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Vu de la place Victor-Hugo - Page 763

  • Le sauvetage de la zone Euro, enfin !

     

    Le sauvetage de la zone Euro, enfin !

     

    On peut tout reprocher à M. Mario Draghi, notamment son passage remarqué à la banque Goldmann-Sachs et je ne sais quoi d’autre, mais la mesure qu’il vient d’annoncer sans la moindre ambiguïté est capitale : la BCE rachètera toutes les dettes souveraines sans limitation aucune.  On peut dire que l’Euro sera sauvé désormais, à condition toutefois que les pays mettent ce répit bienvenu à profit pour assainir leurs économies et cesser de vivre indéfiniment à crédit.

     

    Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Probablement parce que la Bundesbank faisait les gros yeux et elle avait raison. D’un autre côté, si une telle mesure n’était pas prise, l’Euro partait en fumée, sous les coups de boutoir des spéculateurs. Désormais, les spéculateurs savent qu’ils n’ont plus rien à gagner et que l’Euro est irréversible.

     

    M. Draghi a pris tout son temps afin de montrer aux autorités politiques des pays concernés, ces mêmes politiques habitués à tenir des discours largement démagogiques, qu’il ne fallait plus finasser et que le désastre était à nos portes si nous ne faisons rien.

     

    En fait qu’a fait la BCE ? Elle a montré qu’elle tenait à sa monnaie par dessus tout et qu’elle était prête à tout pour elle. En somme, quand on a des convictions, on se mobilise pour les défendre.

     

    La mise en pratique concrète de ce processus est un peu complexe puisqu’elle est subordonnée à la demande expresse des gouvernements concernés, qu’il y a un certain niveau d’ancienneté de la dette, etc… Mais en fait, c’est un peu une gesticulation, comme une armée qui exhibe ses armes super puissantes pour ne pas avoir à s’en servir. Et c’est la bonne méthode.

     

    Est ce que cela suffira ? Non, mais si les Etats adoptent enfin une attitude vertueuse et s’appliquent à dire la vérité aux citoyens,  les choses iront nettement mieux. Le problème est et reste toujours le même : pour accéder au pouvoir ou le conserver, on dit n’importe quoi aux gens. Et une fois confrontés aux réalités, qui elles, ne cèdent pas devant les incantations, on est dans l’embarras…

     

    Enfin, la puissance de feu de la BCE devra, espérons le, tenir en respect les spéculateurs et les marchés.

  • Les Etats du Proche Orient sont-ils normaux ?

    Les Etats du Proche Orient sont-ils normaux ?

     

    Que l’on se rassure, ce n’est pas moi qui ai originellement posé la question. J’ai lu l’interview dans le journal Le Monde de l’ancien chef de la sécurité générale au Liban, un officier supérieur dont le nom m’échappe présentement mais que vous pourrez retrouver en vous reportant à l’interview parue au milieu de la semaine dernière. Certes, ce général est un fidèle soutien de Bachar el Assad et il a tenu des propos qui ne laissent pas d’étonner, allant jusqu’à assurer que le régime ne sombrera pas, qu’il résiste même plutôt bien puisque 18 mois d’émeutes et de luttes acharnées n’ont pas réussi à l’abattre… Et d’autres phrases du même tonneau qui laissent entrevoir qua dans l’ancien système sécuritaire libanais, les partisans de la Syrie sont encore nombreux.

     

    Mais je souhaite revenir ce matin sur une phrase de ce général qui a retenu mon attention. A la question de savoir si la Syrie est un Etat normal (verbatim) le général a fait cette réponse étonnante mais qui est très instructive : connaissez vous un seul Etat normal dans ce Proche Orient ?  C’est le seul point de son interview sur lequel je le rejoins. Dans cette région du monde, pas un Etat n’est normal au sens où nous l’entendons, nous Occidentaux.

     

    Pas même Israël qui demeure, malgré tout, le seul ilot de démocratie, de progrès et de puissance, bref un authentique Etat de droit (medinat hoq). Mais même ici, et je l’admets totalement, la religion n’est pas séparée de l’Etat puisqu’il s’agit d’un Etat juif.

