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Vu de la place Victor-Hugo - Page 828

  • La Grèce ou le tonneau des Danaïdes…

    La Grèce ou le tonneau des Danaïdes…

    Relisez vos classiques sur la mythologie grecque. Appelez ce qui se passe aujourd’hui en Grèce le mythe de Sisyphe ou le tonneau des Danaïdes, comme il vous plaira, mais reconnaissez que ce pays de l’Iliade et de l’Odyssée nous donne des verges pour le battre.

    Deux cent trente-neuf milliards en une nuit ! Rendez vous compte ! 139 octroyés par l’Euro-groupe et 100 milliards sous forme d’abandon de créances de la part des banques privées. C’est une prime donnée à la malhonnêteté, au laisser-aller économique et à l’incurie.

    Ce matin encore, j’entendais les meilleurs commentateurs souligner que la seule solution viable était l’abandon de la Grèce, son départ de la zone Euro et sa divagation aux quatre vents.

    Il n’y a pas d’Etat en Grèce, on ne sait pas ce que gagnent les différentes catégories de fonctionnaires, on peut acquérir des biens immobiliers en payant en liquide, etc… La liste serait longue, ce qui est dit ici est loin d’être exhaustif. Mais comment un homme aussi sérieux que M. Juncker a-t-il pu se laisser berner par les Grecs qui votent des plans d’austérité sans songer à les appliquer ? Qui maquillent les chiffres et se préparent à voter aux législatives pour des partis politiques qui nous diront, au lendemain des élections, qu’ils ne reconnaissent nullement les engagements souscrits par d’autres…

    Le jeune ministre hollandais des finances a raison lorsqu’il préconise une présence permanente sur place à Athènes des contrôleurs : après tout, quand on octroie de telles sommes, on a le droit d’en vérifier l’affectation réelle… Or, la plupart des observateurs, et les plus sérieux, reconnaissent que ces sommes pharaoniques sont tout juste des rustines ou un emplâtre sur une jambe de bois.

    Au fond, l’Europe est coupée en deux : ceux du nord sont sérieux et compétents, voire fiables, tandis que ceux du sud le sont beaucoup moins, et je m’exprime avec retenue. J’ai lu dans Le Figaro l’interview d’un ancien parlementaire européen chevronné qui reconnaissait qu’on n’aurait jamais dû admettre la Grèce dans la zone Euro.

    Aujourd’hui, on en paye le prix. Et ce n’est toujours pas la dernière barre de l’addition. C’est bien le tonneau des Danaïdes : ces meurtrières de leurs maris, condamnés à verser éternellement de l’eau dans des barriques sans fond ou, si vous préférez Sisyphe, ce rocher qu’il traîne jusqu’au sommet et qui retombe en bas, exigeant qu’on le remonte.

    Au fond, la Grèce d’hier est de retour aujourd’hui, sauf que celle d’aujourd’hui ne nous donne plus les joyaux de la culture mais les affres du surendettement.

  • L’Iran, le pétrole et l’arme nucléaire…

     

    L’Iran, le pétrole et l’arme nucléaire…

    Les démocraties occidentales ne comprennent pas les Orientaux et encore moins les Iraniens, descendants d’un ancien peuple, passé maître dans l’art des arguties juridiques et qui n’a pas son pareil pour concevoir, oserais-je dire, excogiter, des exégèses compliquées pour notre mentalité cartésienne.

    Cette réflexion m’est dictée par les récentes réactions des gouvernements européens et américains aux propositions iraniennes de renouer le contact et de négocier au sujet du dossier nucléaire. Les commentateurs parlent de signaux contradictoires : d’un côté, Téhéran lance des communiqués triomphalistes à la télévision concernant ce même dossier nucléaire, affirmant que rien, absolument rien ne l’arrêtera, et envoie deux navires de guerre (d’un autre âge, comparés à la VIe flotte US) franchir le canal de Suez, et de l’autre, on écrit une lettre à Madame Ashton demandant de manière pressante la reprise rapide des négociations…

    Le journaliste moyen, le commentateur indigent (et D- sait qu’il y en a) ne comprend pas, prisonnier de son cartésianisme et de sa culture évangélique qui se fonde sur la sincérité, le principe de l’identité et de la contradiction… Comment peut on dire ou faire une chose et son contraire ? C’est pourtant un fait culturel que même les Arabes connaissent sous le vocable de taqiya, l’art qui consiste à occulter par la parole le fonds véritable de sa pensée

