LE REVEIL DU MONDE ARABE : DU RJET DES DICTATURES AU MULTICULTURALISME
La dictature, sous toutes les latitudes, ne permet pas le libre examen ni la liberté d’opinion. Cela va de soi car le moindre mouvement d’une pensée autonome s’en prenait au fondement même de ce système qui opprime les hommes.
Faisons un pari et essayons de voir si la déferlante qui a balayé l’Egypte après la Tunisie est susceptible d’apporter cet oxygène de la pensée qu’est le livre examen, notamment des textes religieux.
Maintenant que tous les régimes dictatoriaux arabes se sentent menacés, et cela fait beaucoup de monde, est-ce que les hommes et les femmes de ces pays vont enfin jeter un regard scrutateur et critique (en somme un regard intelligent) sur les sources qui inspirent leur essence profonde ? Après s’être doté d’un régime politique convenable, des interdits théologiques d’un autre âge devraient progressivement disparaître car ils ne pourront jamais co-exister avec des idées démocratiques avances.
Que pourrait-il alors se passer ? Probablement l’instauration d’un authentique dialogue des cultures permettant aux minorités non musulmanes de vivre, sans être inquiétées, dans un environnement majoritairement musulman. Mais aussi, au sein même de ce monde, le libre examen des sources religieuses, une sorte de critique textuelle comme elle existe chez les juifs et les chrétiens depuis Abraham ibn Ezra, l’Oratorien Richard Simon et le philosophe Bénédict Spinoza.
Un prêtre maronite fort connu mais que je ne nommerai pas car il m’a prié de ne pas le faire, me confiait un jour que ce qui le heurtait le plus, lui chrétien vivant dans un monde musulman, teanit à deux choses : le refus absolu de toute critique des textes religieux et le confinement des femmes dans des fonctions subalternes.
Et d’ailleurs, on a vu le rôle joué par les femmes dans la révolution égyptienne et aussi dans celle de la Tunisie.
Vu de la place Victor-Hugo - Page 977
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LE REVEIL DU MONDE ARABE : DU RJET DES DICTATURES AU MULTICULTURALISME
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SANS SES AGRICULTEURS LA FRANCE N’EST PLUS LA FRANCE
SANS SES AGRICULTEURS LA FRANCE N’EST PLUS LA FRANCE
Vu avec beaucoup d’émotion hier soir, samedi peu avant vingt heures dans l’émission de Thierry Ardisson, Salut les terriens, un agriculteur qui s’est opposé au ministre de la fonction publique. L’homme, indigné et au bord des larmes, expliquait comment il avait, acculé, pris la décision de faire arracher ses pommiers car il vendait aux grandes surfaces ses pommes à 17 cts d’Euros le kg alors que cela lui revenait nettement plus cher. Et surtout qu’il retrouvait ses pommes à plus de 2 € le kg dans ces mêmes grandes surfaces. C’était déchirant à entendre et à vivre.
Il fut aussi question de ces agriculteurs qui se suicident, de ces productrices de lait qui travaillent à perte et de ces contrats envisagés par le parlement européen de Strasbourg qui ouvrent la voie aux produits d’Afrique du Nod et d’Amérique du sud. Ce qui va donner le coup de grâce à nos productions agricoles et laitières.
Qu’on se le dise : la France sans ses agriculteurs, ses éleveurs et ses producteurs de lait ne sera plus la France. Aurait-on oublié la phrase frappée au coin du bon sens qui vantait les deux mamelles de la France ?
Ceux qui admettent ce changement brutal, voire la mutation de la France qui irait d’un pays dévoué à l’agriculture à un pays comme l’Allemagne, spécialiste des industries lourdes et de pointe, arguent de la mondialisation. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que le travailleur africain ou arabe ou chinois se fait payer nettement moins cher que l’ouvrier français… Cet argument n’est pas dépourvu de fondement : mais alors devons nous avaliser une baisse constante du pouvoir d’achat de nos agriculteurs ? J’avoue ne pas savoir.
Ce que je sais en revanche, c’est que nous tenons tous à la France de notre enfance avec son lait, son beurre et ses excellents fromages. Je goûte aussi, cependant, le bon gruyère suisse… -
UNE AUTRE LECTURE DE L’ACTION DU PR OBAMA DURANT LA CRISE EGYPTIENNE…
UNE AUTRE LECTURE DE L’ACTION DU PR OBAMA DURANT LA CRISE EGYPTIENNE…
Pour être équitable et donner la parole à d’autres sensibilités et tendances, différentes de la mienne, je veux bien prendre la question par un autre bout, plus favorable à l’action du Président US bien que de grands journaux tels Le Monde aient pris le même angle d’attaque que moi.
Selon cette thèse, c’est le discours du président US l’année dernière au Caire qui aurait fait fonction de semence de la dissolution et de la disparition soudaine du régime de Moubarak en Egypte et ouvert les yeux aux jeunes et aux femmes du monde islamique dans son ensemble.
Le Président US y disait que le monde arabo-musulman n’avait rien à craindre de l’Amérique, que celle-ci ne serait jamais son ennemie et qu’il avait lui aussi, Obama, des musulmans dans sa famille. Soit dit en passant : une telle affirmation a conduit 30% de ses compatriotes à voir en lui, un non chrétien , étranger aux USA. M. Obama soulignait que l’islam était soluble dans la démocratie et que son milliard de croyants n’était pas condamné à vivre sous la dictature…
Selon les partisans d’Obama, ce serait ce discours qui aurait fait des petits, s’immisçant insidieusement dans l’esprit des masses et des foules arabes, leur montrant la voie à suivre. Ce même discours aurait été, comme Fichte en son temps, un appel à la notion arabo-musulmane, comme le célèbre professeur d’Iéna en avait appelé à la nation allemande, du temps des guerres napoléoniennes… Les femmes, elles aussi, auraient été touchées par un tel appel et ont joué un rôle indéniable dans la révolution de –Meydane al-Tahrir
Ce discours aurait mis plus d’un an à germer mais on en a vu les résultats en Tunisie et en Egypte. Selon les pronostics, le prochain maillon faible serait le Yémen, suivi soit par la Jordanie soit par l’Algérie.
Selon cette interprétation très généreuse à l’égard de M. Obama, l’homme aurait su trouver le canal pour agir sur ce monde arabe si compliqué… C’est possible mais je ne suis pas convaincu. Je préfère –et de loin- le bel article publié par M Luc Ferry en cette fion de semaine dans Le Figaro.