     

    Cette remarque d’un ancien responsable sécuritaire de la région est instructive à biens des égards : la logique cartésienne, telle que nous l’entendons et qui se fonde sur les principes aristotéliciens de l’identité et de la contradiction (1 est 1 et n’est pas 2, 2 est 2 et n’est pas 1) ces vérités d’évidence ne sont pas (comme dirait Descartes en parlant du bon sens) la chose du monde la mieux partagée.

     

    Ce constat nous ramène vers le conflit du Proche Orient dont les chancelleries occidentales commencent à admettre le caractère absolument insoluble. Dès que l’on arrive en vue d’un règlement qui pourrait convenir à toutes les parties, survient alors un événement, le plus souvent un attentat ou une action inattendue qui remet tout en question. Et c’est le retour à la case départ.

     

    En fait, même si nous autres cartésiens refusons de l’admettre car cela remet en question les fondements de notre appareil logique et même épistémologique, ce conflit a des racines religieuses sur lesquelles l’entendement sain (pour parler comme Rosenzweig) n’a aucune prise. LA diplomatie internationale, ce n’est la pas la Loi et les prophètes. C’est le pragmatisme, c’est l’action intelligente et subtile de se détacher doucement mais clairement des mythes fondateurs. En une phrase, c’est tourner le dos au fondamentalisme, le plus souvent religieux.

     

    Considérez la situation socio-économique de la plupart des Etats de cette région : tous auraient besoin, et de manière pressante, d’un assainissement économique et d’une ouverture politique menant à une démocratie. Et que font-ils ? Ils se livrent à une course folle à l’armement au lieu de bâtir une société libre fondée sur le droit.

     

    C’est triste mais c’est ainsi. Le principe de réalité  conduit inéluctablement à faire un tel constat. A moins que la Grâce…

  • Les élections américaines

    Les élections américaines

     

    Ce que je vois des élections présidentielles aux USA m’a fait penser à une réflexion, peu amène, d’un homme politique français, disparu depuis des années, un fidèle lieutenant de Valéry Giscard d’Estaing, Michel Poniatowski dont le fils siège depuis quelques temps au Sénat. Cet ancien ministre de l’intérieur avait dit que les grands hommes d’Etat se trouvaient de ce côté ci, de notre côté de l’Atlantique…

     

    Avait-il raison ou a-t-il encore raison ? Je crois qu’il disait cela à propos de Jimmy Carter. Mais ne pouvons nous pas reprendre ce jugement pour Barack Obama, même si M. Romney ne vaut guère mieux . Pourtant, de cette élection dépendent tant de choses en notre bas monde puisque l’Amérique est la plus grande puissance, la seule qui compte vraiment, depuis la disparition de l’URSS.

     

    Qui de Romney et d’Obama va l’emporter ? Le président actuel est réputé pour son indécision, ses atermoiements, voire son irrésolution chronique. Il veut un second mandat pour parachever ce qu’il lui reste à faire. Mais justement, qu’a-t-il fait ?

     

    Les Américains reprochent à leur président actuel de s’être arcbouté sur la couverture maladie universelle (ce qui est à mes yeux une nécessité morale, une ardente obligation) au lieu de lutter de toutes ses forces contre le chômage. Les Américains veulent du travail et une relance de l’économie. Le reste doit venir après car là-bas les salariés sont tous leur caisse d’assurance maladie chez leurs employeurs. En France, la mentalité est autre… Ce qui signifie que si vous avez un emploi stable, vous êtes bénéficiaire de l’assurance maladie… Obama a donc commis une erreur.

     

    Est ce que M/ Romney est meilleur ? Est ce que sa promesse électorale de créer 12 millions d’emplois est crédible ? Je le souhaite. Mais voici un homme dont certains aspects de son activité restent un peu flous. Cela dit, même son inexpérience en politique étrangère ne saurait être un argument puisque Obama n’en avait aucune lorsqu’il fut élu.

     

    Il se pourrait fort que les USA optent pour le changement et la mobilité. Espérons qu’il feront le bon car comme le dit le vieux prophète hébreu du Vie siècle avant Jésus, de leur paix et de leur prospérité dépendent notre paix et notre prospérité.