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Vu de la place Victor-Hugo - Page 773

  • A Jérusalem, même le ramassage des ordures est de nature politique.

    A Jérusalem, même le ramassage des ordures est de nature politique.

    Vu samedi matin sur Arte : les équipes de nettoyage de la vieille ville ont été interrogées par cette chaîne et ce qu’apprend ne manque pas d’intérêt : même le ramassage des orudres est une affaire fort délicate dans la ville sainte. Si j’étaisironique, je dirais qu’à Jérusalem tout est sacré et saint, jusques et y compris les ordures ménagères. C’est que la moindre entorse, le moindre faux pas peut être mal interprété et conduire à d’incalculables conséquences et répercussions.

    Quelques exemple pour montrer qu’à Jérusalem, les éboueurs sont à la fois des diplomates et des philosophes ! Ils ne doivent pas déranger les gens qui prient, ne doivent pas pénétrer dans des lieux saints qui ne sont pas les leurs. Exemple : le chef juif des éboueurs ne va jamais dans l’esplanade des mosquées afin de ne pas heurter les Arabes qui lui prêteraient des noires arrières pensées qu’il n’a pas forcément.. Pour le mur des lamentations, c’est un peu la même chose, même si les juifs, tenant la ville sous leur souveraineté regroupée, n’ont pas les mêmes appréhensions puisqu’ils sont chez eux.

    Les éboueurs sont à l’œuvre entre 6 heures et 9 heures du matin. Il dispose d’une dizaine de tracteurs qui sont des dimensions réduites en raison de la topographie des lieux. Mais surtout ils doivent attendre que les Grecs Orthodoxes aient achevé leur procession afin de ne pas interrompre l’exercice de leur culte. Les éboueurs font donc preuve de diplomatie et vont nettoyer ailleurs, le temps que les prêtres aient regagné leur église.

    Comme je le notais plus haut, le cas des juifs est spécifique : il y a 25000 musulmans dans la vieille ville, 3000 chrétiens et 3000 juifs. Après la reprise de Jérusalem en juin 1967, l’Etat d’Israël a réaménage tout le secteur du mur du temple. Toutefois, la vieille ville demeure habitée par les musulmans. Les quertiers sont nettement délimités. On a vu le cas d’un Arabe qui a vu arriver, à sa grande surprise, un voisin juif. Sans manifester d’hostilité ouverte, l’homme a souligné qu’il ne recevrait jamais ce voisin lequel n’a pas d’ailleurs l’intention de l’honorer d’une visite, étant un juif ultra orthodoxe. Selon le commentateur d’Arte, les Israéliens achètent à prix d’or de vieilles demeures arabes grâce à des fonds de richissimes juifs américains. Mais les Arabes qui vendent leurs biens quittent immédiatement le pays par crainte de sanglantes représailles.

    On a aussi entendu dans le reportage des Arabes se plaindre des restrictions apportées selon eux à la visite de la mosquée le vendredi. Les autorités israéliennes imposent une condition d’âge, la quarantaine, afin de ne pas laisser des jeunes provoquer des émeutes après la prière. Ce n’est pas l’idéal mais la sécurité prime sur tout le reste, dans cette cité la plus sécurisée au monde.

    A la fin de ce reportage, se rapprochant de l’objectivité sans jamais l’atteindre vraiment, j’ai pensé à tous ces poètes juifs, ces philosophes juifs, ces liturgistes juifs qui, du fond de leur exil séculaire, aspiraient de toutes les fibres de leur être à rejoindre le berceau historique de leur foi et de leur nation. ET pednant deux millénaires, les juifs n’ont jamais pu venir prier en toute liberté à Jérusalem.

    Mais soyons comme ces éboueurs-philosophes, ne faisons pas de politique avec le secret espoir qu’un jour, que nous souhaitons prochain, Dieu fera émaner sa grâce sur le cœur des hommes, de tous les hommes. Et ce jour là, même les authentiques philosophes se feront les éboueurs des idées fausses de haine et d’esclsuion

    Maurice-Ruben HAYOUN

    In Tribune de Genève du 5 août 2012

  • Israël 2012

    Israël en août 2012.

