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Vu de la place Victor-Hugo - Page 838

  • Les raisons amers de la révolution égyptienne

    Les raisons amers de la révolution égyptienne

     

    Il y a dans les tout premiers chapitres du livre du prophète Isaïe (VIIIe avant JC) une allégorie que l’on pourrait sans peine appliquer à ce qui s’est passé hier au Caire, lors de la première session du nouveau parlement égyptien (majlis al-cha’ab) .

    Le prophète Isaïe, dans sa volonté de stigmatiser l’attitude coupable de son peuple et sa désobéissance aux lois de D-, parle d’un veau vignoble que son propriétaire aurait nivelé, épierré, retourné dans tous le sens et enrichi à l’aide du meilleur engrais. Le tout pour y planter une vigne de prédilection. Mais voilà au lieu de donner des raisons sucrés et de bonne qualité, le propriétaire a eu droit à du verjus, c’est-à-dire à des raisins amers.

    Le sens (nimchal) de cette allégorie (machal) est le suivant : D- a donné toutes les chances à son peuple afin qu’il ait une conduite irréprochable et voici qu’en dépit de cet inlassable labeur, le peuple déçoit considérablement son bienfaiteur.

    C’est exactement ce qui vient de se passer en Egypte : avoir enduré plus de soixante ans de pouvoir sans partage de l’armée, seul corps organisé de la nation, avoir versé son sang en martyr, pour récolter un majlis où les islamistes barbus totalisent un peu moins de 5O% des sièges, où ces mêmes nouveaux élus modifient arbitrairement le serment de loyauté à la loi égyptienne (ajoutant qu’ils n’obéissent qu’à D-), où ils empêchent les collègues du parti libéral (celui de Hosni Moubarak) de présenter leur propre candidat… Beau début !

    Que vont faire ces hommes qui siègent dans un hémicycle que le vrai pouvoir, aux mains de l’armée, a déserté ?

    Les printemps arabes se sont dévoyés et je doute qu’on puisse en attendre quelque chose de prometteur. Ne faudrait-il pas plutôt se mettre au travail, redistribuer la manne nationale, lorsqu’elle existe ?

    Mais surtout, tout ça pour en arriver la ? Déjà les Egyptiens redoutent toutes sortes de problèmes avec ces islamistes…

  • Décision de la Ligue Arabe : Bachar a deux mois pour partir

    Décision de la Ligue Arabe : Bachar a deux mois pour partir

    Sous l’impulsion de son président qatari, la Ligue Arabe a surpris tout le monde par sa nette résolution de ne pas prendre de demi mesure : Bachar a donc deux mois pour transmettre ses pouvoirs à son vice-président qui devra veiller à la rédaction d’une nouvelle constitution, à mettre sur pied une assemblée constituante, prévoir des élections et composer un gouvernement d’Union nationale. Evidemment, de telles mesures sont inapplicables dans l’état actuel des choses, Bachar et son clan ne partiront jamais sans y être acculés par la force. Mais le Qatar n’a pas été suivi dans sa proposition d’envoi de troupes arabes en Syrie.

    Le plus important, toutefois, c’est le signal envoyé par les Arabes. Ce signal était très attendu par le conseil de sécurité de l’ONU qui va se considérer saisi indirectement par ces mêmes Arabes. Le conflit intérieur syrien connaîtra donc dans les prochains jours une nouvelle phase dans son évolution, la Ligue Arabe ayant reconnu qu’aucun dialogue n’était plus possible entre Bachar et son clan, d’une part, et les insurgés de l’autre. Soit dit en passant : la Ligue se sépare aussi un peu des conclusion du général soudanais qui plaçait la responsabilité des troubles et des morts des deux côtés : gouvernement et insurgés, alors que la décision de la Ligue révise ce jugement et place clairement le clan Assad sur le banc des accusés. Cette évolution défavorable au gouvernement syrien était nettement perceptible dès samedi sur les médias arabes qui n’hésitaient plus à parler des troupes d’Assad (al-djich el assadi) et non plus d’armée nationale.

    La réaction de Damas à cette préconisation n’a pas tardé : Bachar rejette les demandes de la Ligue et parle d’une ingérence grossière dans ses affaires intérieures.. Toute l’attention du monde se concentre sur la suite : que va-t-il se passer ? A peu près ceci : lâché par tous ou presque, les Russes étant les seuls à le soutenir avec, dans une moindre mesure, les Chinois, Bachar va accentuer la répression, provoquant sans doute une réaction musclée de l’ONU et des autres Arabes. Comme l’Iran va subir aujourd’hui à Bruxelles un flot de sanctions encore inégalées, il y a fort à parier que les deux réprouvés de la communauté internationale vont resserrer leurs liens, s’en traînant mutuellement dans leur chute.

    On est entré dans la phase finale des deux régimes qui seront balayés avant la venue de l’été, surtout si les rumeurs de bombardements de l’Iran devaient s’avérer.

    A moins que la sagesse finisse par l’emporter er dans ce cas, la fermeté aura payé. Pouvons nous l’espérer ? Pourquoi pas ?

  • omment la Syrie de Bachar manipule et oriente les observateurs de la ligue arabe…

    Comment la Syrie de Bachar manipule et oriente les observateurs de la ligue arabe…

    Dans un article paru en page intérieure du journal Le Monde daté d’hier, et repris d’ailleurs longuement dans la revue de presse de Al-Arabiya, hier samedi, on pouvait lire des détails effarants sur le comportement des autorités syriennes et aussi les agissements du général soudanais, chef de la mission des observateurs en Syrie.

    L’article tourne autour du cas de l’observateur algérien, ancien officier de l’armée, reconverti dans le journalisme, l’un des deux seuls observateurs qui ne dépendent d’aucun gouvernement ni d’aucune administration.

    Son témoignage est désastreux pour les autorités syriennes et contredit frontalement les déclarations et probablement aussi les conclusions du général soudanais, chargé de remettre un rapport à son autorité de tutelle, la Ligue Arabe.

    L’observateur algérien parle de micros et de caméras installés dans les chambres d’hôtel des observateurs. Il a même vu des photos de lui-même, alors qu’il prenait une douche. Les services syriens font circuler dans les couloirs de l’ établissement des femmes, des prostituées probablement, afin de faire chanter les observateurs et les tenir.

    Leurs téléphones portables et leurs fax sont surveillés. Les observateurs n’ont pas pu se déplacer librement et sont fortement encadrés. Lorsque l’Algérien a publiquement manifesté son opposition, il fut la cible de tirs, alors que son véhicule roulait vers Damas. Mais quelques heures plus tard, il se retrouvait à Doha, sur la plateau d’Al-Djazira où il a pu raconter son histoire.

    Malheureusement, la Ligue arabe va prolonger la mission de ses observateurs en Syrie en en doublant le nombre. Ce n’est pas bien, ce n’est pas moral car depuis l’arrivée de ces observateurs, il y a eu environ 600 tués, selon les membres de l’opposition…

    En outre, l’Iran et l’Irak envoient armes et munitions ainsi que de l’argent aux autorités syriennes. Dans ce cas, on s’oriente vers un scénario à l’iranienne : museler par tous les moyens l’opposition démocratique qui, désarmée, ne peut compter que sur elle-même. Et compter ses morts.