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Vu de la place Victor-Hugo - Page 482

  • Iran / USA: l'accord se fissure

    Iran / USA: l’accord se fissure…

    On ne se réjouira pas de la vérification de nos hypothèses par les faits. Mais il faut bien se rendre à l’évidence ; Américains et Iraniens ont déjà de l’accord des interprétations non plus divergentes mais contradictoires. On disait ici même que le but majeur et ultime des Mollahs est la levée, la suppression totale et immédiate des sanctions. Alors que les USA optent pour une suspension partielle et progressive des sanctions qui seront rétablies et même renforcées (par le Congrès), en cas de rupture iranienne, ce qui ne manquera pas de se produire car la direction iranienne est pluri Céphale et largement divisée : on ne voit pas les pasdaran, les gardiens de la révolution et les bassidji jeter aux orties leurs objectifs majeurs : la révolution islamique qui les maintient au pouvoir et la haine d’Israël qui leur sert de mobilisation de leurs partisans. S’ils s’en écartaient, ils seraient aussitôt écartés du pouvoir. Donc, on est dans une impasse.

    On avait déjà attiré l’attention sur une phrase de Hassan Rouhani parlant de l’ouverture de son pays sur le monde, on en retiendra une seconde, prononcée hier, encore plus sibylline que la précédente : l’accord tiendra si les deux parties respectent leurs engagements. En fait, cette mise en garde s’adresse surtout à ses opposants iraniens qui considèrent que l’actuel président de la république islamique est un modéré qui ne représente pas vraiment les intérêts vitaux de leur pays, tels qu’ils les conçoivent. On a déjà entendu l’affirmation du général des supplétifs bassidji selon laquelle tout peut être négociable, excepté la volonté de détruire Israël. Si ce n’est pas une tentative de torpiller les négociations, et donc les vœux de Rouhani, qu’est ce donc, au juste ?

    Le ministre français des affaires étrangères a fait preuve d’une grande lucidité en disant qu’il saluait l’accord mais qu’il restait encore beaucoup à faire. Bref, en termes diplomatiques, qu’il avait beaucoup de réserves concernant la volonté sérieuse des Mollahs de respecter l’accord.

    En fait, les choses sont faciles à comprendre : toute une décennie de sanctions ont mis l’économie de ce pays à genoux. Quand les gens rentrent chez eux, il leur faut trouver de quoi boire et manger. ET pas de l’idéologie. Or, le renchérissement des denrées alimentaires de base rendent la vie quotidienne de plus en plus difficile. Rouhani et ses partisans ont compris que l’Iran n’était plus à l’abri d’une explosion populaire. Il fallait donc faire preuve de pragmatisme et gagner du temps.

    Que nous réserve n’avenir ? Il y aura à Téhéran une véritable épreuve de force entre partisans et adversaires de Rouhani ou du guide suprême de la révolution, lequel a dû répéter lors de la grande prière du vendredi qu’il ne négociait avec les USA que pour le nucléaire et sur rien d’autre. Entendez ceci : il n’y a pas de rapprochement avec les USA…

    Même en cette période Pâques on il est question de libération de l’esclavage d’Egypte, d’une part, de Résurrection, de l’autre, les choses n’ont pas l’air de s’arranger. Et l’on se demande vraiment s’il ne faudrait pas une robuste manifestation de la Grâce dans ce pauvre monde pour que les choses changent enfin…

  • Iran / Irak: les dessous d'un accord

    Iran / Etats Unis: les dessous d’un accord

    De multiples indices montrent aujourd’hui, que les pourparlers de Lausanne n’étaient qu’un paravent destiné à enfumer l’opinion publique internationale et les alliés des USA, que tout était réglé d’avance secrètement à Oman et ailleurs, et que John Kerry prétendait simplement prolonger sa présence en Suisse pour achever de mystifier les observateurs. Il savait pertinemment que l’accord était déjà paraphé

    Le premier indice qui pointe dans cette direction est l’étonnante modération du président Rouhani, qui est, certes, un théologien, un intellectuel persan rompu à la finesse exégétique et un spécialiste de la rhétorique, même parfois trompeuse, comme il s’en était vanté publiquement il y a plus d’une décennie quand il faisait partie de l’équipe des négociateurs iraniens. Il a donc joué son rôle de bon élève tandis que M. Obama jouait le sien, celui du méchant qui met en garde, menace de futures sanctions en cas d’infidélité à l’accord, etc…

    Hassan Rouhani a hâte de tourner cette page, il l’a dit et répété avec insistance. Certes, la dureté des sanctions économique a étranglé l ‘Iran et mis à terre son économie, plongeant une bonne partie de la population dans des difficultés quasi quotidiennes sans nom. Il faisait allusion à la politique désastreuse de son prédécesseur, mis au placard et dont le jusqu’auboutisme n’a vraiment pas rendu service à son pays. Au mépris de l’évidence, cet homme clamait urbi et orbi que l’Iran n’était nullement gêné par les sanctions alors que la monnaie nationale avait perdu plus de 30% de sa valeur…

    L’autre indice d’un accord secret est l’insistance avec laquelle Washington disait tenir à un accord et à y croire. Si rien n’avait été fait à l’écart de medias et de la presse, comment pouvait on préjuger de l’imminence d’un tel accord ? C’est qu’il avait été obtenu par avance.

    Redoutables négociateurs, les Iraniens sont su exploiter les changements internationaux intervenus dans la zone et qui font de lui, que cela plaise ou non, un allié objectif des USA. Les deux pays combattent les mêmes ennemis en Syrie et en Irak, deux pays satellites dont l’Iran a réussi à faire des protectorats. L’aviation US bombarde des positions de Daesh que les forces terrestres iraniennes investissent par la suite.