    Apparemment rien n'a changé. Les choses se déroulent commel'an dernier. Le pays est toujours aussi dynamique, vivant, insouciant.

    La crise syrienne n'a aucun impact apparent, même si des masques à gaz sont distribués à la population.

    Mais tout le monde sait que le régime de Bachar est condamané et observe avec attention qui va lui succéder.

    Les merguez chez Jacky sont toujours aussi bonnes mais trop pimentées.

    Enfin, pourvu que cela dure. Mais surtout le soleil est toujours au rendez vous.

    Pour ceux qui suivent la saga du roi David sur France 2 le dimanche matin avec Josy Eiseenberg, il faudra patienter jusqu'au 14 octobre car le mois d'août il n y a que des rediffusions, le mois de septembre les fêtes juives et enfin le roi DAvid.

    Bonnes vacances

  • Exécutions sommaires en Syrie

    Exécutions sommaires en Syrie

     

    En Syrie, et notamment dans la ville d’Alep, c’est une lutte à mort qui est engagée entre les rebelles et les forces du régime. Les deux parties savent que le vainqueur de la bataille d’Alep l’emportera définitivement : en effet, si les troupes de Bachar ne réussissent pas à contrôler la capitale économique du pays, c’est le régime tout entier qui sera vaincu. Or, à moins que tout ne trompe (pour parler comme les Allemands) l’armée syrienne recule et les insurgés ont même sécurisé un couloir menant de la métropole du nord à la frontière turque, ce qui permet un acheminement sans problème d’hommes et de matériel. Bachar ne semble plus en mesure de motiver son armée et de protéger les postes-frontières avec les pays voisins. Or, la Turquie abrite et reçoit les chefs militaires de l’insurrection et sert de base arrière.

     

    Si les insurgés gagnent du terrain, ils ont, en revanche, commis des crimes de guerre à la face du monde : hier, alors que je m’exerçais en regardant al-Jazeera, j’ai soudain vu que l’on collait une dizaine d’hommes aux visages ensanglantés et tuméfiés, contre un mur… Et s’ensuivit une fusillade d’au moins une minute ! Les insurgés avaient exécuté sommairement leurs prisonniers, symboles d’un régime sanguinaire honni. Ce spectacle a révulsé des millions de téléspectateurs et causera du tort aux rebelles qui adoptent désormais les mêmes méthodes que le régime d’Assad lequel tue, torture et brûle tout sur son passage. C’est la politique de la terre brûlée ( siyassat al ard al-mahrouka).

     

    La guerre, car c’en est une et ceux qui font mine de l’ignorer ne leurrent qu’eux-mêmes, pousse les combattants des deux camps à commettre des exactions en réponse à celles de leurs ennemis. Il est vrai que le régime syrien a toujours régné par la terreur mais si les insurgés veulent conserver leur capital de sympathie auprès de l’opinion publique mondiale qui est à leurs côtés, ils doivent respecter la vie humaine…

     

    Qu’est ce que cette façon de laisser à terre le corps criblé de balles du général commandant de la gendarmerie d’Alep ? Qu’est ce que cette façon de torturer les prisonniers. Il ne faut pas confondre torture et résistance.

     

    On apprend aussi que des combats ont éclaté dans les quartiers chrétiens de Damas. N’oublions pas que ce qui nous paraît incompréhensible ici en Occident est monnaie courante en Orient. Les chrétiens, amis d’Assad qui leur servait de protecteur, vont sûrement payer au prix fort leur alliance dictée par la nécessité du moment. Ils vont donc avoir à choisir entre un sort cruel et terrible sur place et / ou l’exil. Et c’est ainsi que l’Orient arabe se videra de toute présence chrétienne alors que c’est sur cette terre que la religion de Jésus fit ses premiers pas. Hier soir, Canal + a diffusé un long reportage sur les acquisitions immobilières du Hezbollah libanais qui reprend les terrains des villages chrétiens à prix d’or…

     

    Après l’Irak que les chrétiens quittent en masse, voici venu le tour de ceux de Syrie et du Liban. C’est triste.

     

    Maurice-Ruben HAYOUN

    In Tribune de Genève du 2 août 2012