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Vu de la place Victor-Hugo - Page 979

  • Les soubresauts du printemps égyptien et les maladresses du Pr Obama

    Les soubresauts du printemps égyptien et les maladresses du Pr Obama

    J’ai lu ou entendu quelque part un journaliste dire que l’actuel président américain était pire que son lointain prédécesseur M. Jimmy Carter. Cela pourrait s’avérer. Si l’on analyse, même sans approfondir le discours nocturne du Président Hosni Moubarak, on discerne qu’il se maintient pour faire pièce aux tentatives d’ingérences et aux pressions inacceptables des USA.
    Ces derniers, on le répète, sont obsédés par l’équation suivante : si le mouvement de la Place de la Libération devait perdurer, nul ne peut prédire qu’il ne virerait pas à l’iranienne, nul ne peut garantir que des agents de la subversion n’en prendraient la tête pour en tirer profit, frustrant ainsi la jeunesse égyptienne de sa révolution.

    En effet, à quoi se limite le programme des protestataires ? A un seul point, le départ immédiat de l’actuel président. Voulant les récupérer, le président US tente d’aller dans leur sens et réclame lui aussi le départ de l’homme fort d’Egypte. Ce dernier, fier général, d’une autre trempe que celle de Ben Ali, a redit qu’il mourra et sera enterré en Egypte, cette Egypte pour laquelle il a toujours vécu et s’est sacrifié.

    C’est vrai.

    Intervient alors une série de mesures dont l’Orient a le secret qui sont autre chose que ce pour quoi elles se donnent. Notre Occident, coulé dans le moule du cartésianisme, ne comprend pas cela, arc-bouté qu’il est sur les principes de l’identité et de la contradiction. Le Président égyptien transfère une partie de ses pouvoirs à son vice président, et parallèlement, l’armée dit qu’elle prend la situation en main. Et pour compliquer les choses, le Pr Moubarak prend la parole pour dire qu’il est toujours là et ne démissionne pas. Alors entre les mains de qui repose le pouvoir ? Nul ne le sait.

    Ou plutôt, si : entre les mains de l’armée qui manœuvre en finesse tout en renforçant ses positions pour évacuer le foyer de la contestation.

    Que retirer de tout cela ? Un nouveau fiasco de la diplomatie américaine au Proche Orient. Ce n’est pas le Pr Moubarak qui est le grand perdant, le grand perdant se situe de l’autre côté de l’Atlantique.

     

  • En Egypte, l’armée prend le pouvoir

    En Egypte, l’armée prend le pouvoir

     

    Suivi cet après-midi sur Al-Djazira . Un journaliste visiblement en désarroi apprend qu’un conseil supérieur des forces armées a pris le pouvoir en Egypte. Lorsqu’il demande au correspondant au Caire ce qu’il est advenu du Président Moubarak, ce dernier ne sait que répondre mais souligne que c’est le chef de l’Etat égyptien qui a transmis à l’armée les pleins pouvoirs.

    En somme, l’armée siffle la fin de la récréation. Ayant vu que rien n’incitait les protestataires à quitter la Place de la Libération, l’armée s’est inquiétée des troubles de plus en plus graves qui gagnent l’ensemble du pays.

    J’ai entendu en direct le chef d’etat major de l’armée annoncer la nouvelle qu’il a motivé par la nécessité de défendre la patrie et les habitants de l’Egypte.

    Que s’est-il passé ? Hier, déjà, j’avais cru comprendre que le ministre des affaires étrangères était opposé à une révision de la constitution dont certains articles empêchent certains partis (i.e. les Frères musulmans) à se porter candidat à la présidence. Il semble que le pouvoir ait été moins désemparé qu’il n’y paraissait ou, en tout cas, qu’il ait repris ses esprits et organisé en douceur la reprise en main.

    Que va-t-il se passer à présent ? Si cela se vérifie, l’armée va administrer le pays, ce qui signifie la loi martiale, la suspension de certaines libertés pour hâter un retour à la normale. C’est que les pertes économiques sont déjà énormes et le tourisme, véritable poumon du pays, est exsangue. Mais l’armée ne reviendra pas sur certains acquis, même fragiles, de la révolution des jeunes (Thawrat al-Chabab).

