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Vu de la place Victor-Hugo - Page 949

  • e grâce, ne nous acharnons pas tant sur l’ancien Président Hosni Moubarak

    de grâce, ne nous acharnons pas tant sur l’ancien Président Hosni Moubarak

     

    A Venise, séjour durant lequel le me suis introduit la rédaction et l’envoi du moindre blog, un seul fait d’actualité m’a profondément peiné : la mise aux arrêts du président Moubarak et sa crise cardiaque. Quel retournement de situation : en février des palais nationaux avec la dignité d’un chef d’Etat au mois d’avril avec la convocation lancée par un juge, l’incarcération de ses deux fils et mise aux arrêts dans un hôpital militaire ! Quel retournement de situation !

    L’homme politique le plus puissant du Proche Orient, l’Egyptien Hosni Moubarak est devenu un vulgaire délinquant de droit commun. Pourtant, l’homme n’est pas méprisable même si le système qu’il a contribué à mettre en place et à prolonger a causé bien des torts à sa population.

    Est-ce une raison suffisante pour s’acharner sur un homme qui a dirigé l’Egypte durant trente années ? Certes, mesurée à l’aune de nos démocraties occidentales, une telle longévité est inconcevable et digne des plus grands reproches. Mais, dans l’absolu, si l’on met entre parenthèses le fait que les régimes arabes sont peu conciliables avec la démocratie parlementaire stricte, l’homme Hosni Moubarak a arrimé son pays à l’Amérique, fait la paix avec Israël (contre des milliards de dollars, il est vrai) et garanti la stabilité de la région durant trois bonnes décennies. Il a même tenu lorsque Gaza fut sévèrement ramenée à la raison il y a moins de deux ans.

    Ce qui me frappe le plus, c’est que les généraux au pouvoir actuellement, ont été promus par lui, lui doivent leur ascension et pour calmer les ardeurs de la foule qui exige des têtes, les mêmes lui offrent la tête du premier d’entre eux. C’est un mauvais calcul car la foule demandera d’autres têtes au sein même du Conseil suprême des forces armées…

    Moubarak est âgé et malade. Qu’on le laisse en paix, il a déjà 84 ans et a même refusé de se faire soigner, ne prenait pas ses médicaments en voyant la ruine et la chute de sa famille. Il est vrai aussi que près de 800 Egyptiens ont perdu la vie pendant les troubles… Ce n’est pas rien.

    En tout état de cause et quoi qu’il arrive, quelle leçon de l’Histoire. Surtout lorsque l’on se remet en mémoire ce que l’Egyptien Al-zawaayri, numéro 2 d’Al-Quaida a dit des changements dans son pays : d’une révolution populaire on est passé à un coup d’Etat militaire : min thawra cha’viyya sabahna fi-inquilab ‘asqari…

  • Venise, Venise, Venise : le pont des soupirs (IV)

    Venise, Venise, Venise : le pont des soupirs (IV)

    Savez vous ce qu’est le pont des soupirs ? En arrivant au D- i, tout près de l’hôtel, nous voyons un pont avec d’innombrables touristes qui en obstruent la voie de passage. Les appareils photos crépitent, les portables en font de même, les flashs fusent. Mais pourquoi donc un tel engouement pour un simple pont.

    La réponse nous est fournie par le maître d’hôtel du Harris bar, restaurant à la mode très prisée à Venise : les bagnards, en route vers la prison ou les condamnés à mort soupiraient en regardant ce dernier pont, conscients qu’ils ne reviendraient plus dans leur chère cité. D’où leurs soupirs.

    Aujourd’hui, on vous demande de faire un vœu quand vous le traversez, ce pont.

    Curieux comment la conscience humaine tente de dépasser les mauvais moments de son passé. Cela m’a fait penser au jeu de mots qui entoure la célèbre place de Marrakecj, Djama’ al-fna, en arabe le lieu de l’exécution capitale. Au lieu de dire al-fna on dit aujourd’hui al-fannane, qui veut dire les musiciens.

    En lieu et place des hurlements des condamnés à mort, décapités, on pose les sons mélodieux du ‘oud…

  • Venise, Venise, Venise : le vieux Ghetto (III)

    Venise, Venise, Venise : le vieux Ghetto (III)

    Dès notre arrivée, je trouve au D-i un message de mon grand ami véitien, le célèbre écrivain Ricardo Calimani, qui nous invite à visiter le palais vénitien où il habite. Quand nous arrivons chez lui, nous sommes éblouis par ces palais dont la façade n’et pas imposante et ne laisserait jamais deviner que de telles richesses se cachent derrière.

    Après la visite, D- qui a l’œil a tout, repère un petit restaurant juif où els tables sont posées près du canal. Nous nous approchons et découvrons qu’il s’agit bien d’un restaurant israélien mais qui est aussi cacher. Nous nous installons et une charmante jeune fille vient prendre la commande. Je note son accent en français qui n’est pas vraiment parisien mais dont la langue est châtiée.

    Quand elle revient avec les plats commandés, ma femme lui demande où elle a appris le français ; elle répond à Genève ! Je lui dis que j’ai enseigné à la faculté de lettres durant près de dix ans. Son visage s’illumine, elle dit qu’elle doit travailler pour financer ses études et qu’elle compte revenir dans la ville de Calvin pour devenir traductrice en polonais, français, espagnol et italien. Remarquable ! Le monde est si petit.

    Elle nous indique que le vieux Ghetto est très proche. Nous nous y redons et soudain je me souviens de mon auteur judéo-italien, Eliya Delmedigo (le Hellias Cretensis des Latins), le maître d’hébreu de Jean Pic comte de la Mirandole, le protégé du cardinal Frederico Grimani etc… Ce grand philosophe du début de la Renaissance, a vécu un certain temps à Venise. Il a arpenté les mêmes rues. J’avais traduit en 1992 son œuvre majeure, L’examen de la religion (Behinat ha-Dat), parue aux éditions du Cerf…

    Marcher sur les traces d’un tel homme illustre, mort à Candie en 1493, plus d’un demi millénaire après coup.

    Sur la grande place du vieux Ghetto, il y a une guérité occupée par une escouade de carabiniers lourdement armés. On aperçoit des jeunes hassidim de tendance habad (hochma, bina, da’at)

    Quel étrange peuple, chassé de partout mais revient toujours sur les lieux où il a vécu.