    Mais voilà, Téhéran combat les sunnites au Yémen, alors que ces mêmes sunnites sont les alliés des USA qui les soutiennent au plan logistique ! On réalise donc que Téhéran  a toujours plusieurs fers au feu et que la direction iranienne doit compter avec une forte opposition intérieure, regroupée autour du Guide suprême… Les Américains ne vont donc pas tarder à réaliser qu’ils ont conclu un marché de dupes et ont été bernés.

    On ne peut pas tirer ensemble dans la même direction en Syrie et en Irak et se tirer dessus au Yémen. La confiance faite aux Iraniens bute sur ses limites et ses contradictions.

    On ne cessera pas de le répéter : oui, la jeunesse iranienne est bien formée, oui les femmes y ont plus qu’ailleurs des grades universitaires, oui le pays a d’immenses réserves, tout ceci est bien. Mais il y a tout le reste : le régime foncièrement anti-démocratique et anti-républicain, la haine d’Israël et de l’Amérique (ce que Obama fait semblant de ne pas voir, à la fin de la prière de chaque vendredi, où des milliers de gens crient : Mort à l’Amérique !), et les crimes de ce régime qui bafoue ouvertement les libertés.

    En fait, cet accord-mirage ne vise qu’une chose : la levée des sanctions qui, elles, menacent vraiment la survie du régime des Mollahs lequel ne peut tenir qu’en ayant des ennemis contre lesquels il mobilise sa population. Car, qu’avait il à vouloir se doter de l’arme nucléaire ? Tout ce qu’il a réussi à faire, c’est liguer tout le reste du monde contre lui. Et il y a englouti des milliards de dollars qu’il aurait pu dépenser ailleurs.

    Il existe aussi un aspect qui fait des industriels du monde entier des alliés objectifs de l’Iran : c’est l’économie, la volonté d’avoir sa part du gâteau. Cela me fait penser à une phrase très cynique de Lénine, un expert en la matière : vous verrez, les capitalistes finiront par nous vendre même la corde pour les pendre.

    Certes, Hassan Rouhani sait manier la rhétorique en disant que l’Iran n’est pas coincé dans un système binaire entre la soumission et l’affrontement. Il existe, ajoute-t-il, un troisième terme, celui de la paix et de la coopération.

    Mais si tel vraiment le cas, pourquoi continuer à entretenir un rhétorique belliqueuse qui nuit si gravement au développement de son propre pays ?

  • L'accord de Lausanne sur le nucléaire iranien

    L’accord de Lausanne sur le nucléaire iranien.

    Est ce un hasard, une pure coïncidence ? Le fait que les négociateurs internationaux avec l’Iran aient hier soir finalisé un projet d’accord, la veille de la fête de Pessah, qui commémore la sortie d’Egypte et l’installation du peuple d’Israël en Terre promise après une harassante traversée du désert de près de quarante ans, ne laisse pas de paraître quelque peu troublant.

    Je m’interroge sur l’état d’esprit des dirigeants israéliens qui vont célébrer ce soir, comme tous les Juifs du monde entier, la sortie d’Egypte et qui vont réciter les textes de la Haggada, littéralement la narration, le récit. Ils éprouveront une certaine amertume en constatant le cadeau que M. Obama leur a fait, un cadeau que certains trouveront très amer.

    J’ai déjà expliqué dans un autre espace les fondements (si légers) du raisonnement de l’actuel locataire de la Maison Blanche, alors que même M. Fabius, ministre français des affaires étrangères (dont le ministère ne s’est jamais signalé par son attitude pro-israélienne prononcée) a des doutes sur les intentions de l’Iran des Mollahs. Ce président US part du principe que la jeunesse iranienne est essentiellement pro-occidentale, pro-américaine et veut s’ouvrir au monde. On part du principe qu’après tant d’années de privations et d’isolement, le peuple iranien sera séduit par l’ouverture sur le vaste monde et finira, à la longue, par renverser le régime militaire des Pasdarans… Cela prendra du temps, se dit M. Obama, mais cela arrivera. Et quand les Mollahs seront marginalisés, l’Iran ne parlera plus d’éradiquer l’Etat d’Israël… Une sorte de paradis sur terre, au bout de quelques décennies !

    Mais c’est justement ce que les USA appellent par dérision le wishful thinking, en français prendre ses désirs pour la réalité. Comment s’imaginer que les Mollahs iraniens qui ont oublié d’être des idiots se laisseront déposséder de leur pouvoir sans réagir ? Il faut vraiment être un président démocrate pour croire de telles choses ! Un vrai conte de fée.

    Certes, M. Obama qui veut finir son mandat sans trop de difficultés, a appelé le Premier Ministre israélien pour le rassurer, mais ce dernier ne s’est pas laissé anesthésier par les propos lénifiants de son interlocuteur.

    La sortie d’Egypte  est présentée comme un grand miracle. Et il faut attendre le mois de juin pour fixer tous les détails de cet accord.

    Un autre miracle eut lieu 49 jours après la sortie d’Egypte, la remise des tables de la Loi. Qui sait ? Peut-être que se réalisera alors la supplique que le Psalmiste adressa à Dieu : Dessille mes yeux afin que je puisse contempler tes prodiges ?

    Dans moins de deux ans, plus personne ne parlera d’Obama alors que l’Etat d’Israël sera toujours là.