Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Vu de la place Victor-Hugo - Page 985

  • LA SITUATION EN EGYPTE

    LA SITUATION EN EGYPTE
    Apparemment, le président Moubarak a fait preuve de plus de savoir faire et d’intelligence que son malheureux homologue tunisien, contraint de plier bagage en moins de trois heures et de se retrouver en exil, bien loin de chez lui. Le scénario que j’envisageais s’est réalisé : une petite révolution de palais, comme dans du velours, puisque le chef des services secrets, l’homme de confiance du président, a été nommé vice président tandis q’un autre général, déjà ministre, a été promu Premier Ministre. L’arméee  n’a pas lâché son chef, elle a repris un pouvoir qu’elle n’avait jamais quitté, mais elle le fait sous couvert de respect constitutionnel.
    Il semble que les dignitaires de l’armée se soient entendus sur une bonne sortie de crise en plusieurs étapes : d’abord, on dote le pays d’un nouveau gouvernement pour calmer les manifestants. Ensuite, on rétablit l’ordre. Pour finir, on enclenche quelques réformes qui faisaient tragiquement défaut et pour finir, M. Moubarak passe la main à son Vice président et homme de confiance, le général Omar Soleimane…
    Ce dernier connaît parfaitement les rouages de l’Etat et surtout ceux de l’armée car il est la tête de l’appareil sécuritaire depuis de nombreuses années. En outre, il a la confiance des pays occidentaux et est un partenaire apprécié des Israéliens qui ne manqueront pas de le prévenir si des menaces imprévues venaient à compromettre son action.
    Que penser de tout cela ?
    Hélas, même si la stabilité devait revenir, on n’oubliera pas les victimes, plus d’une centaine, nous dit-on, au cours des émeutes. Le retour à la normale ne se maintiendra que si la situation des masses égyptiennes devait changer. Tous ces peuples, privés de démocratie et de liberté depuis des décennies, doivent réduire leurs armées, leur politique bellciste et tout miser sur l’économie et l’éducation. Tous ces régimes ont argué de situation de crise à l’extérieur (Israël) pour se maintenir au pouvoir. Et pour y parvenir, ils sont semé le vent…
    En arabe, on dit aladi yazra’ou al hawa yahassdou a-rih

  • LE PRESIDENT HUSNI MOUBARAK VA PARTIR

    LE PRESIDENT HUSNI MOUBARAK VA PARTIR

    Oui, c’est la question que tout le monde se pose : le raïs égyptien va-t-il devoir quitter le pouvoir, suivi ou précédé par son fils, qui est presque aussi haï que lui ? La situation empire et un vent mauvais semble menacer tous les dirigeants arabes ayant usurpé le pouvoir depuis des décennies, depuis le Maroc jusqu’au Pakistan. Certes, les régimes en question tentent de s’accrocher à leurs positions mais nul ne peut éternellement résister à la pression de la rue. Rien qu’hier soir, près de 20 tués en Egypte, victimes qui portent à 27 le nombre de morts lors des manifestations, ou ne faudrait-il pas dire plutôt les émeutes ?
    Décidément l’étincelle tunisienne se révèle redoutable et particulièrement puissante. Qui aurait pu prévoir pareil embrasement ? Des régimes paraissant indéracinables, appuyés par la force armée, s’effondrent comme des châteaux de cartes.
    Me reviennent en mémoire les imprécations des grands prophètes d’Israël qui prévoyaient l’effondrement fracassant des anciennes satrapies de l’Orient … Mais que va-t-il se passer ?
    Revenons à la situation en Egypte : un fait ne trompe pas et qui se révèle fort inquiétant pour le président Moubarak : quelques scènes, encore rares mais existantes, de fraternisation entre la troupe et les manifestants. N’oublions pas que les islamistes sont présents dans parmi les hommes du rang et les officiers de rang subalterne, ceux là mêmes qui commandements les équipages de chars, lâchés contre les manifestants.
    Mon pronostic est le suivant : vu que seule l’armée peut prendre ou rendre le pouvoir à l’armée, il y aura une petite révolution de palais : les généraux et notamment le maréchal qui dirige l’institution militaire demanderont à Husni Moubarak de partir pour raisons de santé. C’est l’unique façopn de préserver l’Egypte. Mais le problème est que des religieux appellent déjà au renversement du pouvoir et à la prise de contrôle par les islamistes qui instaureront un règne de la charia. Et , ajoutent-ils, mettront fin aux régimes corrompus soutenus par les Occidentaux… C’est ce qu’on pouvait entendre ce matin.
    D’ici le mois de juin 2011, maints régimes arabes auront disparu sous les coups de boutoir des manifestants. Espérons alors que ce monde arabe, si fâché avec la démocratie depuis des décennies, instaurera des régimes nouveaux, pacifiques et équitables. Et fera la paix avec Israël.

  • La crise prolitique profone du monde arabe

    La crise prolitique profone du monde arabe

     

    Vu sur I-Télé dans la nouvelle émission de Guillaume Durand et de Mickaël Darmon, Madame Michèle Alliot-Marie qui parlait des démarches politiques de la France face aux crises qui secouent la Côte d’Ivoire, mais aussi, et principalement, le monde arabe, gagné par la contagion de la contestation tunisienne.

    Comment s’explique la situation actuelle ? Selon les intervenants par le fait que la marmite a été hermétiquement scellée pendant des décennies, et que l’évolution du monde extérieur a fini par porter ses fruits et réintégrer tous ces régimes arabes totalitaires dans le concert des nations démocratiques et des opinions publiques civilisées.

    Prenons ces trois exemples : Tunisie, Egypte et Yémen. Les gouvernants n’ont pas changé depuis respectivement 23 ans, 30 ans et un peu plus au Yémen. Le problème, c’est que ces régimes ont mis à profit des situations délicates passagères pour suspendre les libertés publiques, favoriser la corruption et bâillonner ainsi les aspirations légitimes de leurs peuples.

    Pendant des décennies, le monde arabe a argué d’une altérité incompréhensible pour maintenir en place des régimes rétrogrades/ Et lorsque l’Occident leur faisait discrètement comprendre qu’il fallait s’ouvrir et évoluer, ces régimes répondaient qu’ils étaient le seul et dernier rempart contre l’islamisme. Ce qui revenait à dire : c’est nous ou le chaos…

    Ce que ces autocrates n’avaient pas prévu, c’était la pression de leurs jeunesses respectives et sa désespérance : une jeunesse diplômée mais qui ne trouvait pas de travail, un pays riche (comme l’Algérie) mais des habitants pauvres, contraints de s’exiler vers l’Europe, au risque de leur vie. Et en face d’eux, une classes de possédants arc-boutés sur les privilèges et leurs rentes de situation. Les soubresauts que nous vivons étaient donc inévitables. La question qui se pose aujourd’hui ; la transition vers les régimes démocratiques normaux se fera-t-il sans heurts, sans effusion de sang ? C’est ce que nous souhaitons du fond du cœur.

    J’ajoute que cette nouvelle culture politique pourra provoquer une retombée, une influence bénéfique sur la conception même de la culture et de la spiritualité islamiques…