    Au plan diplomatique, cela signifie une cuisante défaire du président Obama qui a dû céder devant ses propres conseillers et ses généraux du Pentagone. Lui qui voulait une transition démocratique en bon ordre et rapidement, en est pour ses frais. Que l’armée soit appelée à la rescousse n’est pas un bon signe et on la voit pas faire la courte échelle aux Frères musulmans, ses ennemis jurés.Cela n’augure rien de bon pour le renouveau démocratique.

    Je laisse à de plus experts que moi le soin de déterminer ce président US est en mesure de dénouer des crises ou simplement de les gérer au mieux.

    Il faut dire que ce mouvement avait de quoi inquiéter : dépourvu de chef, n’ayant aucun programme sinon le vide du pouvoir, il symbolisait l’aventurisme le plus dangereux. En outre, rien ne garantissait que la situation, si elle venait à perdurer, n’évoluerait pas à l’iranienne… L’obsession des USA et on les comprend. Finalement, c’est cette crainte qui a conduit à la décision de mettre l’armée en première ligne.

    Personnellement, je pense qu’après une certaine période, l’armée optera pour une timide libéralisation du régime, sans remettre ses bases en cause. Or, c’est ce que voulaient les manifestation de meydane al-Tahrir. Est-ce à dire que la révolution a échoué avant même que de commencer à récolter ses premiers fruits ?

    Attention à l’armée ! Vous vous souvenez de ce que disait Nikita Kroutchow : vous pouvez tout faire avec des baïonnettes, sauf vous asseoir dessus…

  • L’effondrement de la morale sociale : arracher son sac à une vieille dame…

    L’effondrement de la morale sociale : arracher son sac à une vieille dame…

     

    Ce matin, je m’en veux un peu, je m’en veux d’avoir laissé échapper une nouvelle qui pourrait passer pour un fait divers mais qui dénote un malaise profond de notre corps social : vers la fin de ce mois de janvier écoulé, des jeunes gens de quize à dix-huit ans (arrêtés depuis) ont arraché à une dame de 73 ans son sac à main et l’ont traîné sur plusieurs mètres, provoquant son décès quelques jours après son hospitalisation. Cela s’est passé à Marseille.

    Le regard du philosophe éthique doit se porter sur de tels actes assez abominables mais qu’il faut analyser.

    Où sommes nous et dans quel monde vivons nous ? Comment des adolescents peuvent-ils se conduire ainsi face à une vieille dame qui pourrait bien être leur grand mère ? N’ont-ils jamais eu le moindre cours d’instruction civique ? Leurs familles ne leur ont elles jamais inculqué le moindre enseignement moral ?

    Il est vrai que notre société a depuis belle lurette divorcé de toute éthique qu’elle soit politique, sociale ou simplement humaine. Et pourtant, nous disposons aujourd’hui d’instruments de communications (réseaux sociaux) qui nous permettent de nous adresser à des millions de gens par un simple clic… A-t-on pensé à faire passer le moindre message dans ce sens, celui de la bonne conduite, de la morale, du respect d’autrui?

    Une chose m’inquiète particulièrement : en s’en prenant à des personnes âgées, à un moment où l’espérance de vie croît et où le vieillissement de la population est incontournable, on attise les conflits entre les générations et on désigne les futurs retraités comme des privilégiés insupportables, dotés de gros moyens, alors que des êtres jeunes manquent de l’essentiel. Ce raisonnement bien spécieux est en train de faire son chemin et dans mon arrondissement je vois maintes personnes âgées se faire accompagner par des adultes valides, de peur, justement, d’être agressées…

    Nous devons avoir honte de ce qui passe. Et nous devons absolument restaurer un minimum d’ordre moral ou éthique (appelez le comme il vous plaira). Mais les politiques peuvent-ils le faire ? J’en doute.

    Nous appelons de nos vœux l’émergence d’une autre force sociale qui unirait tous les courants spirituels de notre époque afin d’inculquer à la jeunesse des principes fondamentaux.

    Quand je pense que déjà le Deutéronome (622 avant JC : presque trois mille ans !!) prêchait le respect des personnes âgées…