    Un bref regard jeté sur ces dix dernières années nous livre la grille de lecture de cette mentalité : depuis près de dix ans, l’Iran a mené ce que les médiévistes nomment le drapier des lanciers, une sorte de danse qui consiste à faire un pas en avant et trois pas en arrière… Les Iraniens se savent menacés et acculés, ils savent aussi que leur régime ne sera préservé que par l’acquisition de l’arme nucléaire, bref ils veulent devenir une sorte de Corée du nord en plein Proche Orient, seule assurance-vie ou garantie de survie de leur régime. Avec une touchante naïveté les Occidentaux leur ont tenu un discours cartésien dont les maîtres actuels de Téhéran se gaussent depuis longtemps : la bombe ou la survie du régime ? Mais ils veulent les deux car ils savent bien que les coups récemment portés à leur économie par les sanctions leur compliquent la tâche.

    Les Israéliens qui se débattent dans ce maelström depuis leur existence savent à quoi s’en tenir, ils ne vont pas tarder à frapper les installations nucellaires iraniennes, persuadés que les monarchies pétrolières du Golfe ne supporteront jamais un Iran nucléarisé ! Imaginez alors ce que sera le marché du pétrole ou même l’OPEP avec un Iran doté de la bombe. Aucun pays n’osera s’opposer à la politique iranienne, je dis bien aucun !

    Autre exemple de l’étonnante démarche iranienne et que nous qualifions, nous, de duplicité, alors que c’est, à leurs yeux, une façon de se comporter comme une autre : alors que l’Europe a déjà voté un embargo sur le pétrole iranien, ce gouvernement émet un communiqué interdisant la vente d’hydrocarbures à la France et à la Grande Bretagne ! Mais ce pays n’importe plus la moindre goutte d’hydrocarbure d’Iran et quant à la France ses achats se limitent à environ 3% !

    Je m’interroge souvent sur le mode de formation de nos hommes politiques et de nos diplomates… L’idéologie même du régime des Mollahs est incompatible avec la paix dans la région. Le président Obama semble l’avoir compris, lui qui a envoyé son conseiller pour la sécurité nationale en mission en Israël. Lequel pays ne va pas tarder à s’en prendre à l’Iran mais pas nécessairement avec des escadrilles de chasseurs bombardiers.

    Il ne faut pas oublier que le judaïsme avait déjà rencontré la religion perse durant l’Antiquité et qu’une bonne partie de la littérature talmudique est née à l’ombre de l’empire sassanide. Partant, les militaires israéliens connaissent bien, par tradition, la mentalité iranienne. Et un ancien chef d’Etat-major, devenu ministre de la défense de son pays, est né en… Iran.

  • La fin du régime syrien

     

     

    La fin du régime syrien

    Hier, les choses se sont accélérées à Damas, oui au centre même de Damas, car à moins de huit cents mètres du palais présidentiel (je me fonde sur le reportage de Al-Arabiya ), des dizaines de milliers de manifestants ont bouché l’artère principale de la capitale : ils enterraient les morts de la veille et exigeaient le départ du président et la chute de son régime.

    Cette fois ci, les Chinois ne pourront pas dire qu’ils ignoraient tout de la situation syrienne puisque l’un de leurs dirigeants était sur place et il est peu probable que ses aides ou son ambassadeur ne lui aient pas dit ce qui se passait dans la ville…

    On dénombrait encore le lot habituel de morts, tués par balles, même dans le centre de Damas que le pouvoir n’arrive plus à défendre comme il l’aurait souhaité. Si ce pouvoir ne réussit plus à endiguer le flot de manifestants dans sa propre capitale, c’est que la fin est proche . On notera l’extrême jeunesse des morts d’hier : entre 17 et 21 ans ! Au moins quatre jeunes gens ont péri.

    Et pour compliquer l’ensemble, le gouvernement iranien, se sentant lui aussi menacé et en sursis (même vis à vis de son propre peuple) envoie deux petits navires de guerre d’un autre âge soutenir son allié syrien et narguer les Israéliens qui prennent l’affaire très au sérieux. Et je n’oublie pas les tentatives d’attentats contre les légations israéliennes dans différents pays dont les auteurs, tous iraniens, ont été arrêtés… Ces actes ne sont pas de nature à faire baisser la tension.

    Enfin, ce jour, le conseiller du président Obama pour la sécurité est actuellement en Israël pour débattre de la crise iranienne et il n’est pas sûr que les Américains n’en profitent pas pour donner une leçon mémorable au régime iranien, surtout si celui-ci osait envoyer des vedettes rapides s’approcher d’un peu trop près du Lincoln…

    Peut-on encore parler d’un printemps arabe. Vivement l’été !