à penser le vrai et à faire le bien au bénéfice de tous. Face à la Métaphysique, les Grecs ont donc aussi inventé la Métapolitique, une science aux visées élevées, même si Athènes elle-même n’a pas toujours suivi ce chemin vertueux.

    Mais aujourd’hui que voyons nous, qu’entendons nous ? Tel candidat se contredit matin et soir, tel autre dit avoir concrétisé toutes ses promesses, telle autre se plaint de ne pas avoir toutes les signatures pour avaliser sa candidature…

    Tel débat télévisé (que j’ai entrevu à Madrid) tourne à la mascarade devant quelques millions de téléspectateurs, et chaque matin que D- fait donne l’occasion aux uns et aux autres de dire un certain nombre de choses censées entretenir artificiellement un débat dépourvu d’une réelle consistance.

    Une chose demeure sûre et certaine : quel que soit l’heureux élu (et nous pensons bien que ce sera celui qui a le plus d’expérience du pouvoir, quoiqu’en disent les sondages actuellement), la tâche sera ardue. Et, en toute honnêteté, le challenger de gauche n’est pas vraiment prêt.

    Hier à Madrid, ville joyeuse et à l’atmosphère toujours festive, j’ai entendu le président du conseil espagnol dire que la situation était préoccupante…

    C’est aussi cela, l’art de la politique, utiliser des épithètes que chacun peut comprendre et interpréter à sa façon. Mais c’est aussi un risque grave que Fr Schiller dénonçait déjà dans sa célèbre pièce de théâtre, Die Räuber, les brigands en écrivant : Die Nichstwürdigen werden mit List regieren…

    La ruse est devenue un mode de gouvernement.

    Maurice-Ruben HAYOUN

    TDG du 1er mars

  • Dernier dîner à Madrid

    Dernier dîner à MAdrid

    Quelle ambiance, quelle animation! Tant de gens debout sur le trottoir du restuarant, une coupe de chamlpagne à la main. Nous ne tardons pas à les imiter. Je me rends compte qu'il est plus de 22 heures. A Paris et à Genève, on dîne bien plus tôt.

    Au moment où nous nous préparons à rentrer à l'hôtel, distant de quatre mètres, une foule de tout jeunes gens arrive pour boire et manger.

    Ce qui frappe le plus, c'est la douceur de la nuit. MAis tout de même les Espagnols parlent fort. C'est presque assouridssant. Mais c'est l'Espagne.

    Quand je pense que si Isabelle la catholique n'avait pas expulsé mes lointains ancêtres de cette péninsule, c'est peut-être la langue française que j'aurais eu à apprendre.

    Le sort des individus tient à si peu de choses...

  • Manger au marche san Miguel de MAdrid

    Manger au Mercado de San Miguel à Madrid

    Je n'avais encore jamais vu cela. DEpuis le temps où je me rendais à Munich pour yétudier les manuscrits hébraïques du Moyen Age et que je mangeaix régulièrement au Viktualienmarkt, avec bretzel, chope de bière et petits poissons du Nordsee..

    Ici, à Madrid, c'est toute la chaleur, voire l'exubérance méridonale qui règne. Vous traversez tant d'échoppes où l'on propose poissons, gâteaux et fromages sans oublier les innombrables jambons et pâtisseries de toutes sortes.

    Vous pouvez boire de la bière, du vin blanc ou rouge. C'est absolument exceptionnel: des vendeurs trempent dans de l'huile bouillante tout un cornet d'anchois crus et vous les dégustez sur place.

    Les gens sont opolis, la police omniprésente et tout se passe bien.

    Les sucreries proposées sont délicieuses et on peut manger correctement sans dépenser trop d'argent.

    Je dois dire que je n'imaginais pas trouver autant de mendiants dans cette ville. La crise, probablement.

    En souhitant que la Providence allège le fardeaux des uns et des autres, ne manquez pas de venir déguster les produits régionaux de la ville de Madrid dans ce sympathique marché.